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TOUS LES EDITOS DE MICHEL DEMELIN

SAISON 2009/2010

Le 11/01/2010

Analyse de la 18ème journée du Top 14

C'est cuit pour Albi... Avec une nouvelle défaite à domicile face à Brive, les Tarnais disent quasiment adieu au top 14 cinq mois avant la fin de la phase régulière. C'était prévisible, me direz-vous. Oui, hélas, c'était écrit : il n'y a pas de place pour les petits dans notre épreuve reine et il y a fort à parier que les prochains qui suivront seront (dans le désordre), Bourgoin et Montauban, puis viendra le tour de Bayonne, Castres, Biarritz, lorsque leurs grands parrains cesseront d'alimenter la caisse. Le rugby professionnel ne sera plus viable dans des agglomérations inférieures à 200.000 habitants. Vont arriver, soyons-en certains, Bordeaux, Lyon, Marseille, Nice (peut-être). Tous les ans, un représentant de la Pro D2 fera l'aller-et-retour manière de tutoyer les étoiles. Bientôt, vous verrez, il n'y aura plus qu'une seule descente et par voie de conséquence, une seule montée. C'est le scénario du pire...
Il y a une autre solution : au lieu de disputer un top 14, soit 26 matches, faisons un top 20, soit 18 matches. Je sais, vous allez me dire que je ne suis pas doué pour les maths et qu'un top 20 cela fait 38 rencontres... Réfléchissez : deux poules de dix : une division A avec  Bayonne, Biarritz, Bordeaux, Agen, Toulouse, Montauban, Castres, Albi, Perpignan et Narbonne (ou d'autres comme Tarbes, Pau ou La Rochelle). Et une division B comprenant Le Stade français, le Racing, Bourgoin, Montferrand, Lyon, Marseille, Montpellier, Toulon, Nice, Brive (ou d'autres comme Grenoble, Oyonnax ou  pourquoi pas, une troisième équipe parisienne ou un club bourguignon, cette formidable terre de rugby). Si vous préférez une autre répartition, on mélange tout et on divise par deux, peu importe.
Les deux premiers de chaque divisions jouent les demies finales. Les derniers descendent, les deux premiers de Pro D2 montent. Et puis voilà. Bref, on réinvente les poules, on libère quelques journées pour le XV de France, la coupe d'Europe ne change pas. Et en voiture grand mère ! Il y aurait toujours de sympathiques derbys, les affiches seraient au moins aussi alléchantes qu'aujourd'hui. Mieux, les diffuseurs télé y trouveraient leur compte et on réglerait   magnifiquement l'insoluble problème du calendrier. Idiot ? Allez donc le dire aux responsables du foot US qui fonctionne de la sorte depuis des lustres.

Sur ce, il y a eu une réfrigérante journée de championnat, la 16e, essentiellement marquée par la victoire méritée de l'ASM à Toulouse face à un Stade virevoltant mais peu réaliste et qui, surtout, a mal négocié son "coaching" comme on dit en patois de là-bas. Les hommes du week-end ? Morgan Parra,  parce qu'il a réussi la transformation en coin de l'essai "jaunard", offrant ainsi la victoire à son équipe, et Robins Tchale-Watchou, le deuxième ligne de l'USAP sorti du Pôle emploi par Jacques Brunel, énorme vendredi soir face aux mamouths du Racing.

Voici les résultats :
- Bourgoin-Bayonne : reporté because la neige (ce qui en janvier est, reconnaissons-le, normal)
- Stade Français - Biarritz :       25 - 15        
- Montpellier - Castres :           15 - 00        
- Toulon        - Montauban :      18 - 07        
- Albi - Brive :                            15 - 17        
- Perpignan - Racing :               31 - 12
- Toulouse-Montferrand :         15 - 16

Classement

1 - Montferrand :       56 pts
2 - Castres :              56 pts
3 - Toulouse :           50 pts
4 - Perpignan :         50 pts (un match en moins)
5 - Racing :               48 pts
6 - Toulon :               46 pts
7 - Stade français :   45 pts
8 - Biarritz :              42 pts
9 - Brives :               42 pts
10 - Montpellier :      37 pts
11 - Montauban :      32 pts
12 - Bourgoin :         31 pts (un match en moins)
13 - Bayonne :         25 pts (deux matches en moins
14 - Albi :                 20 pts

 

 

Le 31/12/2009

Analyse de la 16ème journée du Top 14

Apparemment le public aime ça ! Si on se fie aux affluences enregistrées lors de la 16e journée, le Top 14 fait recette entre Noël et le Jour de l'An. Les seuls qui râlent - et comment ne pas les comprendre - ce sont les principaux intéressés, à savoir les joueurs et l'encadrement. Je sais, je sais, on ne peut pas faire autrement.  
Mais il n'y a finalement que le rugby à ne pas pouvoir faire autrement. Tous les autres sports réussissent à caler "tranquillou" leurs calendriers ! Pourquoi pas le rugby? Parce que notre sport régional pratiqué dans quelques localités d'Europe ou de l'hémisphère sud est devenu invivable depuis qu'il a choisi la voie d'un professionnalisme pur et dur incompatible avec des traditions revendiquées haut et fort.
Bref à vouloir faire rouler à fond un TGV sur la pittoresque ligne Béziers-Clermont, on risque le déraillement.
La Rugby League (le XIII) a résolu le problème en choisissant le système des franchises. Les clubs existent toujours, bien sûr, mais ce sont les conditions économiques qui prévalent : ou bien il y a de l'argent, ou bien il n'y en a pas. Point final. 14 équipes évoluent en première division, il n'y a ni montée ni descente. Et le spectacle est souvent sensationnel.
"Impossible en France !", me direz-vous. Vous avez raison! Impossible en France, impossible en Angleterre. Mais possible en Irlande, au Pays-de-Galles et en Ecosse (ne parlons pas du sud). Comme par hasard ce sont ces trois provinces qui font la loi administrative, juridique et souvent sportive, dans le rugby européen.
Il y a un millénaire, Jacques Fouroux -on se rend compte à quel point ce bonhomme nous manque aujourd'hui - plaidait pour cette évolution.  
Jeté du XV, il est parti vendre l'idée au XIII où on l'a vite éconduit quand on s'est rendu compte que ses méthodes marchaient.
Je dis ça comme ça, en passant, parce que c'est la fin de l'année, qu'il fait un temps pourri et que nos joueurs d'élite sont contraints de jouer dans les pires conditions climatiques. Cela ne m'empêche nullement de vous souhaiter une bonne année 2010.

Résultats 16e Journée

Toulouse - Perpignan : 22-11
Castres - Montauban : 30-7
Montferrand - Brive :  52-10
Bayonne - Racing  : 19-23
Toulon - Albi : 41-13
Biarritz - Bourgoin : 23-6
Montpellier - Stade français: 25-23

Classement
1-        Castres :                  51
2-        Montferrand :          47
3-        Racing :                   47
4-        Toulouse :               45
5-         Perpignan :             45
6-        Toulon :                   42
7-        Stade Français :       39
8-        Biarritz :                   37
9-        Brive :                      33
10-     Montpellier :              33
11-     Montauban :             30
12-     Bourgoin :                 27
13-     Bayonne :                 24
14-     Albi :                         19

 

Le 07/12/2009

Analyse de la 15ème journée du Top 14

Je ne sais pas vous, mais moi, je commence à me lasser sérieusement de ce Top 14. Est-ce là faute à l'implacable démonstration des All Black qui ont démontré à quel point notre rugby hexagonal était loin de l'excellence ? Probablement, car à voir à quel point le jeu de notre élite est stéréotypé (mais qui est ce courageux anonyme inventeur de la chandelle « made in France» ?), je me demande si nous ne filons pas directement vers l'enfer. C'est clair, une seule équipe tente, encore faut-il qu'elle en ait envie, de mettre un peu de folie : Perpignan. Même Toulouse y a renoncé.


Du coup, on se rase -pour ne pas dire autre chose- autour de nos bons vieux terrains. On se rase, on s'ennuie, on se lasse. Le technico-tactique, cette sorte de politiquement correct ovalisé, l'emporte partout. Ce championnat n'enfièvre plus que des supporters et je me demande ce qu'en pensent les passionnés qui n'ont pas la chance de soutenir un club de première division. En tout cas tous ceux qui paient un abonnement pour voir du rugby à la télé.


La faute à qui ? À la compétition, pardi. Je ne pense pas que ce sport soit fait pour copier un mode de compétition comme celui du football ou des autres sports collectifs. Ne l'oublions pas, il s'agit d'un sport de combat auquel la plupart des spectateurs ont joué, à l'exception de ceux qui vont assister au show "stadefrancesque" du grand Max. Un sport qu'on a dénaturé sous prétexte que ne pourraient jouer au plus haut niveau que des grands baraqués à la musculature hyper développée dans des salles de torture. Question bête ? Et si le jeu parfois alléchant de Perpignan tenait simplement au fait que dans ce club les trois-quarts ressemblent à l'idée qu'on se fait d'un trois-quart ? Sid, Mermoz, Marty et Candelon sont tout, sauf des armoires à glace qui vont péter dans le mec d'en face. « Pénétration ! » réclament tant d'entraîneurs, « il faut occuper le terrain, il faut tenir le ballon ». C'est drôle, mais on n'en entend aucun dire : « il faut jouer ! »


Pour le reste, tout va bien ! Après l'USAP, Albi s'est payé le B.O. C'est rigolo. Brive a mangé Toulouse, Le Stade français a renvoyé l'Aviron a ses études, Perpignan a digéré Montpellier, Huitième succès de rang pour le Racing qui, en croquant Toulon, a d'ores et déjà assuré son maintien (ça va pouvoir recruter ferme) et Bourgoin a remis Castres à sa place. On le voit, rien de bien nouveau sous le ciel (triste) de décembre.

 

Les résultats de la 15e journée

Brive-Toulouse
Albi- Biarritz
Perpignan-Montpellier
Stade Français-Bayonne
Bourgoin-Castres
Montauban-Montferrand
Racing-Toulon
27 - 21
20 - 09
29 - 03
34 - 10
16 - 09
20 - 15
28 - 15
CLASSEMENT
EQUIPES
PTS

1. Castres
2. Perpignan
3. Racing
4. Clermont
5. Toulouse
6. Stade français
7. Toulon
8. Biarritz
9. Brives
10. Montauban
11. Montpellier
12. Bourgoin
13. Bayonne
14. Albi

47
45
43
42
41
38
38
34
33
30
29
27
23
19


 

Le 29/11/2009

Analyse de la 14ème journée du Top 14

Quelle rouste ! Quelle leçon ! Les "tout noir" ont bel et bien offert un cours magistral sur ce que doit être le rugby moderne, replaçant le XV de France composé de la fine fleur du Top 14, à sa véritable place, c'est-à-dire celle d'un bon sandwich jambon-beurre comparé à un foie gras exceptionnel. C'est clair, le rugby français n'est pas au niveau
car, entre nous, la composition de notre équipe nationale n'est même pas critiquable. Les meilleurs du moment étaient à Marseille.

On ne va pas pleurer, hurler sur une formule de championnat qui vaut ce qu'elle vaut mais qui n'est pas plus mauvaise qu'une autre. On peut toujours regretter que certains clubs, impatients, négligent leur jeunesse, lui préférant de vieux chevaux de retour à l'accent british, fussent-ils de grands joueurs. Le mal vient de plus loin et,  
finalement, caractérise tout le sport français.

Un ancien « baby black» qui a longtemps joué en France m'expliquait qu'il n'avait jamais revêtu le maillot d'un club avant l'âge de 20 ans. Jusque-là, il avait défendu les couleurs de son école, de son collège, de son université. Le matin sur un banc d'écolier, l'après-midi sur un stade à manger mauls et ruckes, touches et plaquages. D'où des bases techniques exceptionnelles qui, mises au service d'un talent hors-norme comme celui de Dan Carter, constituent une arme absolue.
Le petit Français, lui, apprend en club une après-midi par semaine. N'allez pas chercher plus loin la pénurie de notre rugby en joueurs très techniques sachant appréhender toutes les situations, car ils les auraient toutes vécues et répétées.

Reste alors à jouer à la Française. Et c'est quoi la Française ? André Boniface, Gachassin, Jo Maso, Codor, Mermoz ? Non, c'est avant tout le pack du grand chelem 77, c'est Garuet, c'est Condom, c'est le rugby de Jacques Fouroux, le précurseur, le seul homme véritablement d'envergure qu'ait jamais connu le rugby français, on s'en rend compte aujourd'hui, qui, je m'en souviens, car il m'en avait parlé, rêvait être ministre uniquement pour changer les rythmes scolaires. En France les sports dépendent d'ailleurs de la Santé et non pas de l'Éducation nationale, voilà l'original péché originel. Le rugby français efficace c'est celui des « bourrins » comme ceux de la grande AS Béziers, durs au mal et faisant mal, lourds, difficiles à remuer. Derrière, un type pour enquiller et roulez jeunesse ! Et le « french flair», me direz-vous ? Il ne nous a jamais fait gagner une coupe du monde. Il faut savoir se contenter de ce qu'on a. Expliquez moi comment les Anglais sont devenus champions du monde ? Certainement pas en chargeant avec kazoar et gants blancs...

A part cela, il y a eu une journée de Top 14 à l'intérêt tout relatif. On notera simplement la polémique née entre Bayonne et l'USAP suite à la remise du match pour cause de grippe machin truc chez les Catalans.  
Le président basque qui se voyait beau comme un fronton en raison des nombreux forfaits annoncés à Perpignan ne décolère pas et accuse les champions de France de mauvaise foi. Agacé, Paul Goze, le président catalan, propose, lui, de venir jouer à Bayonne avec l'équipe prévue à l'origine (et dans laquelle il manquait 18 joueurs). "Et je me chargerai moi-même du discours de motivation d'avant match", avertit-il... Pendant ce temps les Black...


14e journée

Montferrand-Bourgoin : 32-3
Stade Toulousain - Montauban : 17-12
Montpellier - Brive : 3-25
Castres- Biarritz Olympique: 34-6
Racing - Albi : 9-6
Stade Français- Toulon : 18-22
Bayonne - USAP : remis

CLASSEMENT
EQUIPES
PTS

1. Castres
2. Clermont
3. Perpignan
4. Toulouse
5. Toulon
6. Racing
7. Stade français
8. Biarritz
9. Brives
10. Montpellier
11. Montauban
11. Bayonne
13. Bourgoin
14. Albi

46
41
41
40
38
35
33
32
29
29
26
23
23
15

 

Le 23/11/2009

Analyse de la 13ème journée du Top 14

 

Voilà le Top 14 passablement gêné aux entournures, coincé entre plusieurs rencontres du XV de France, faussé même par l'absence des internationaux dans les plus grands clubs. Je sais, on ne ne peut pas faire autrement, ce calendrier démentiel ayant pour origine des engagements financiers liés à des tournées (automnales ou estivales) sur lesquelles on déjà a tout dit. Il n'empêche, Toulouse qui prend 30 points à Castres, Perpignan qui chute à Albi, l'A.S.M. terrassée sur son terrain (par le B.O., il est vrai, qui n'est pas n'importe qui), tout cela n'est pas normal. Sans compter les blessés ou les risques de blessures. Sans compter, encore, l'immense escroquerie intellectuelle qui consiste à faire croire au public castrais, par exemple, que le Toulouse qui se présente est un vrai Toulouse. Comprenez bien : loin de moi l'idée de minimiser la perf du C.O. (surtout) ou d'Albi car les deux clubs tarnais n'ont pas volé leurs victoires. Là n‘est pas mon propos. Mais à force de dévaloriser sa compétition majeure, le rugby français risque de ne pas saisir la chance historique qui s'offre à lui face à un football, déjà bien gangréné par le fric et la violence et désormais complétement déconsidéré depuis «l'affaire» Henry, l'attitude du sélectionneur et les innombrables incidents qui ont émaillé, en France, la qualification de l'Algérie pour la Coupe du Monde. Le public français est tellement excédé par cette série d'événements footballistiques que l'Equipe -et ce n'est pas un hasard, à mon avis - a préféré, dimanche, faire sa «une» avec la victoire du Castres Olympique sur Toulouse alors que s'était déroulée la veille une journée de Ligue de football marquée, notamment, par la défaite du leader, Bordeaux, sur son terrain. Le public français, encore, est excédé par la Marseillaise sifflée dès que se produit au Stade de France une équipe d'une ancienne colonie. Le public français, enfin, est abasourdi par les violences qui émaillent, désormais, chaque rencontre entre Marseille et Paris, par ces immenses déploiements de forces de police, par ces insultes à répétition entre supporters, par les sommes astronomiques et indécentes qui jalonnent le foot business, par l'arrogance des joueurs de l'équipe nationale, par l'attitude de certains medias irresponsables et populistes et celle de quelques journalistes acculturés formés au moule de l'information spectacle.
Je ne veux pas dire «le rugby, c'est mieux !» Chacun ses goûts et moi, depuis toujours, je préfère l'ovale. Je dis simplement que les Français ont aujourd'hui plus de chance de se retrouver dans notre sport que dans le ballon rond. Voilà pourquoi je dis «attention danger !» quand on met en péril une compétition comme le Top 14.  
Prenons garde ! Comme disait mon pote Alexandre Vialatte, qui   probablement aimait l'A.S.M., «Rien n'arrête le progrès. Il s'arrête tout seul.»
Cela dit, vive le C.O. qui respire la joie de vivre. Au Brazil et à La Cocina, on a dû fêter ces belles retrouvailles avec les grandes années 90 ! Vive le S.C. Albi qui tombera, c'est sûr, mais les armes à la main, vive les Basques bondissants du B.O. qui ont chapardé la victoire au pied du Puy Anquetil-Poulidor, vive tous les autres, mais gare à ceux qui jugent que l'arbitre est le responsable de leurs malheurs. N'est-ce pas Jacques Brunel ou Marc Raynaud ? À bon entendeur salut.


Les résultats

Montferrand - Biarritz :   13-16
Albi-Perpignan :               24-23
Bayonne-Montauban :    38-13
Bourgoin-Montpellier :   20-23
Toulon-Brive :               19-10
Castres-Toulouse :       30-10

CLASSEMENT (fin des matches aller)
EQUIPES
PTS

1. Perpignan
2. Castres
3. Clermont
4. Toulouse
5. Toulon
6. Biarritz
7. Stade français
8. Racing
9. Montpellier
10. Montauban
11. Brives
11. Bayonne
13. Bourgoin
14. Albi

41
41
36
36
34
32
32
31
29
25
24
23
23
14

 

 

Le 06/11/2009

Analyse de la 12ème journée du Top 14

Voilà une trêve qui tombe à pic ! Au terme d'une première partie de saison marathon, les joueurs peuvent enfin souffler, du moins ceux qui ne sont pas mobilisés pour la défense de la patrie tricolore.
L'occasion de faire un point et de mettre les pieds dans le plat.

D'abord quelques cartons rouges
A Brive d'abord qui s'est pris les pieds dans le tapis d'un sponsor déficient et a viré son emblème, le petit père Sébastien, et son copain, Laurent Seigne, celui qui a échoué partout où il est passé.
A Brive encore, qui n'aligne que des étrangers. Comme Toulon, d'ailleurs...
A Bayonne, ensuite, qui se voyait déjà en haut de l'affiche et qui se retrouve à faire les premières parties de Stone et Charden au Casino de Lacaune.
Au gouvernement et au Parlement qui changent la règle en milieu de match et qui mettent tout le sport professionnel français dans la panade en livrant à la taxation sociale le Droits à l'Image Collective, le DIC. Quand l'ignorance rejoint la connerie... Il y a quelques députés dont on se demande ce qu'ils font assis en rond et, surtout, à quoi ils servent.
A cette partie du public d'Aimé-Giral qui croit très malin de siffler l'adversaire à son entrée sur le terrain. « La tradition », disent-ils. Mensonge ! C'est surtout nul, con et pas très rugby. Dommage, car l'USAP et le pays catalan méritent nettement mieux que ce comportement de gougnafiers.
Voici ensuite mes cartons jaunes
A l'ASM, incapable de gagner les matches importants. C'est dans la tête ? Ou à la tête, plutôt ? Quand Vern Cotter, personnage attachant, comprendra-t-il qu'Aurélien Rougerie n'est pas un centre?
A Guy Novès : je pleure, tu pleures, il ou elle pleure, nous pleurons, vous pleurez, ils ou elles pleurent. « Aux larmes citoyens ! » dirait l'autre.
Au public d'un peu partout qui trouve particulièrement drôle de siffler Mathieu Bastareaud chaque fois qu'il pose un crampon sur un terrain.
A tous ces entraîneurs qui, chaque week-end, disent : « On aurait pu gagner, hélas l'arbitre ! ». Je ne supporte pas.

Enfin mes cartons verts
A l'USAP, qui confirme son titre et qui est la seule équipe à vraiment envoyer du jeu (par moment).
Au Castres Olympique revenu du Diable Vauvert.`
A Philippe Saint-André qui pose de solides fondations à Toulon. Tout comme Pierre Berbizier au Racing.
A Imanol Arinoroquy, toujours régulier au plus haut niveau. À Maxime Mermoz, toujours régulier au plus haut niveau. A Mathieu Bastareaud, toujours régulier au plus haut niveau.
Au CSBJ encore dans le trou, toujours dans le trou, et surtout à ses joueurs...
Et puis, comme dit un jour Frédéric Dard (un Berjallien) dans Libé : «J'aime profondément qui j'aime sans pour autant détester qui je n'aime pas. »



Les résultats de la 12e journée


USAP-RC Toulon : 25- 9
Castres -Montferrand : 9 - 9        
Toulouse-Bourgoin : 41 - 3        
Montpellier-Montauban : 19 - 0        
Brive-Bayonne : 19 - 14        
Stade Français-Albi : 23 - 18        
(Biarritz-Racing : remis)

 

CLASSEMENT DE LA 12EME JOURNEE
EQUIPES
PTS

1. USAP
2. Stade Toulousain
3. Castres
4. Montferrand
5. Stade Français
6. RC Toulon
7. Biarritz
8. Racing
9. Montpellier
10. Montauban
11. Brives
11. Bourgoin-Jallieu
13. Bayonne
14. Albi

40
36
36
35
31
30
28
27
27
25
24
22
18
10


Le 01/11/2009

Analyse de la 11ème journée du Top 14

Quand il est comme ça, le rugby est chouette. J'ai bien aimé le choc Montferrand-Paris. Tout ne fut pas parfait, c'est vrai, il y eut des fautes, des ratés, mais franchement ce fut un match sympa. Il ne manque pas grand-chose aux Auvergnats, il n'en manque pas plus aux Parisiens. Que les amis « jaunards » me pardonnent, mais j'ai vraiment apprécié le Stade de ce week-end. Les maillots sont toujours aussi moches, mais l'équipe est belle. Privé d'un nombre incalculable de titulaires, le Stade n'est pas passé loin de la victoire. Il ne l'aurait pas volée, d'ailleurs. Mais une défaite aurait été une terrible injustice pour l'ASM. On a vu du jeu, point final...  
Bastareaud troisième ligne centre en fin de rencontre, c'était une curiosité et la « pink family », humiliée huit jours plus tôt par Perpignan a retrouvé son « pep », formidablement soudée. Quel orgueil ! Score final : 19-19. C'est clair, les rencontres entre les cinq ou six premiers du top 14 ont toutes été, cette année du moins, d'un niveau hyper intéressant.

Il faut bien une exception ! Et j'y viens. Perpignan a battu Castres (17-15) en déjouant totalement toute la première mi-temps, en renversant tout sur son passage en seconde. Mais en l'occurrence, ce n'est pas l'U.S.A.P. qui m'intéresse, mais plutôt le C.O. Pour tout vous dire, je suis attaché à ce club et ses valeurs. Mais quand même : aucun essai contre Perpignan, aucun essai contre Bayonne où le match, la semaine dernière, fut une purge. Pas même une occase digne de ce nom ! Pourquoi ? Parce que l'équipe, sûre de sa force croit-elle, se contente de provoquer la faute adverse. Castres ne joue pas, et c'est dommage, attendant sur ses positions que vienne se fracasser la cavalerie. Quand on présente une ligne de trois quarts composée de Audrin, McIntyre, Cabannes et Andreu, quand on possède une infernale troisième ligne (Malonga, Tekori, Masoe) et la meilleure première ligne de France, on joue le titre et pas un maintien à la petite semaine avec des déclarations à la Guy Roux. Contre l'U.S.A.P., les Tarnais, qui n'avaient pas beaucoup à perdre, n'ont rien tenté alors qu'ils avaient tout en main pour tuer le match. C'est rageant... Je sais que je fais de la peine à mes copains castrais, mais c'est ce que je pense. Quant aux Catalans, on gardera le souvenir d'une formidable deuxième mi-temps qui, une semaine après leur victoire au SDF, en dit long sur leur potentiel. Pour peu qu'il en aient envie...

Y'a du pastis dans la piperade ! L'Aviron, en plein psychodrame, est encore resté en rade à « Jean-Dauger » (8-14) face à des Toulonnais venus au Pays Basque voir s'il n'y avait pas un coup à jouer. Richard Dourthe éjecté, les Basques ne sont pas plus avancés. Braves gens, ils ont offert de magnifiques cadeaux à des visiteurs qui n'en espéraient pas tant. Bref, c'est vraiment le « boxon » à l'Aviron...

Quand on parle de l'Aviron, le B.O. n'est jamais loin. Venus plein d'espoir à Montauban, Imanol et ses copains sont tombés dans l'embuscade de Sapiac ou d'autres ont déjà été pris, c'est vrai, et qui n'a pas fini d'être pour les «grands» ce que Ronceveau fut pour Roland. La victoire de l'U.S.M. (14-5) est incontestable et lui donne une belle bouffée d'oxygène. Les Basques ont rendu 23 ballons à leurs adversaires et ont commis 11 en-avants. Impossible de gagner dans ces conditions.

Autre club à « bordel », Brive, sans ses internationaux anglais, a enfin réagi à Bourgoin (14-14). Preuve qu'un peu de franchouillardise (et d'amour du maillot) ne peut pas faire de mal. Le début du début ?

Albi ? C'est directe Pro D2, vitesse TGV. Les Albigeois, j'en suis désolé pour eux, n'ont pas le niveau de l'élite même s'ils sont capables de quelques exploits. Montpellier (qui va mieux) les a envoyés un peu plus vers l'enfer (15-18).

«Youpi !» crie-t-on du côté du Racing. Les Colombophiles ont renversé (27-20) une montagne toulousaine qui n'avait rien d'une montée sur l'Alpe d'Huez. Ça y est ! La mayonnaise à Berbize commence à prendre.
Et moi je dis, vivement le derby contre le Stade français ! Chaleur !

Enfin je me suis amusé faire un classement avec et sans points bonus. Cela ne change pas grand-chose comme vous pourrez le constater, sinon dans le ventre mou.

CLASSEMENT DE LA 11EME JOURNEE AVEC ET SANS LES BONUS
EQUIPES
PTS
Bonus
Sans bonus

1. Perpignan
2. Castres
3. Clermont
4. Toulouse
5. Toulon
6. Biarritz
7. Paris
8. Racing
9. Montauban
10. Bourgoin
11. Montpellier
11. Brive
13. Bayonne
14. Albi

35
34
33
31
30
28
27
27
25
22
21
20
17
9

3
4
5
5
4
4
5
3
3
0
1
4
5
4
32
31
28
26
26
24
22
24
18
22
20
16
12
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Le 25/10/2009

Analyse de la 10ème journée du Top 14

La pause européenne dans le marathon « topquatorzien » nous a permis  de souffler un instant. Reste qu'il s'est passé quelque chose d'essentiel pendant cette trêve qui n'en était pas une : la débandade briviste. Ne croyez pas un instant que j'ai pris en grippe ce club respectable. Voilà en effet plusieurs mois que je pense et écris que le C.A.B. court à sa perte. Quand on présente régulièrement treize étrangers sur quinze titulaires, il ne faut pas s'étonner si ça pédale dans la fricassée de cèpe. Patrick Sébastien a peut-être tous les défauts de la terre, mais il a au moins une qualité : il aime sincèrement son club et défend une certaine idée du rugby. Très franchement, ça me fendait le cœur de le voir embarqué dans une histoire qui ne lui ressemblait pas, ou si peu. On l'a viré comme un malpropre ! Et d'autres suivent, comme  l'entraîneur Laurent Seigne, viré de Corrèze après avoir échoué dans tous les clubs où il est passé.
L'histoire du C.A.B. doit servir d'exemple. Ainsi il y a trois ans, pour ne citer qu'un cas, le CA Brive a-t-il laissé partir à Perpignan un enfant du pays, Damien Chouly pour ne pas le nommer, puis a embauché Claassens, excellent joueur au demeurant, mais qui n'est pas meilleur. On a engagé des British à tire larigot, pourquoi ?

C'était d'autant plus la cata annoncée qu'est arrivé, grâce (ou à cause) de Sébastien, un sponsor qui se balançait pas mal du ballon ovale et qui à la première alerte a pris ses cliques et ses claques. Et la défaite (10-18) à « Amédé- Domenech » face à un Racing qui n'en demandait pas tant plonge le club dans une crise paroxysmique comme disent « ceuss» de la télé.
Ce qui se passe en Corrèze est édifiant : exactement ce qu'il ne faut pas faire. Brive, je le crains, va mettre des lustres à retrouver des couleurs n'ayant servi qu'à donner des cours de Français (et encore) à quelques mercenaires d'outre-Manche. Le drame, c'est que c'était
totalement prévisible. L'ancien joueur et entraîneur de l'U.S.A.P., Paul Foussat, se remémorant les matches homériques de l'époque, me confiait récemment toute la tristesse que lui inspirait la crise qui affecte en ce moment le C.A.B. et me disait « Mais qu'est-ce qui leur
a pris ? »

Le problème, c'est que bien des clubs prospèrent sous la « sponsor dépendance ». Si l'on excepte Toulouse, Perpignan, Albi et, peut-être Paris et Toulon (oui, Toulon), tous les autres vivent sur le fil du rasoir et risquent de connaître, un jour, un destin à la biterroise.  
Certains (Castres, Biarritz), ne sont pas dupes, savent ce qu'ils doivent à leur « grand » protecteurs vrais amoureux de rugby et agissent en conséquence pour ne pas insulter l'avenir. Les autres ?

Bof...

Cela dit, il y a eu ce week-end une journée de championnat. Comme prévu, le C.O., justement, l'a emporté à Bayonne (15-6) au terme d'un des matches les plus affligeants qu'il m'ait été donné de voir depuis des années. Allons, continuons comme ça et il n'y aura bientôt plus personne autour des terrains. Vous me direz, mes copains de Castres sont contents. C'est l'essentiel. Ceux d'Urrugne font la gueule.

Logique. Une partie du public de « Jean-Dauger » écœurée est parti avant la fin. Faut pas se foutre de sa gueule ! Ah, il y aurait beaucoup à dire sur Bayonne ! Mais pas maintenant...
Passons aux autres Basques, ceux du B.O., attendus avec crainte par un alléchant Stade toulousain. Le B.O. avait laissé quelques cadres se détendre sur le golf d'Arcangues. Les Toulousains ont plus qu'il y paraît sué le burnous pour l'emporter face à un adversaire serein,
sans complexe. L'homme du match ? Imanol évidemment comme chaque fois depuis un an. Mais aussi le petit Toulousain Yann David, auteur d'un essai dans les arrêts de jeu qui donne à la victoire toulousaine un confort (23-3) qu'elle ne méritait pas. Au fait, Michalack pas
mal !!! C'est une bonne nouvelle.

Paris-Perpignan, c'était l'autre affiche du jour dans le cadre somptueux du Stade de France. L'U.S.A.P. l'a emporté (20-14), menant son jeu, courageuse au diable. Cette équipe est incroyable, possédant des ressources qui font que quand elle l'a vraiment décidé, elle est la meilleure de France. Paris n'a pas démérité, au contraire. Mais a encore échoué sur la pelouse du S.D.F., vraiment « gazon maudit » pour les hommes du grand Max. Et puis Mermoz... Et puis Bastareaud…

Et puis Porical... Et puis Dupuy.

Les autres nouvelles : Montferrand a bu la tasse à Montpellier (16-9).   Après Perpignan et Biarritz les Héraultais accrochent un gros, Toulon a mangé Bourgoin (46-28), ce qui n'est pas une surprise et Montauban s'en est vu de toutes pour battre Albi (20-6)...
Enfin un petit mot à l'intention de Richard « Dartagnan » Dourthe, sire de Bayonne :  « Tu sais, la victoire et la défaite c'est pareil : ça se traduit par des larmes. » C'est de Philippe Léotard.

 

 

 

Le 03/10/2009

Analyse de la 9ème journée du Top 14

Bourgoin gagne mais ne respire toujours pas. La victoire sur Albi est anecdotique (28-16) même si les Tarnais ont donné tout ce qu'ils avaient dans le ventre, même si ce succès offre une bouffée d'oxygène aux Isérois en leur offrant la huitième place du Top 14. Mais quand Julien Frier, devenu l'emblème du C.S.B.J. a, à l'issue du match, pressé ses dirigeants de prendre enfin les décisions susceptibles de sauver le club, on a bien senti que la situation financière des "ciel et grenat" était toujours aussi délicate, sinon tragique. Il est rare de voir un sportif professionnel invectiver de la sorte ses dirigeants. « Putain les mecs, bougez-vous ! » semblait leur dire en terme plus châtiés le grand et talentueux Julien. Dans cette affaire, j'ai l'impression que ce sont les joueurs qui, les premiers, ont pris leurs responsabilités en renonçant d'emblée à une partie de leurs salaires. Si, comme disait Charles de Gaulle (qui aimait le rugby, lui)« le talent est un titre de responsabilité », alors celui du capitaine berjallien est grand. Maintenant il ne faudrait pas que tout ce termine en eau de boudin, c'est à dire que le C.S.B.J. soit rétrogradé en fin de saison pour incompatibilité des comptes, ce qui, on en conviendra, aurait contribué à fausser le championnat.

C'est vraiment l'équipe maffrée du début de saison ! Le Rugby club toulonnais a encore échoué (19-21) à l'ultime minute (pénalité manquée de Jony) dans sa quête louable d'obtenir un succès à l'extérieur.  
Auteur du seul seul essai du match, le RCT prend certes le point de bonus défensif, mais rentre en sandales sur la Rade. A contrario, c'est Castres qui rit. Des Tarnais qui en ont fini avec un marathon de six matches en trois semaines. Une course de longue haleine insensée, ponctuée par une défaite (à Paris), un match nul (à Montauban) et quatre victoires (dont une à l'extérieur à Albi) qui leur permet de s'installer confortablement en haut du classement.

Blessée, l'A.S.M. dopée à l'orgueil a mis l'Aviron à la rue (38-13). Effacée la défaite cuisante encaissée la semaine dernière à Perpignan.
Les Avironnais n'ont pas pesé lourd face à des Auvergnats complètement retrouvés, appliqués et, évidemment, talentueux, saisissant toutes les opportunités pour aggraver le score. Pour les Basques « piperades », il y a du pain sur la planche, car ils sont encore loin du niveau qu'ils prétendent atteindre. La preuve, ce week-end à Michelin !

Coucou la revoilà ! la « Pink family » du grand Max a mis un grand coup de pied au derrière des Brivistes (44-16). Les errements parisiens du début de saison sont loin, le Stade, dont les maillots sont de plus en plus moches, est de plus en plus fort. C'est l'essentiel, n'est-ce pas, puisque les joueurs ne sont pas là pour jouer les mannequins . J'ai vraiment adoré l'essai, typiquement treiziste, de Gasnier récupérant un magnifique et millimétré coup de pied de Beauxis... Brive ? Hum, hum. Je ne vais pas répéter ce que je dis ici depuis deux mois, mais il y-a quand même du souci à se faire sur les bords de la Corrèze.



L'USAP a pris la tempête à Biarritz. En tête à la mi-temps, les Catalans ont encaissé un 17-0 sans appel en seconde période pour s'incliner finalement 27 à 12. Le B.O. redevient grand, peu à peu. Il est vrai qu'avec un Yachvili comme ça, tout fonctionne mieux. Le demi de mêlée international a été excellent, utilisant au mieux les ballons distillés par un pack dont la force de frappe devient, week-end après week-end, impressionnante. En plus, on a l'impression que l'ambiance est revenue dans les vestiaires d'Aguiléra... Et si 2010 qui se profile déjà était l'année de la force basque ? Perpignan ? Capable du pire et du meilleur. Mais n'enterrons surtout pas les Catalans comme il ne fallait pas le faire avec les Auvergnats la semaine dernière...

Et Toulouse ? Les Stadistes ont mis Montpellier à leur botte en un quart d'heure, le temps de marquer trois essais pour l'emporter finalement 30 à 12. Il paraît que la semaine fut rude du côté d'Ernest Wallon et que l'on s'est dit ce qu'on avait à se dire. Rien de tel qu'un bon psychodrame pour se remettre les idées en place. Le M.H.R.C., pour sa part, désormais relégable, va devoir serrer rudement les dents pour éviter le pire. Car ce qui guette le club, maintenant, ce serait que peu à peu tout se délite. C'est, en tout cas, l'impression que donne cette équipe. Voilà pourquoi je ne veux pas parler d'exploit toulousain dans l'Hérault, ni même de bonnes performances, mais simplement de minimum syndical.

 

Le 28/09/2009

Analyse de la 8ème journée du Top 14

C'est la revanche des sans-grade ! Tchale Watchou avec l'U.S.A.P. et le C.S.B.J. dans son ensemble,  un ex chômeur et une équipe passée pas loin du licenciement économique ! Voilà un joli pied de nez à tous les recruteurs de stars de la planète rugby. Ajoutez un S.C. Albi, promis à la descente, qui décanille les Basques « piperades » de l'Aviron et vous avez tout ce qu'il faut retenir de cette journée de top 14

À tout seigneur, tout honneur : Robins Tchale-Watchou, viré de Paris, roi à Perpignan. Au sein d'une formation catalane euphorique, agressive qui, sans la faillite totale de ses buteurs, aurait passé plus de 30 points à l'A.S.M., l'ancien laissé pour compte Parisien a livré une partie énormissime, présent partout, capable de passer la balle d'une main, de plaquer, de percuter. Le prototype de l'avant moderne. Et comme ses collègues ne sont pas des manchots, le champion de France s'est imposé largement (19-3) en empochant le bonus. Trois essais superbes, une ambiance de feu, du jeu en veux-tu en-voilà, que demander de plus ? Les Auvergnats ont pris une « rouste », certes, mais rien de tel pour se remettre les idées en place. Car ne nous leurrons pas, l'A.S.M. demeure une fantastique machine qui était samedi à côté de ses pompes, ce qui arrive à tout le monde. Gare à sa réaction ! Je serais à la place des Avironnais de Bayonne, prochains visiteurs à « Michelin », j'enfilerais d'ailleurs la cotte de maille.  
En tout cas, je ne me rendrais pas en touriste au pied du Puy « Anquetil-Poulidor », car les « jaunards » seront terriblement revanchards. L'Aviron y sera attendu comme il l'a été à Albi où il est tombé dans l'embuscade tendue par une bande de morts de faim désireuse d'agripper la dernière chance de croire en un avenir. Le jeu des Tarnais fut simple : combat, combat, combat, ce qui leur a suffi pour l'emporter (19-15). Richard « d'Artagnan » Dourthe doit encore en être vert de rage, et il y a de quoi. Ses joueurs sont tombés dans le piège. Mais gare ! Il y a eu de la « pampe » grave, l'arbitre a sorti le rouge et il s'est passé des choses pas très claires, semble-t-il, dans la rue des vestiaires. Le rugby est un sport de combat, de voyous dit-on, mais pas de gangsters ! Pierre-Yves Revol, le président de la Ligue, veut, assure-t-on, créer une commission d'éthique. Bravo, comment ne pas soutenir une telle démarche ! Le drame, c'est que le rugby, sport de valeurs, soit aujourd'hui obligé de créer une telle instance pour rappeler les principes fondateurs de ce jeu : combat et respect.

Les autres Basques, ceux du B.O., ont gagné avec bonus (23-9) face à des Toulonnais auteurs d'un match sérieux. Voilà une double bonne nouvelle : les Basques « golfeurs » ont retrouvé une équipe, les gens de la Rade commencent à constituer un vrai groupe, ce dont on se doutait depuis leur belle victoire la semaine précédente face à Toulouse. Les deux formations, même si le jeu ne fut pas terrible-terrible, se sont bien livrées faisant honneur à leur maillot.  Les Catalans, prochains hôtes d'Aguilera, doivent s'attendre à une sympathique réception. Quant à la bande à Jony,  elle va aller défier les gens du Sidobre du côté de Pierre-Antoine où elle sera reçue avec les honneurs dus à son (nouveau) rang par une équipe qui vient de s'incliner à Brive (11-9). Le C.O. pouvait l'emporter, mais le C.A.   Briviste a mérité sa victoire qui aurait été bien plus large si Andy Goode avait été... « good» dans ses tentatives de pénalités. Castres, qui joue un dernier match en retard ce mardi à Albi, pourrait se mordre les doigts d'avoir pris un peu à la légère le match de Brive.  
Tant mieux pour le C.A.B. qui respire un bon coup et qui a évité - pour le moment - un cataclysme interne. À voir l'état de stress de Hugo Mola, l'un des entraîneurs corréziens, à l'issue de la rencontre, on se dit que la pression doit être intense du côté de la Corrèze avant de prendre le train pour Paris le week end prochain.

Encore une équipe qui respire : le Racing. Une petite victoire face à Montpellier (18-14) permet aux « colombophiles » de laisser à leurs adversaires du jour la peu envieuse place de relégables. Aligner des noms ne suffit pas, y compris celui de François Steyn, la star Springbok. Face à un M.H.R.C. limité, le Racing s'est fait peur livrant, selon ses entraîneurs « son plus mauvais match de la saison. » Mais seule la victoire est jolie, non ? Montpellier ? Quelle   inconstance !

En allant à Montauban, Bourgoin savait que c'était l'occasion ou jamais de mater un adversaire direct au classement. Mission accomplie (15-12) grâce à une pénalité réussie à l'ultime minute par Saint Benjamin Boyet auquel il faudra bien élever une statue un jour ou l'autre. Vaincre à Sapiac n'est jamais aisé, le C.S.B.J. l'a fait au terme d'une rencontre de très petit niveau marquée, là encore, par un grave incident hors match entre l'Isérois Frier et le Montalbanais Clarkin. Revol, il y a vraiment urgence !

Enfin ce qu'on annonçait comme devant être le « choc » de la journée, la rencontre entre les deux Stades, a accouché d'une souris. Certes de l'engagement il y eut. Mais entre la fébrilité toulousaine et l'ultra défense parisienne, on ne vit rien de bien palpitant. Toulouse aurait mérité de l'emporter, une défaite aurait été terriblement injuste pour  
la « pink family »! Résultat : match nul (9-9). Et ce, sous les sifflets d'un public toulousain qui n'a toujours pas saisi que son équipe ne dominait plus le rugby français (deux titres depuis le début de la décennie). Drôle que dans la cité de l'aéronautique, on ait tant de mal à d'atterrir...


 

Le 21/09/2009

Analyse de la 7ème journée du Top 14

C'est bien l'info majeure de ce début de saison : la mêlée s'emmêle.
Depuis qu'on en a modifié les règles, ce moment majeur du jeu de rugby est galvaudé. C'est vraiment du n'importe quoi, les arbitres pénalisant à peu près deux introductions sur trois. Or, ne l'oublions pas, cette phase a fait la gloire du rugby français, au même titre que le jeu de nos grands trois quarts. Alfred Roques, Amédée Domenech,   Aldo Gruarin, Robert Paparemborde, Gérard Cholley, Jean Iraçabal, Jean-Pierre Garuet, Pierre Dospital, Armand Vaquerin et tant d'autres costaux qui reflétaient si bien une certaine image du rugby à la française, seraient aujourd'hui condamnés à ronger leur frein et à subir les foudres d'un arbitre. Le Sud, jamais ravi de se coltiner ces gaillards, a voulu « aménager » les règles de l'affrontement. Résultat un gros paté, une bouillie que les directeurs de jeux tentent en vain d'améliorer. On ne comprend rien aux décisions qui évoluent d'un match à l'autre selon la personnalité du et des juges. Loin de moi l'idée de critiquer ces derniers qui ne font qu'appliquer les instructions du Board, mais je pense que si on leur posait la question entre deux apéros, ils répondraient probablement que ces nouvelles dispositions relèvent du n'importe quoi.

Qu'on se souvienne ! Les dirigeants sudistes du rugby à XIII, en décidant d'altérer cette phase d'affrontement, sont, selon moi, enpartie responsables de l'anéantissement progressif de l'équipe de France, étouffant par la même le développement de ce sport dans notre pays. Dans les années 50 et 60, le XIII de France comptait des piliers hors du commun : Lolo Mazon, Aldo Quaglio ou Marcel Bescos pour n'en citer que trois. Mazon, je le rappelle, avait à lui seul dégonflé le pack australien lors de la fameuse tournée de 1951. Du jour où l'on a « conseillé » de ne plus pousser en mêlée, donc de combattre, le jeu français s'est écroulé et ne s'est jamais relevé.
Avis aux collègues du XV ! Vous allez me dire que le jeu doit évoluer ! Je répond qu'un pilier doit rester un pilier et ne pas ressembler à un trois-quarts aile et vice-versa. Avec Barcela et Mas, nous avons peut-être les piliers les plus solides du monde. Les nouvelles règles sont en train de les tuer...

Mais revenons à nos moutons...

Cette septième journée de Top 14 ne nous a rien appris que nous ne sachions déjà. Ainsi les Albigeois ont-ils pu constater de visu toute la différence qu'il y a entre la semi-réserve d'un grand club pro, l'A.S.M., et une bonne équipe de groupe B. Le score parle de lui même : 40-8 pour les « jaunards » sur le stadium municipal de la préfecture tarnaise. Tranquilles, les Auvergnats. Et sereins comme peut-être ils ne l'ont jamais été.




Biarritz a fait mal à Brive en gagnant en Corrèze (15-12) face à un adversaire qui n'avait que des individualités assez fantasques à lui opposer, Orquera et Waqaceduadua notamment. Pas vraiment géniaux, mais extrêmement courageux et bien organisés, les Basques, un moment réduits à 13, ont fait le match qu'il fallait. Sans fond de jeu, ou si peu, la « home fleet » de Corrèze est aujourd'hui à sa place. Quant à certains de ses supporters (dont un a pété un câble), ils auraient pu se passer de menacer l'arbitre à la fin du match. Ce n'est quand même pas de sa faute si le C.A.B., comme ce fut le cas samedi, a été incapable de se créer une occasion d'essai collective. Je note enfin que trois Français seulement figuraient dans le quinze de départ briviste (Mela, Estebanez et Bonrepaux). Sans commentaire...  
Sébastien, faut que tu fasses quelque chose.

Paris... La « Pink Familiy » revient peu à peu dans la pièce. Certes, les Parigots et leur ridicule maillot (l'habit ne fait pas le moine) ont plus que ramé pour se débarrasser de la « terrific» mêlée berjallienne, mais ils ont pris le bonus (20-6, trois essais) et c'est bien tout ce qui compte. À part ça, pas grand-chose à se mettre sous la dent sinon les jambes d'Arias et un essai « bastarien ».

Idem pour les Catalans. Humiliés à Bourgoin la semaine précédente, ils n'ont guère convaincu face à une petite équipe de Montauban venue à Aimé-Giral pour limiter les dégâts et qui a relativement bien réussi dans son entreprise. L'USAP l'emporte en prenant le bonus (28-9) au terme d'une rencontre « diesel » marquée une nouvelle fois par quelques actions de génie de Maxime Mermoz...

Le Castres Olympique s'est sorti avec difficulté (9-6) du traquenard que lui avait tendu le Racing. Le manque de clairvoyance des « Colombophiles » qui oublient de tenter de bonnes pénalités leur coûte probablement le match face à un adversaire fatigué (trois matches en une semaine dont mercredi à Montauban soldé par un bon 18-18). Pour les Tarnais, le marathon continue avec des déplacements à Brive et à Albi les 25 et 29 septembre et la réception de Toulon le 3 octobre. Va falloir être solide du côté de Pierre-Antoine...

En gagnant au Vélodrome (18-15) face à Toulouse, Toulon a tapé un bon coup sur la table. « Et bé, c'est qui le boss ? » Le Stade, qui a pris une bonne claque, n'est pas dans son assiette, commettant une douzaine d'en-avant, soit autant de ballons rendus. Le grand bonhomme du match ? Évidemment Jony Wilkinson, auteur de tous les points de son équipe, dont trois drops. Mais aussi Van Niekerk. Comme d'hab, direz-vous. Comme d'hab. Certes, le Stade toulousain aurait peut-être pu l'emporter sur la dernière action, mais cela aurait été injuste pour le R.C.T. et ses 60.000 supporters, fous de joie. Ça y est, Toulon est vraiment de retour... Il fallait bien que cela arrive un jour, non ?

Le dernier match de la 7e journée aurait dû être le premier. Bayonnais et Montpelliérains avaient prévu de prendre un week-end sympa en famille en jouant dès vendredi soir.  Mais Miss Météo ne l'a pas entendu ainsi : des trombes d'eau ont conduit au report du match le dimanche. Que croyez-vous qu'il arriva? On a quand même joué sous la pluie et ce fut nullissime... L'Aviron, passez-moi l'expression, a ramé (oui j'ai honte, mais tant pis) pour se débarrasser (26-3) d'Héraultais plutôt courageux mais guère menaçant. Il y a deux Montpellier : celui qui  à la maison est intraitable et celui qui à l'extérieur fait l'apéro tranquillou. C'est pas comme cela que le M.H.R.C. se fera respecter !

 

 

Le 13/09/2009

Analyse de la 6ème journée du Top 14

Biarritz a mis au pas l'Aviron (12-6).« Aupa B.O. !» comme on dit le long des golfs clairs du côté de Chiberta, Chantaco ou Arcangues. Explosif l'AnoETA de Donostia, capitale de la province de Gipuzkoa, rempli de 29.000 spectateurs. Bien joué Serge Blanco, pari réussi.  

Bien joué également le B.O. qui recolle aux basques du peloton de tête en ayant joué la dernière demi-heure à 14 (carton rouge justifié de Taele). Le rugby c'est ça, la fête, le fandango du Pays Basque, la bonne humeur. La bonne humeur, vraiment ? Hum, hum... De drôles de bruits ont circulé la semaine précédant la rencontre sur lesquels je ne reviendrai pas, mais qui me laissent penser que le rugby basque, à terme, est en péril d'autodestruction. Les charmes du derby, soit, mais si ce qu'on m'a dit ou ce que j'ai lu est vrai, je vois mal comment tout ça finira. Certains commerçants refuseraient, paraît-il, d'afficher ostensiblement les couleurs de l'un ou l'autre club par crainte de représailles de supporters d'un des camps. Pardonnez-moi, amis Basques, mais cela est naze total. Quant au jeu pratiqué à Anoeta, je dirai « Bof ! » Tout ça pour ça ? Un B.O. peu engageant a retrouvé de jolies couleurs et l'Aviron, peu imaginatif, est tombé les armes à la main au terme d'une rude partie, dure et parfois excessive.


« Tout ça pour ça ! » doit-on se dire également du côté de Toulon ! Le R.C.T., qui avait échoué d'un point la semaine dernière à Montauban, vient de subir le même sort à Montpellier (21-20) après avoir mené toute la partie. Les deux fois, les Varois se sont inclinés à la dernière seconde. Il y a de quoi se manger les chaussettes. Et pourtant, on ne parlerait pas de cette mésaventure si le petit lutin montpelliérain, Benoit Paillaugue, excellent dans le jeu au demeurant, n'avait vendangé nombre de pénalités. Même si sa victoire est tirée par les cheveux, le MHRC ne l'a pas volée. Quant aux Toulonnais, ils ont trop perdu leurs repères, déjouant incroyablement dans les dix dernières minutes, pour s'en prendre à qui que ce soit sinon à eux-mêmes.

Les Catalans ne s'attendaient pas à tomber dans le gratin dauphinois mitonné par Bourgoin. Il y avait du monde (15.000 spectateurs) au stade des Alpes de Grenoble pour assister à la chute non programmée du champion. La victoire du C.S.B.J. est absolument incontestable (17-6) et elle apporte pas mal d'oxygène au club. Tant mieux pour lui, il en a besoin ! L'USAP a été d'une pauvreté inimaginable devant, dévorée par un cinq de devant berjallien impressionnant. Une mêlée d'une faiblesse inadmissible à ce niveau et un mental, la grande force de l'équipe ces derniers mois, en berne, ont facilité la tâche d'Isérois morts de faim... Le mal est-il grave ? Il est sérieux en tout cas, car ce n'est pas la première fois que la mêlée catalane explose en vol. Bourgoin de son côté a retrouvé des certitudes : il sera difficile de gagner en Isère cette année.

Qui aurait pu croire que Paris n'était plus Paris ? Pas moi. Je persiste à penser que cette équipe ira loin cette saison et apparemment le psychodrame qui a conduit au changement d'entraîneurs et à l'arrivée aux affaires du duo Delmas-Faugeron, était nécessaire. Je ne sais pas quels étaient les problèmes qui rongeaient le groupe   parisien, mais apparemment ils sont désormais derrière lui. Quant aux Castrais qui venaient pour faire un truc, ils ont sombré (44-18) d'une manière assez inattendue. Les attend maintenant un terrible marathon qui va les conduire ce mercredi à Montauban avant de recevoir le Racing dimanche, Brive le week-end suivant et d'aller à Albi le 29 septembre. Vachement rigolo, non ? Le C.O. va devoir serrer les dents qu'il a longues cette année...

Albi ! Voué à l'enfer (où il ira probablement), le club tarnais fait de la résistance. Avant de s'en débarrasser, le Stade toulousain a longtemps pédalé dans le cassoulet. Menés à la mi-temps (10-6), les « rouges et noirs », jouant mal, l'ont néanmoins emporté (19-13). C'est, pour eux, l'essentiel. Quant aux Albigeois, fidèles à leur réputation, ils s'escrimeront jusqu'à la fin à emmerder le monde. C'est tout à leur honneur.

À Montferrand, Brock James aura bientôt sa statue. En enquillant trois pénalités dans les dernières minutes, il a préservé une victoire peu convaincante (30-22) face à un Racing qui commence à trouver ses marques dans le Top 14. Évidemment, même si l'A.S.M. était plus forte, le RCF s'est accroché comme un diable, toujours dans la partie, se payant même le luxe de mener à la mi-temps. Mais « Saint James », auteur de 20 points, veillait, permettant aux siens d'échapper à l'enfer. Quant aux « colombophiles » qui ne sont pas des pigeons, ils devraient bientôt roucouler de bonheur, tant ils s'améliorent au fil des matches.

Vive Montauban ! En battant Brive à Sapiac (23-20), l'U.S.M. a obtenu sa troisième victoire consécutive. Devant des Corréziens maladroits et commettant énormément de fautes, les Tarn-et-Garonnais n'ont pas laissé l'occasion de respirer un bon coup. Brive, d'une pauvreté rare dans le jeu, s'englue au classement. Et cela ne me surprend guère. « Du dire au faire, la distance est grande ! » Cervantès qui s'y connaissait pourtant assez mal en matière de rugby parce qu'il était Castillan, avait bien intuité, me semble-t-il, ce qui arrive aujourd'hui aux Brivistes et à... leur encadrement.

 

Le 07/09/2009

Analyse de la 5ème journée du Top 14

Mais qu'arrive-t-il à Paris ? La « Pink familiy », quasiment au complet, a passé un sale moment du côté d'Aguilera (30-22) n'évitant le naufrage que grâce à un essai (de pénalité) accordé par l'arbitre M. Berdos à l'ultime seconde et qui prive les Biarrots d'un bonus offensif. Acculés, les Parisiens du grand Max se sont battus comme des taureaux qui refusent de mourir face à un B.O. totalement retrouvé et qui a renoué avec la victoire après deux défaites à Bourgoin et à Montpellier. Ce match sentait la poudre, mais la mèche était basque et le pétard de la capitale bien mouillé. Les Parisiens vont devoir maintenant se dire les choses les yeux dans les yeux. Je leur fais confiance pour cela. À eux de méditer le mot de Churchill : « Il n'y a qu'une réponse à la défaite, et c'est la victoire. »

Sale temps pour l'Île-de-France. L'armada du Racing qui jouait avec tous ses monstres sacrés, à commencer par Chabal et Nallet, est tombée les armes à la main devant des Catalans (14-18) que la presse parisienne avait enterrés un peu vite. Dominée, l'USAP a répondu du tac au tac et a gagné en champion sans puiser dans ses ressources. Le R.C.F a fait son match, méritoire et, n'en doutons pas, rigolera sans tarder. De ce match je retiendrai trois choses :
- Sébastien Chabal aurait décidé de verser 15 000 € à son ancien club, Bourgoin en proie aux difficultés financières que l'on sait. Si c'est vrai, je dis, d'abord que le rugby reste le plus grand et le plus beau des sports, ensuite que Chabal est un mec bien ;
- Le stade de Colombe était plein et en fête pour accueillir le champion. C'est, pour moi, une vraie joie ;
- Maxime Mermoz est grand. À propos de son arrière-grand-oncle, le légendaire aviateur Jean Mermoz, Kessel écrivit « La route céleste l'attirait comme un aimant ». Cela va comme un gant au jeune trois-quart centre de l'U.S.A.P.

A.S.M. Toulouse ! ça sentait bon comme un fromage de Saint-Nectaire qui a grandi au milieu des violettes. Les Stadistes ont décroché un point de bonus défensif et cela a suffi pour les plonger dans l'allégresse. Les « Jaunards », eux, ont dominé en jouant vite et bien (19-12), les Toulousains sont tombés en... jouant vite et bien. Un match plein, truffé de bonnes intentions et de gestes d'éclat. Tant que j'y suis, je vous donne le nom celui qui, la saison avançant, sera l'ouvreur titulaire chez les « Rouges-et-Noirs » : Florian Fritz....  
Si vous voulez, on peut parier. Et je peux vous dire encore qu'avec un type comme Russel, jamais titulaire hélas, pour allumer son jeu, l'A.S.M. serait évidemment championne de France depuis longtemps.

« Pin-pon ! Pin-pon ! » Voici le Castres olympique qui apparemment a flanqué un carton rouge au virus « machin N1». Reposés, frais comme des gardons de l'Agout, roses comme des cèpes du Sidobre, les Tarnais ont roulé au diesel ne mettant le turbo que pendant dix minutes en seconde mi-temps. Cela a suffi pour renvoyer à ses études un Montpellier (33-18), orphelin de ses « petits » Fulgence Ouedraogo, François Trinh-Duc et Julien Tomas . Avec comme leader ce combattant hors-norme qu'est Capo-Ortega qui a l'amour du maillot chevillé au corps, le C.O. obtient sa troisième victoire en trois matches. Tant mieux pour lui. Autant prendre du bon temps avant les longues soirées d'hiver qui s'annoncent lorsqu'il lui faudra, à son tour, disputer trois rencontres en une semaine.

Montauban a confirmé sa victoire en terre parisienne en battant Toulon à Sapiac (21-18) au terme d'une rencontre bourrée de fautes. Et ce, grâce à Cédric Rosalen, son ouvreur, qui a réussi une pénalité à la dernière seconde. Les Varois, venus en tongs et privés de leurs stars Wilkinson et Van Niekerk, auraient largement mérité de l'emporter. La hargne des « verts et-noirs » et, semble-t-il, le manque de jugeote de l'arbitre vidéo leur accordant un essai pour le moins litigieux, il a fallu tout cela, donc, pour mater des Toulonnais combattifs au diable.

C'est clair, Bourgoin va cracher tout son venin à Pierre-Rajon et laisser courir à l'extérieur. C'est ce que laisse penser, en tout cas, le score de Bayonne-C.S.B.J (53-6). Les attaquants de l'Aviron ont   fait péter les fusées éclairantes en inscrivant pas moins de sept essais. Sans commentaire !
Enfin les enfants, je vous annonce un grand moment la semaine prochaine : le derby basque sur le terrain d'Anoeta à Donostia... Aie, aie, aie ! Ouille, ouille, ouille ! Va y avoir du piment dans le patxaran...  Elle est pas belle la vie ?

 

Le 03/09/2009

Analyse de la 4 ème journée du Top 14

Paris, boum badaboum ! La « pink family » est tombée de l'échelle, grave. Déjà, la maison stadiste avait failli s'estrabanquer le week-end dernier, quand, longtemps martyrisée par Montpellier, elle n'avait dû son salut qu'à trois essais réussis dans les vingt dernières minutes. Le miracle a bien failli se reproduire face à Montauban. Cette fois, la jeune Bernadette Soubirous, probablement excédée par le péché d'orgueil des Parisiens, décida de rester bouder dans sa grotte.

Les « roses » réussirent bien trois essais dans les trente dernières minutes, mais pas le quatrième, celui de la victoire, qui leur fut légitimement refusé à l'ultime seconde. Aujourd'hui, les « verts-et-noirs» de Marc Raynaud rient, sautent et pleurent de joie. Promis à la déculottée, ils ont laissé Paris humiliée, Paris outragée, Paris martyrisée... (40-35). « Sa-piac ! Sa-piac !» La vieille et majestueuse ville des bords du Tarn doit en pleurer d'émotion. Quant à Paris, même si ça sent le pâté aujourd'hui, je ne suis pas vraiment inquiet. Il était clair que le fait de jouer trois fois en une semaine allait entraîner quelques majestueuses surprises. Et bien, en voilà déjà une !

Si Paris a chuté, Toulouse a eu - un peu - chaud aux fesses. Le Stade a eu toutes les peines du monde à se débarrasser des Basques « piperade » de l'Aviron, laissant ces derniers prendre du bon temps en première période. Puis la machine s'est mise en branle et, finalement, les mousquetaires de Richard « D' Artagnan » Dourthe ont du capituler en rase campagne (21-17), à deux pas de la « Rocade infernale », victimes avant tout d'une indiscipline due, ne nous leurrons pas, à la pression intense des Toulousains et non à la mansuétude de l'arbitre.

Déjà à Perpignan, il y a quinze jours...

D'autres Parisiens, ceux du Racing, allaient visiter l'Isère du côté de Bourgoin-Jallieu. Ils y étaient attendus par une bande d'énergumènes rescapés d'une noyade annoncée. Le C.S.B.J. est sauvé, et c'est la première grande nouvelle de la semaine. L'autre, c'est qu'il est encore loin de la Pro D 2 à laquelle tous les oracles le destinaient. Les Berjalliens l'ont emporté (17-13) difficilement, mais c'est tout ce qui compte. Le R.C.F. qui en a vu d'autres s'en remettra sans doute. Désormais, la maison « bleu et-grenat » redevient à nos yeux une équipe comme les autres.  Nous sommes ravis de n'avoir plus  pour elle, maintenant qu'elle a échappé au pire, les yeux de Chimène même si nous lui gardons toute notre affection... Quant au R.C.F. il pourra toujours se consoler en recevant Perpignan ce samedi...

Tiens, Perpignan, parlons-en ! Sans un million de fautes de mains (et une mêlée défaillante), les Catalans auraient mis une raclée mémorable à un C.A. Briviste incapable de leur poser le moindre problème et à la pauvreté de jeu inouïe. Au terme d'un match insipide, heurté, d'une grande médiocrité donc, les champions de France ont fait le boulot (21-9) sans vraiment trembler. Vous me direz les deux équipes avaient elles aussi, comme on dit, « fait tourner ». Ce n'est pas une excuse ! Une bande qui ne tourne pas mal, à domicile du moins, c'est celle de Montpellier. Les Héraultais ont, à leur tour, mis les Basques « golfeurs » de Biarritz, dans la bourride, comme on dit du côté de Sète, île singulière (22-18). Le B.O. a arraché le point de bonus à la dernière seconde, preuve qu'il a combattu jusqu'à la fin. Mais ça va couiner dur près de l'océan en cette fin de semaine. Montpellier, calme, serein, assure à la maison, qu'on se le dise : il ne sera pas facile d'aller gagner à Yves-du-Manoir cette saison. Et le petit  Paillaugue, venu d'Auch il y a huit mois, dont, rappelez-vous,  je vous avais dit le plus grand bien au printemps dernier, est en train de prendre la place de Trinh-Duc à l'ouverture. Rien que ça !

D'autres qui ne se marrent pas, ce sont les « Jaunards » qui comme l'an dernier, ont capitulé en rade de Toulon (26-21). L'A.S.M. avait, elle aussi, décidé de faire tourner et alignait de nombreux espoirs.Toulon était au complet et a ravi son public. L'ASM avait pris le match à son compte, le R.C.T. lui a mis son compte à la fin, malgré la défaillance de Jony. Un score (21-17) loin d'être déshonorant pour des Montferrandais déjà concentrés sur la réception, ce samedi, de Toulouse. Quant au R.C. Toulon, qui est toujours invaincu et frôle la première place du classement, il est attendu ce week-end à Montauban.

Vaste programme !

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Le 30/08/2009

Analyse de la 3ème journée du Top 14

Bon... Voilà maintenant que tout se grippe dans la mécanique calendaire graissée à l'huile de coude par la Ligue ! En juillet, les ordinateurs avaient manqué d'exploser pour élaborer un calendrier à peu près potable quand soudain surgit un virus prévisible qu'on n'attendait pas, le terrible H1N1. Manque de pot - ou pied de nez du destin -pour le président Revol, la bestiole a décidé de s'implanter au Castres Olympique. Si vous ne savez pas pourquoi, moi je le sais : la bêbête a horreur des derbys ! La preuve : les matches du C.O. contre Montauban et Albi ont été reportés. Le virus a donc gagné en empochant à la fois les points des boni défensifs et offensifs (NDLR - Boni, pluriel de bonus et non pas diminutif de Boniface même si les   deux frères constituaient bien des boni pour le Stade montois d'il y a plus de quarante ans).
Le C.O. en arrêt maladie, cela faisait un match en moins. Mais Pierre-Yves Revol n'en avait pas fini avec le stéthoscope. Un autre grand malade atteint, lui, d'une affection encore plus grave, menace de mettre en l'air le bel édifice du rugby professionnel hexagonal : Bourgoin étouffe et cherche une assistance respiratoire ! Voilà les   deux clubs les plus chers au cœur du président de la Ligue allongés sur un lit d'hôpital, l'un, le CSBJ étant quand même un peu plus allongé que l'autre.
Et comme cette histoire ne manque pas d'humour, on parle d'un industriel des remontées mécaniques, Gaston Maulin, pour être le remontant (700.000 €) qui va relever le club chu. En attendant les joueurs, qui ont accepté de gagner moins ont... gagné plus en renvoyant à ses études un Biarritz Olympique pour le moins enrhumé en ce début de saison (22-17). Benjamin Boyet, icône iséroise, est pour beaucoup dans ce succès (17 points au pied). Tout un symbole.
D'autres Basques, les « piperades » de l'Aviron, qui se voyaient beaux la semaine dernière après la victoire contre Paris, se sont bien ramassés à... Paris où le Racing de Chabal and co les a mis « échec et mat » (18-9). Pâles, vraiment très pâles les protégés de Richard « magic » Dourthe qui a du piquer une
de ces colères monumentales dont il a le secret. Et on le comprend ! Le Racing, lui, s'installe   tranquillou dans le Top 14. On s'y attendait, non ?
L' ASM était invitée se coltiner un CA Brive qui venait de passer à la moulinette toulousaine. Pour cette finale «aller» du championnat du Massif central, les «jaunards» ont su résister à la furia des Corréziens (9-9) au terme d'un match marqué par un grand engagement physique en première mi-temps et... un grand engagement physique en seconde. On notera cependant qu'il y avait onze étrangers dans le quinze de départ du CAB... Sans commentaire.

Affiche à Aimé-Giral où le champion recevait les champions. Au terme d'un match plein, très engagé, jamais fermé, joué sur un haut rythme, l'USAP l'a emporté (17-15), lançant véritablement sa saison. En étouffant dans l'oeuf les velléités d'un Stade au complet, les Catalans ont montré qu'il faudrait compter avec eux cette année. Pour Toulouse, cette défaite est une péripétie même si le système "rouge-et-noir" a montré (provisoirement ?) quelques limites.

On pensera ce qu'on voudra, mais de mon point de vue le Stade français pourrait être la... grande équipe du prochain printemps. Je sens qu'une belle mayonnaise est en train de prendre sur les bords de Seine.  
Certes, la «Pink family» s'en est vue de toutes pour mater Montpellier (contrairement à ce qu'indique le score 43-26) mais vous verrez, dans quelques semaines le TGV du grand Max devrait rouler à fond ! Pourquoi, d'ailleurs, en serait-il autrement quand on voit l'effectif du club et, surtout, quand on connaît l'incroyable capacité qu'il a à rebondir. La vie en rose, c'est probablement pour bientôt !
Enfin Toulon ! Face à des Albigeois très faiblards, le RCT a fait le job. Ou plutôt, Jony a justifié ses émoluments (cinq pénalités). Même si elle ne nous éclaire pas vraiment, la victoire varoise est incontestable face à un adversaire pas lucide pour un poil, oubliant même de tenter de « bonnes » pénalités. Résultat : 15-6 pour Toulon.  
Et un avenir faiblard pour les Tarnais en jaune.

 

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Le 23/08/2009

Analyse de la 2ème journée du Top 14

Pardonnez-moi, mais je vais vous parler aujourd'hui d'une bien triste histoire : la fin du CSBJ. Bourgoin quoi ! Ça y est. Après Pierre Martinet, à qui le rugby français ferait bien d'élever une statue, après le bon président Flamand qui a jeté l'éponge, le club isérois a plongé dans la tourmente. Ne riez pas, braves gens même si, comme le   disait le camarade Musset, « Les plus désespérés sont les chants les plus beaux. Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots ».  
Cette fois c'est de désespérance qu'il faut parler.
Exangue, le vieux club isérois rend les armes, récupéré pour trois sous par une grosse boite lyonnaise enrichie au fric facile de l'événementiel, spécialité de captage de fonds qui fait dune blonde en mini-jupe avec string apparent une interlocutrice de choix dans un monde de faux semblants et d'argent facile. Ça me crève ça. Je ne  
crache pas sur les gonzesses de l'événementiel. Elles sont belles et tant mieux pour elles. Mais de voir le club le plus sympa de France être ainsi détourné et devenir la petite amie même pas fardée d'un club du foot business, non ! Amis de Bayonne, de Perpignan, de Montferrand, de Castres, d'Albi, d'Agen ou de Brive et d'ailleurs, ne riez surtout pas. La chute de la maison berjallienne (après celle de Béziers) qui a tant donné au rugby national nous concerne tous. Car, croyez-moi, vous n'intéressez plus personne ou du moins plus pour longtemps Bayonne ? Où c'est ça ? Perpignan ? Ça existe ce truc ? Castres ? C'est en France ? Albi ? Terre inconnue. Brive ? Toulon ? Condamné(es) à mort. Le futur top 12 ?  
Paris, Toulouse, Marseille, Lyon, Bordeaux, Nantes, Strasbourg, Lille — pourquoi pas ? — Montpellier, et puis, Bruxelles, et — RE pourquoi pas ? — Andorre et Monaco... Méditez ce petit mot d'Alphonse Allais :  
« Dans sa volonté de supprimer les intermédiaires, il cherchait le moyen de passer directement du foin au lait sans passer par la vache. » Par ordre alphabétique, voici en piqûre de rappel les internationaux berjalliens  de ces dernières années : Péclier — Leflamand, Glas, Fritz, Venditti — (o) Boyet, (m) Parra — Cécillon, Bonnaire, Chabal —   Papé, Nallet — Peyron, Brunat, Milloud.  Ajoutez à ces noms : Cassagne, Pierre, Raschi,  Grange, David, Daudé, les Forest, Martin-Culet et tous ceux dont les noms m'échappent.

Bon, revenons à nos moutons, et au CSBJ qui, manque de pot, jouait à Castres où l'on a réappris à rire. Être convié à défendre sa vie et son honneur, voilà quel était le problème posé aux porteurs du maillot « bleu-et-grenat». Sans démériter, les Berjalliens ont découvert à leurs dépens la nouvelle vitalité de leurs adversaires du jour. Les Castrais, pas véritablement transcendants pourtant, leur ont donné une  
leçon (29-9) avec comme porte-drapeau un Tekori absolument éblouissant, un « Tignous » — Bordes, véritable Kelleher made in France, et un McIntyre qui a enfin retrouvé son niveau. Le C.O. vivra probablement quelques passages à vide dans la saison. Ce n'est pas grave et d'ailleurs il s'y attend.  Mais que sera-ce, comparé à ce que vit le CSBJ ?

Autre petits malins très heureux aujourd'hui : les Montpelliérains, inexistants la semaine précédente à Brive, totalement retrouvés face au champion Perpignan, ce week-end (18-12). La victoire d'Héraultais très courageux ne souffre d'aucune contestation même si elle fut tirée par les cheveux. Quant aux Catalans ils seraient temps qu'ils troquent le maillot de bain pour celui de rugby car ils sont très très loin du niveau qui leur valut de ramener le « Brennus ». La réception de Toulouse samedi s'annonce pour le moins périlleuse.

Oh Toulouse ! Quand le Stade joue à ce niveau, il constitue sans doute la meilleure équipe du monde. Le C.A.Brive, venu pour se tester, a pris ce qu'il faut bien appeler une "rouste" : 39-0. Rien à dire, tant la démonstration des as toulousains fut accomplie, dominant de la tête et des épaules un adversaire vraiment loin de ce à quoi il prétend.   L'homme du match ? Probablement le trois-quart centre Yann David. Au fait, d'où vient-il, lui ?

Passons au Pays-Basque d'où nous arrivent d'excellentes nouvelles. Les « Piperade » de l'Aviron, joueurs et supporters, ont vécu d'intenses moments à « Anoeta », le stade de Donostia. La communion entre les joueurs et leurs 30.000 supporters fut d'autant plus complète que les Parisiens, désireux de ne pas gâcher la fête, étaient venus avec plein de cadeaux. Mais ne soyons pas mesquins : le « pink family » a pris une vraie dégelée (38-24), encaissant 4 essais dans la chaleur de l'été. Richard « Dartagnan » Dourthe était aux anges, et nous avec lui tant le jeu proposé par les « Avironnais » fut ambitieux, créatif, sympa... Les Parisiens, qui adorent les défis,  
vont réagir. Obligé.
Autre bonne nouvelle : les Basques « golfeurs » du B.O. se sont refait la cerise après leur terrible désillusion de la semaine précédente face à Castres. Les présumés rudes Albigeois l'ont découvert à leurs dépens, eux qui ont volé en éclat à Aguilera, encaissant 5 essais (39-6). Les Biarrots, pourtant moyens, ont dominé de la tête et des épaules des Tarnais qui, je pense, auront beaucoup de mal à tenir la  
distance cette saison. Mais on s'en doutait, non ?

Les « Jaunards » ? Ils vont bien, merci pour eux. Les pauvres Montalbanais ont pris la foudre à « Michelin » : 37-16. l'ASM carbure à plein régime d'entrée. Je savoure à l'avance son prochain déplacement à Brive où, j'en suis certain, ils feront tout remporter le titre de champion du Massif Central. Les gens de Sapiac, eux, semblent être dans le même wagon de queue que leurs voisins Albigeois. Mais qui sait ? Ils vont recevoir des Castrais euphoriques. Là, on saura ce qu'ils valent vraiment...

Enfin, les Toulonnais ont terrassé en forts des halles un Racing coriace, mais pas encore vraiment au point si l'on se fie au nombre de fautes commises. Plus agressifs, les gens de la Rade n'ont pas réellement souffert sinon, comme leurs adversaires, de la chaleur. Mais attention ! Le RCT n'est -il pas en train de devenir « Van Niekerk dépendant»? L'apport moral de ce joueur exceptionnel est tel que lorsqu'il n'est pas là, Toulon semble claudiquer.

 

Le 17/08/2009

Analyse de la 1ère journée du Top 14

Hé, hé ! La victoire du C.O. à Biarritz a surpris tout le monde, sauf... moi.
Le rugby, contrairement au foot, n'est pas loin d'être une science exacte. Il exige de la rigueur, avec beaucoup de rigueur matinée d'un peu de... rigueur. Ajoutez-y du courage et un zeste de talent, une pincée de chance et pas mal de volonté, puis le désir de réussir ensemble (l'amitié, quoi !) et vous avez tout ce qu'il faut pour réussir de belles et grandes choses. La semaine dernière, j'écrivais : « Vous verrez, le Castres Olympique (...) joue aujourd'hui les modestes en se préparant en silence à frapper d'entrée en grand coup. Personne n'attend le C.O., voilà son meilleur atout ! » Kiséki avait raison ? Cela ne signifie, ni que Castres sera champion, ni que le B.O. finira en enfer, mais ceux qui, sur le forum du Castres Olympique, doutaient de mon pronostic peuvent aujourd'hui aller se rhabiller. Le Castres Olympique a gagné (24-12), point final. Et c'est bien tout sauf une surprise, points de suspensions. J'invite donc les supporters castrais à me payer une mousse lors de mon prochain passage à Pierre-Antoine. OK ?
Les Basques « piperade », c'est-à-dire ceux de l'Aviron, ont certes marqué, alors que le match était plié, un essai d'anthologie sur le terrain des champions de France. Mais en dehors de ça, rien de rien sinon, comme d'habitude, une grosse mélée (à moins que celle de l'USAP ait été particulièrement faible). Sans trembler, les Catalans privés, outre des internationaux, de plusieurs joueurs blessés, n'alignaient que huit titulaires de la finale. Ils ont mené le match à leur guise, sans trembler, grâce à un David Mélé époustouflant de classe et auteur de 17 points. Score final 28-19. Disons pour conclure que l'Aviron, en l'absence de Gower et Martin, a été plus décevant que l'USAP n'a convaincu.
Si je vous dis que Toulon-Stade français (22-22) fut une véritable bouillie, une purge, une punition, je suis encore en delà  de la réalité. Une rencontre à mille chandelles (et autant de maladresses) pour une nuit noire sur le jeu, les seuls éclairs venant d'une « pink familiy » vêtue de maillots « flashies » à souhait. Ah, oui, il y a eu Wilkinson ! Gueule d'ange et 17 points pour un match de rentrée, c'est pas mal, mais c'est un minimum. Il a sauvé des Varois d'une indigence totale malgré les efforts de l'accrocheur Mignoni, orphelins de Johann Van Niekerk et de Sonny Bill Williams, la perle des perles, tous deux « out of order », comme on dit dans leur patois. Le retour du petit Bastareaud l'espace de 20 minutes ? Encourageant, dirai-je. Depuis "l'affaire" dans laquelle j'ai le sentiment que ce garçon a plus agi par panique qu'avec préméditation, je l'ai plutôt pris en sympathie même s'il mérite un bon coup de règle sur les doigts. J'ai détesté qu'on le siffle comme un vulgaire délinquant qu'il n'est pas. Je ne voudrais pas passer pour un intello des troisièmes mi-temps, mais j'ai retrouvé une citation de l'écrivain russe, Alexandre Pouchkine : « La révélation de la bassesse ravit toujours la foule. Il est petit comme nous, il est vil comme nous ! » à méditer non ?
Brive n'a fait qu'une bouchée (30-9) de Montpelliérains apparemment venus en espadrille ramasser quelques cèpes de Corrèze. Les Héraultais ont été d'une insigne faiblesse face au Club des Anglais de Brive (CAB) qui alignait onze étrangers dans son XV de départ, ce que je trouve proprement scandaleux, une véritable injure faite au rugby français, n'en déplaise à Sébastien. Cela dit, il y a eu un match et la légion étrangère corrézienne a mis tous les atouts de son côté pour l'emporter, dominant de la tête et des épaules son adversaire du jour. La victoire (30-9) aurait pu encore être plus large tant les « men in black » ont vendangé d'occasions. Il paraît que Montpellier se réservait pour la venue de Perpignan, samedi prochain. On verra ! En attendant, les Brivistes qui ont pris le bonus, se retrouvent en tête du Top 14. Jusqu'à  quand ? Leur déplacement à Toulouse ce week-end permettra d'en savoir un peu plus.

Justement, les Toulousains, parlons-en. Qu'ils aient gagné à Montauban (17-16) n'est pas à proprement parler une surprise. Mais pour ce faire, il aura fallu qu'ils mouillent le maillot jusqu'au bout, qu'ils fassent preuve d'énormes qualités d'orgueil et d'une solidarité sans faille. Dieu que les Montalbanais leur ont mené la vie dure, s'accrochant à tous les ballons, les plongeant dans le doute, mais jamais dans le désespoir. Toulouse, là, s'est forgé un mental. Cette victoire, apparemment anecdotique, va, je crois, gonfler l'équipe. Attention, l'épouvantail est de retour ! Quant à Montauban, on souhaite bien du plaisir à ceux qui vont lui rendre visite au cours des prochaines semaines. Bienvenue à Sapiac. !
A une encablure de Montauban, Albi, qui recevait les quasi-milliardaires du Racing. La lutte était apparemment inégale. Les « émirs » l'ont évidemment emporté (19-13), les Tarnais auraient pu en faire autant. Le match s'est joué sur des détails, mais n'est-ce pas le lot de ce genre de rencontre ? Albi joue le maintien. « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà  perdu », dit un jour Bertolt Brecht demi d'ouverture des idées.

Enfin, nos braves « jaunards » sont allés enfoncer (38-27) un peu plus ce bon vieux CSBJ. Allez, tout est fait pour que les grognards de l'Isère rendent finalement les armes. L'ASM, n'y est pour rien elle qui, comme d'autres, puise régulièrement dans les forces vives de ce club exemplaire. Mais n'est-ce pas la loi du moment ? Non, les assassins potentiels sont Lyonnais et tournent comme des vautours autour du stade Gerland. Tout se ligue pour que disparaisse du Top 14 le célèbre et respecté maillot « bleu et grenat », fournisseur attitré du XV de France. Vous vous en foutez, braves gens? Pas moi.


Le 07/08/2009

Ca y est... C'est reparti ! La saison 2008/2009 fait désormais partie du passé, Perpignan en fut le triomphateur et personne ne s'en plaindra tant les Catalans ont apporté de fraîcheur dans le train-train du top 14.
On repart donc avec les mêmes et quelques autres. Toulouse d'abord, sempiternel favori, cette année plus que jamais. Montferrand, Paris, Perpignan, habitués du quadrille printanier. Biarritz aussi. L'un de ces cinq devrait être champion, n'en doutons pas. Derrière suivent les prétendants. Brive, Toulon, Le Racing (sur lequel nous reviendrons) et... Castres.
Commençons par le C.O., puisque nous y sommes. Trop mauvais l'an dernier pour que ce soit vrai, il a réussi ce que j'estime être le recrutement le plus intelligent du mercato qui devrait largement compenser le départ du sympathique Nallet dont j'ai du mal à être persuadé de la valeur internationale. Pour une fois, pas de noms ronflants, mais de vaillants soldats non dénués de talent. Je ne sais pas pourquoi, mais je suis absolument certain que le club tarnais va en faire baver plus d'un cette saison. Cabannes, Audrin, Diarra, Roland, Albouy et d'autres, ajoutés à des Tillous-Bordes, des Teulet, des Bourret, des Ducalcon, tout ça sent bon le terroir et le rugby de chez nous. Vous verrez, le Castres Olympique, animé par le duo d'entraîneurs Labit-Travers joue aujourd'hui les modestes en se préparant en silence à frapper d'entrée en grand coup. Personne n'attend le C.O., voilà son meilleur atout !
La saison qui débute verra, comme dans la ligue treiziste anglaise, les deux meilleurs qualifiés automatiquement pour les demies, Les quatre suivants disputant des barrages (des quarts ?) et étant automatiquement qualifiés pour la coupe d'Europe. Je vous parie une bouteille de Volvic pleine d'Armagnac que Castres fera partie du lot et pas dit que certains favoris y soient. Reste que le valeureux club tarnais aura du mal à tracer sa voie jusqu'au Stade de France. Son voisin toulousain dont l'effectif est monstrueux a, comme d'habitude, la faveur des pronostiqueurs. Comment n'en serait-il pas autrement ? David, l'espoir berjalien, Louis Picamoles, le N° 8 du XV de France, Yohan Maestri, le jeune de la Rade , et l'énorme pilier samoan Census Johnston viennent renforcer un effectif pléthorique désireux d'effacer la piètre saison dernière. Le Stade est au rugby ce que le Real Madrid est au foot, c'est-à-dire une démesure totale. Au point qu'on se demande si les « rouges et noirs » ne recrutent pas uniquement pour empêcher certains joueurs d'aller flamber sous d'autres couleurs. J'adore ce club et son histoire, c'est vrai, pourquoi le nier ? Mais j'avoue qu'une telle armada me met mal à l'aise. « Que voulez-vous, c'est le rugby pro d'aujourd'hui », me dit-on. Admettons, mais ça me gonfle grave.
Montferrand ? Comment imaginer que les "jaunards" vont réussir là  où ils ont échoué dix fois. Supporters auvergnats, croyez-moi, vous n'êtes pas au bout de vos peines ! Quand une équipe (un club) est à ce point liée à l'image et aux traditions respectables d'une entreprise comme Michelin, difficile de la voir se livrer à des pratiques et à des gestes susceptibles d'influer le cours d'un match. Si vous ne comprenez pas ce que je veux dire, revisionnez la finale... Le mal de l'ASM, c'est d'être chevaleresque là où il faudrait balancer. Pour gagner il faut des soudards, des corsaires (n'est-ce pas Greg Le Corvec ?), pas des mecs qui encaissent sans broncher. Il n'empêche, l'ASM sera là cette année, comme d'habitude, avec à la manœuvre le petit Parra. Cela suffira-t-il à apporter de la folie ? Hum, hum !
Perpignan ? Perpignan ! Carter a rejoint son île, laissant en Catalogne un merveilleux souvenir. Comme Mac Arthur, « il reviendra ». Pour le reste, rien, rien, rien et rien. Pas de recrue sinon un obscur pilier biarrot en mal de temps de jeu. Plusieurs jeunes montent en première et on annonce un seconde ligne "terrific" venu de sud-afrique dont le nom commence par un B et finit par un A (c'est une rumeur). Les champions de France, veulent confirmer. Mais il ne suffit pas de vouloir, on en conviendra. Que penser donc de l'USAP ? Le titre était-il un aboutissement ou marquait-il la naissance d'une vraie grande équipe? On sera vite fixé.
Tiens, voilà  le Biarritz Olympique dont je savoure avec délectation la future rencontre avec l'Aviron bayonnais. Les guerres fratricides sont les plus belles, surtout au Pays Basque où l'été en cours est rigolo quand quelques nationalistes s'en prennent aux golfs de Chiberta ou d'Arcangue (comme dirait Bashung, des « golfs pas très clairs »). Donc ça a pété sur les greens basques et ça va péter toute la saison en prévision des deux derbies. Le B.O. sera là, et bien là, parions-le, avec à sa tête le flamboyant Imanol qui me plait tant. L'Aviron? Lancé dans la course à l'armement, il est en train de perdre son âme (il n'est pas le seul, nous le verrons) au contraire de son public et de son chant religieux d'origine portugaise jadis orchestré par une fanfare bavaroise, j'ai nommé le « vino griego ». La piperade va-t-elle prendre à « Jean-Dauger » autour de « Crazy Dourthe », ce personnage de cape et d'épée qui aurait tant plu à Marguerite Yourcenar ? « Il faut toujours un coup de folie pour bâtir un destin, » dit-elle un jour de brume. Si oui, gare. Si non... Je n'ose même pas penser aux conséquences.
Le RCF « Rugby club Foncia" a lui aussi fait son marché et « Connaît pas la crise ! », redixit Bashung. De mes années parisiennes je garderai toujours en mémoire les dimanches après-midi d'hiver Jean-Bouin avec une bande de gamins qui n'était pas encore le « show bizz". Paparemborde, Gérald Martinez, Jean-Pierre Rives et quelques autres faisaient alors figure de moniteurs de colo. « Que reste-t-il de nos amours ? »... CHA-BAL, putain ! On est passé de Molière à Dany Boon . Comment voulez-vous, braves gens, que je me passionne pour le club du département le plus riche de France et d'Europe et qui entend prendre à la « pink family » du bon Max le bouclier de champion d'Ile-de-France. Et puis comme prince de l'humour, avec Berbizier on repassera... Sectaire Demelin ? Ben oui... Et ce n'est pas fini. Car le pire est à venir. Prenez le Club des Anglais de Brive (CAB) où il y aura au moins douze étrangers dans le quinze de départ. Ahurissant ! Inconséquent ! Prenez encore ce bon vieux RC Toulon qui va finir, je le redoute, en rade avec le plus rasoir des demis d'ouverture qu'un certain Serge Betsen fit un jour pâlir de crainte.. Vous voyez tous ce que je veux dire, pas la peine d'épiloguer...
J'en reviens à « Paris". Le Stade français sera là cette année encore et ira gagner à Colombes chez son encombrant voisin du Racing. Voilà au moins une certitude. Ensuite je vous parie un café au Régent (ou ailleurs) que l'un des demi-finalistes du championnat jouera en rose. Tout cela pour dire que l'armada de Jean-Bouin n'est pas morte et qu'elle va nous bouffer cette saison à l'orgueil. Vous en doutez ? Vous avez tort... car toute l'histoire moderne de ce club l'annonce.
« Et Montpellier ? » me direz-vous. Je suis partagé entre le « bof ! » et le « hé, hé ». Avec le MHRC, on ne sait jamais. Il y a du bon dans le chef-lieu de l'Hérault, notamment des jeunes. Mais l'équipe nous a habitués à tant de sautes d'humeur les années précédentes que j'ai du mal à lui faire totalement confiance. Comment va se passer l'après Picamoles ? A mon avis plutôt bien. François Trinh Duc et Fulgence Ouedraogo vont-ils continuer à porter l'équipe sur leurs épaules ? Evidemment oui ! Pour le reste, nous verrons. Montpellier, soit dit en passant, qui se cherche une spécialité culinaire propre. Cela n'a rien à voir avec le rugby, c'est vrai, mais si vous avez des idées, on transmettra.
Reste trois, Bourgoin, Montauban et Albi, promis, dit-on, au cassoulet en boite. A vrai dire quand on voit les moyens déployés ci-dessus, on se demande lequel va sauver sa peau. Franchement, j'aimerais me tromper, car je ne leur souhaite aucun mal. Mais ce sera dur... Il y a hélas de moins en moins de place pour les petits dans ce championnat de « muerte ». Montauban et Albi, dans la logique du rugby business, sont des noms qui ne font pas très sérieux quand ils apparaissent sur des panneaux de résultats télévisés. Et pourtant ! Bienvenue à Sapiac ! Bienvenue chez Béchu, sous la plus belle cathédrale du Midi ! Vous y serez bien... reçus par de jeunes troisièmes lignes pétulants avides de croquer dans la star, par des piliers petits et gros, forts comme des taureaux. Juste un mot pour finir, sur Bourgoin et ses merveilleux supporters : un grand prédateur lyonnais guette la première faiblesse du CSBJ pour en faire une bête à O.L...asse. Ca en sera alors définitivement fini de « notre » rugby... Et cette chronique n'aura plus lieu d'être.

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EDITOS SAISON 2008/2009

 

Et bien on l'a notre champion, et mon Dieu qu'il est beau.

La Catalauvergne a accouché d'un joli bébé et M et Mme Rugby sont heureux de vous annoncer sa naissance.
Je vous l'avais dit la semaine dernre, Montferrand avait tout pour gagner. Tout, tout et tout. Sauf que l'USAP avait pris en main son destin et qu'elle y croyait. Voilà plusieurs semaines que je vous parle de la « Mano de Dios », l'hymne à Maradona lancé par un chanteur argentin, Rodrigo Rodrigo, fauché accidentellement il y a neuf ans plongeant l'Argentine dans l'affliction. C'est « papy » Bozzi, l'antique pilier argentin de l'USAP, 36 ans, passé par je ne sais combien de clubs, homme de coeur et d'intelligence, qui a imposé cette chanson dans le vestiaire catalan pour en faire le panache blanc d'une sensationnelle épopée en « sang et or ». Je vous ai dit comment l'équipe s'était soudée autour du pari insensé de ce sans-grade de notre championnat.
C'est lui qui a Paris, il y a un an, avait sorti l'équipe du trou dans lequel elle était plongée pour, à partir de quelques jolies bouffes , la remettre sur les rails. On avait pointé un doigt sur Porcu, c'était Bozzi qui partage avec le patron du « Régent », le bar de Torreilles, un crâne dépourvu du moindre cheveu. Je vous avais dit encore la semaine dernière, « Cuidado », comme cela se prononce à Buenos Aires, « Attention !», les Catalans sont très forts dans leur tête.
« Marado, Marado » scandaient les supporters catalans ivres de bonheur dans un stade de France « feudartifica ». Car c'est bien de ça qu'il s'agit aujourd'hui. Le triomphe de l'USAP, c'est d'abord celui d'un vrai groupe, d'une quarantaine de potes, jeunes et moins jeunes, animés par un pari insensé. Ce triomphe apporte une singulière bouffée d'oxygène au rugby hexagonal empétré dans des schémas tactiques à trois sous.
La fraîcheur catalane a démontré à tous les amoureux du rugby à la française qu'il y avait encore de l'espoir. Voilà la grande leçon de cette finale épatante qui a vu l'ASM s'enfoncer peu à peu dans la galère.
Il n'y a aucune star à l'USAP. La seule qui peut se prévaloir de cette qualité est Dan Carter, immobilisé depuis janvier par une vilaine blessure.
Mais la « mano de Dios », c'est lui. Il a persuadé l'équipe qu'un joueur de rugby en valait un autre et qu'il y avait aucune raison pour qu'un Catalan ne soit pas aussi bon qu'un Néo-Zélandais. Daniel Carter, même s'il n'a joué que cinq matches sous le maillot « sang et or », a eu toute sa part dans la conquète du « planxot ». Une belle histoire humaine s'est ainsi écrite autour du stade Aime-Giral cette année.
Albert Einstein, qui ne fut assurément pas un grand demi d'ouverture, soulignait « Nous aurons le destin que nous aurons mérité ». Que les amis de l'ASM méditent ce propos, eux qui sont encore une fois passés à côté de leurs pompes. L'écrivain auvergnat Alexandre « le grand » Vialatte, probablement supporters de Montferrand, prétendait ” et il avait raison ” que « La confiture n'est bonne que s'il faut monter sur une chaise pour attraper le pot dans le placard. » Les Catalans avaient une échelle, les « jaunards » étaient sur la pointe des pieds. La confiture est allée aux plus gourmands ! Normal.
J'ai de la peine pour la famille montferrandaise, digne, sportive, bien éduquée et pleine de noblesse. J'invite tous les supporters du monde à prendre exemple sur le peuple en « jaune et bleu », si triste aujourd'hui. Je lui souhaite maintenant tout le bonheur du monde...
Maintenant que j'ai eu le mien...

Enfin, je ne pouvais pas terminer sans dire tout haut ce que je pensais bien bas depuis longtemps : Les Toulousains sont de bien grands benêts pour avoir offert Maxime Mermoz aux Catalans. D'un diamant brut l'USAP a fait un bijou exceptionnel. Je ne sais pas si Sénê que avait raison quand il disait que « L'erreur n'est pas crime ». Peut-être pas un crime, mais en l'occurrence une grosse connerie !

Allez, voilà  un bel été qui s'annonce.

Je vous embrasse...

 

 

Ce sera donc la finale que je souhaitais : ASM-USAP. Le match de la France profonde du rugby. Exit donc la "pink familiy" et la "maison noire". Bon débarras, jusqu'à  l'année prochaine...
Les "jaunards" seront donc les immenses favoris. Plus complets, plus surs de leur rugby, ils ont des joueurs de classe internationale à tous les postes, notamment en première ligne avec l'infernal trio Scelzo-Ledesma-Domingo. Des types énormes qui donnent à la mélée auvergnate une assise que n'avaient pas les Toulousains, que n'a pas l'USAP ou plutôt qu'elle n'a plus depuis quelques mois. Ajoutez à cela un Bonnaire hors norme, un Cudmore terrific, un Mignoni retrouvé, un Brooke James au sommet, un Nalaga en arme fatale et un Aurelien "le grand" en figure de proue. Expliquez-moi, alors, comment l'AS Montferrandaise pourrait perdre une finale qu'elle n'a jamais gagné en neuf participation ? Car toutes les séries ont une fin, y compris les mauvaises.
Très franchement, je ne vois pas, à moins d'une intervention céleste. Et c'est là   où le surnaturel vient mettre un mauvais épice dans la bonne potée mitonnée au pied du Puy "Anquetil-Poulidor".
Je vous l'ai dit, le vestiaire catalan a choisi comme hymne "La mano de dios" ( http://www.youtube.com/watch?v=XCs5qFCm9-U ), folle chanson en hommage à Diego Maradona. "La mano de Dios" c'est la part de chance qui vous change un destin, comme cet arbitre qui ne voit pas que le petit Porical a mis un pied hors de la ligne de ballon mort lorsqu'il marque un néanmoins superbe essai. L'USAP, six titres de champion dont le dernier en 1955, huit finales perdues dont la dernière en 2004, semble cette annèe avoir une arme exceptionnelle susceptible de pallier l'absence de Dan Carter :
la chance. Certes Jacques Brunel a transformé le jeu des Catalans qui apportent désormais un brin de folie dans leurs actions. Mais soutenu depuis plusieurs mois par la réussite, le groupe catalan croit en sa bonne étoile.
Quoi qu'il en soit, ce sera" hot, caliente, chaud" samedi soir au Stade de France. Les deux publics qui vont se croiser et, je l'espère, communier, sont capables de donner un véritable souffle à cette enceinte qui se languit depuis la finale de la coupe du monde 98. Je fais simplement un voeu : que l'intolérable speaker respecte tous ceux, d'Auvergne comme de Catalogne, qui vont se priver de vacances, pour assister à la fête. Qu'il se taisent enfin cet abominable personnage dont notre culture rugby n'a que faire, qu'il laisse les gens chanter, siffler, huer, rire ou pleurer. Et surtout qu'il ne donne pas aux battus l'impression qu'ils ne sont rien. Que cette "branchouille parisienne mondialisée" comprenne enfin que ce n'est ni un match de foot, ni
un concert de Johnny, mais les retrouvailles, après des années de séparation, de la vraie famille. Vive Clermont, vive l'USAP, vive la Catalauvergne, vive le Saint-Nectaire, vive le vin de "Força Real" de mon pote Henriques et vive la vie...



Vous aimez le sport ? Et particulièrement le rugby ? Alors je vais vous faire baver d'envie ! Un stade plein, une ambiance formidable, des familles, des vieux, des jeunes, des couleurs, la Marseillaise avant le match reprise en choeur, une bonne humeur générale, aucun quolibet déplacé, du soleil, des maillots blancs, des maillots noirs, un bon arbitre, quelques grands anciens, des écoles de rugby, pas d' agressivité dans les tribunes, de jolies majorettes baptisées "pom pom girl" et de beaux joueurs. J'ai assisté samedi au meilleur moment de sport qu'il m'ait été permis de voir cette année. Des essais en ribambelle, des plaquages venus du bout du monde, des relances, des attaques en lignes, des interceptions. Une immense joie de vivre. Ne cherchez pas : aucun journal n'a relaté ce moment de grâce que fut la finale du championnat de France Elite de rugby à XIII. Lézignan l'a emporté sur Limoux 40 à 32 et c'est anecdotique. Un public (plus de 11.000 spectateurs) debout pour célébrer vainqueurs et vaincus. Le pied absolu ! Mais personne n'en parle ni n'en parlera. J'enrage de voir la conspiration du silence qui entoure ce sport admirable en rien concurrent du XV (que j'aime autant). A tous ceux qui apprécient le rugby je souhaite de passer un jour un aussi bon moment que celui que j'ai vécu samedi.
Mais je m'égare ! Revenons à nos moutons... Le week end qui s'annonce nous donnera les finalistes du championnat de France. A ma gauche Toulouse ou Montferrand, à ma droite Paris ou Perpignan. Pour une certaine idée du rugby, mon choix est fait : je souhaite de tout coeur une finale entre Auvergnats et Catalans, un bon petit match entre "paysous" , entre "ploucs" comme les insupportables speakers du Stade de France les considèrent.
Les "jaune-et-bleu" contre les "sang-et-or", deux publics qui s'apprécient et se respectent, le Puy "Anquetil-Poulidor" contre le Canigou, les volcans contre la Méditerranée... C'est autre chose, convenez-en, que la Garonne et la Seine... Le problème c'est que Toulousains et Parisiens sont tout à fait capables de se retrouver en finale. Et il n'y aurait rien à dire. Alors j'adresse cette prière "Bon Dieu du rugby, vous qui avez multiplié les pains, marché sur l'eau, prêché sur la montagne (pas le journal), vous qui aimez les simples, faites que votre royaume leur soit ouvert. Faites que votre dévoué serviteur, Saint-Nectaire, soit honoré (encore un saint) avant la finale de Paris avec un peu de pain frais, du beurre et une bouteille de rosé. Et vous qui aimez tant les escargots, c'est promis, nous vous en ferons griller une cinquantaine devant la Tour Eiffel. Amen !".
Amis, répétez cela cette semaine tous les soirs avant le diner. Et vous verrez, ça va marcher.
En attendant Albi et Oyonnax se disputeront l'accession au top 14. Parce que j'aime beaucoup Jean Lapoujade qui gère le bistro de demidouverture.com, j'aurais apprécié qu'Agen sorte de la galère. Mais il n'a rien fait pour (pas Lapoujade, le SUA). C'est donc qu'il ne le méritait pas.
La "fausse finale" de Pro D2 opposera donc deux des équipes les plus pénibles du rugby français. Deux pack à l'ancienne, avec des piliers qui ressemblent à des piliers, des deuxième lattes qui distribuent, des troisièmes lignes qui donnent, des ouvreurs qui enquillent. L'antithèse, donc, du Racing Club Foncia. Et l'année prochaine je souhaite bien du plaisir à   tous ceux qui iront en bombant le torse tenter de grapiller des points dans le nord du Tarn ou dans l'Ain. Re-amen.


Michel DEMELIN

 

Analyse de la 25ème journée du Top 14

Grand et beau est le B.O. vainqueur du Stade Français à Jean-Bouin (16-12). Assurément les Basques chics constituent la meilleure équipe du moment et sans un début de saison catastrophique ce n'est pas pour l'Europe qu'ils joueraient aujourd'hui, mais bel et bien pour le Bouclier.

Comme celle de Perpignan il y a quelques semaines, la mêlée de la "pink family" a été moulinettisée, déchirée par un pack en béton armée dont nous citerons pour l'exemple ce formidable pilier gauche qu'est Barcela, incontestable révélation française de l'année. Que les Parisiens se rassurent ou se consolent : personne en France n'aurait battu, dimanche soir, le Biarritz olympique. Le voilà désormais européen ce que, vous en conviendrez, j'annonçais depuis plusieurs semaines. Paris a quinze jours pour se refaire la cerise. La bête est blessée, elle n'en est que plus dangereuse.


"Parce que Toulon..." et point final. Les fils de la Côte ont envoyé froidement Dax (22-12) se faire cuire quelques œufs brouillés en Pro D2. Jamais les Landais n'ont donné l'impression de pouvoir inverser le sort. Toulon était plus fort. La pauvre U.S. Dax n'avait que son (grand) courage à opposer, car au rugby, le plus faible ne l'emporte jamais. Maintenant, je vais vous dire : ce qui arrive aux rouges-et-blancs était prévisible. Je n'ai rien contre eux, mais leurs dirigeants n'ont jamais été capables de doter ce club prestigieux d'infrastructures dignes de ce nom. C'est peut-être dommage, mais aujourd'hui le rugby ne peut plus se contenter d'une bonne « banda » et de quelques anciennes gloires dans les tribunes pour meubler un compte en banque. Dax est à sa place en deuxième division. Comme l'est Mont-de-Marsan qui a pris la foudre à Montferrand (66-3). Les « Jaunards » (qui reçoivent Dax samedi prochain) n'ont pas fait dans le détail, marquant 10 essais. Nous n'en dirons pas plus, tant il y a un univers entre les deux clubs. Donc silence…

Le Cercle des Anglais de Brive (C.A.B.) a battu Montpellier (28-18), mettant fin à une série de trois défaites de rang en championnat. Les Languedociens étaient venus en espadrilles passer un bon moment et, s'ils le pouvaient, titiller l'adversaire du jour. Mission accomplie : Ils ont marqué deux essais n'en concédant qu'un seul. Selon Ugo Mola, leur entraîneur, les Corréziens ont même été « catastrophiques ». Mais ne le sont-ils pas depuis un certain temps ? Avec cette victoire le C.A.B. se croyait relancé dans la course à l'Europe. Mais en l'emportant chez Maxou, le B.O. l'a remis à  sa place. Seul un échec de Bourgoin en finale de la petite Coupe d'Europe pourrait indirectement sauver la saison du C.A.B. en le propulsant en H Cup la saison prochaine. Mais, évidemment, personne, en France, ne souhaite la défaite d'un club français en finale d'une coupe d'Europe. N'est-ce pas M. Sébastien ?


Ah Bayonne ! Les Basques "piperade" battus par Toulouse 12-9 à Jean-Dauger, sont à leur place. J'ai toujours affirmé ici que l'Aviron et Brive version 2009 n'étaient que des tigres en papier. Les bleus-et-blancs ont, c'est vrai, du courage, de la valeur, mais il leur manque un brin de talent à des postes... charnières et c'est leur problème. Une bonne petite équipe, mais sans plus, bien moins joueuse, par exemple, que Montauban ou Montpellier, largement en dessous de Castres au niveau physique. Et quand en plus la connerie s'en mêle comme celle de Linde, leur grandasse de seconde ligne sud af, jouant à la main la pénalité du match nul à 10m des poteaux toulousains, on se dit que les choses étaient écrites. Sans être transcendants, les Toulousains l'ont emporté à l'ancienne. Les futurs ex-champions de France ne sont pas dans leur assiette. Disons même qu'ils le sont de moins en moins, mais ils se sont extraits sans trembler ( à la Biterroise allais-je dire ) du piège basque.


Tiens, puisqu'on parle de Béziers... Putain de saison ! C'est pour moi l'information majeure de l'année rugby : l'A.S.B. ira en Fédérale. Et tout le monde s'en fout... Les Biterrois, c'est vrai, l'ont un peu cherché, mais franchement une équipe capable de livrer une « générale » de folie comme elle le fit il y a quatre ou cinq ans contre les Catalans mérite respect, admiration, sympathie. Allez donc voir sur « You tube ». Un délice, un bonheur, un chef-d'œuvre et l'arbitre le plus nul qu'il ait été donné de voir dans le championnat depuis la libération de l'Alsace en 1918. Confucius, trois quart centre de l'aphorisme, dit un jour à un de ses copains autour d'un bol de riz, "Notre plus grande gloire n'est point de tomber, mais de savoir nous relever chaque fois que nous tombons." Oui, l'A.S.B. reviendra... Comme le Racing Club Foncia (R.C.F.) vient de revenir. Parlons-en de ce Racing... Dire que pour fêter ça « ils » ont osé arborer le nœud papillon rose des plus grands déconneurs de la planète rugby. Mais je m'égare ! Je crois pourtant que je vais détester le grand club devenu agence immobilière dans le plus riche département de France. Vous allez dire que je me contredis, accusant les
gens du 92 de faire ce que je reproche aux Dacquois de ne pas faire. Je laisse ce cher Jules Renard répondre à ma place, lui qui dans son « Journal » écrit : « Si, au lieu de gagner beaucoup d'argent pour vivre, nous tâchions de vivre avec peu d'argent ? » Tout est dit... Allez Max, on est avec toi ! L'esprit "show biz", on le trouve désormais du côté de Jean-Bouin...

Castres, clopin-clopant, est allé à Bourgoin, a montré ses muscles puis est reparti déconfit. Le scenario est connu. Le C.O. va gagner la palme de l'équipe la moins fineaute du championnat. Battus 31 à 23 (3 essais à 2), les Tarnais n'ont pas été au bout de leurs intentions comme tant de fois cette saison. Bourgoin assure son maintien en Top 14 et peut ainsi préparer sa finale du Challenge européen dans la sérénité. C'est bien et ça me plaît pour le fan club de Pierre-Rajon, pour la région lyonnaise qui mérite une équipe de valeurs (avec un "s") et pour mes potes du Creusot. Franchement, je n'imaginais pas un top 14 sans le CSBJ. Quant à mes amis de Castres je leur dis : "Rendez-vous vendredi soir à la Cocina ou au Brazil pour l'apéro".

Et Perpignan dans tout ça ? Tranquille, peinard, répétant ses gammes, faisant de la muscu, creusant les insondables mystères de la mêlée. Les Catalans ont fait du chanteur argentin Rodrigo la star de leur vestiaire avec "La mano de dios", l'hymne en honneur de Diego Armando Maradona. Là encore, allez écouter sur internet ( http://www.youtube.com/watch?v=XCs5qFCm9-U ) et vous comprendrez. C'est chaud caliente et les joueurs en sont fous. C'est autre chose que le chant religieux des Basques « piperade » ou que le "pilou pilou". Vous comprendrez pourquoi cette équipe catalane
qui ressemble comme une sœur à l'équipe d'Argentine de la dernière coupe du monde, sera peut-être championne de France. Samedi, elle a battu Montauban sans forcer (19-6), sans bien jouer, en faisant plein de fautes de mains, mais en rigolant. L'USAP c'est, cette année, le rugby rigolard d'une bande de potes qui croient que rien ne peut leur arriver car Dieu (Maradona ?) est avec eux. Et avec ça, mes amis, on peut aller loin, loin, loin.

 

Analyse de la 24ème journée du TOP 14


Je suis allé voir le match USAP-ASM. Beau temps mais venteux (marinade), voisins sympas, petite bière à la fin manière d'attendre l'apéro. A midi les anciens des deux clubs s'étaient retrouvés autour de Jean-François Imbernon et de Jean-Pierre Romeu pour un de ces grands moments dont seul le rugby a le secret. Le "Grand" et le "Gaulois" (ils se téléphonent une fois par semaine) sont les meilleurs amis du monde. Avec tous leurs potes, héros de tant de "taquineries", ils ont préparé avec le plus grand sérieux le match de l'après-midi avec quelques escargots grillés et des côtelettes du même acabi le tout parfumé d'aioli avec un petit rouge concocté par Pierre-Henri de Lafabrègue.
Peut-être me trompe-je, mais j'ai l'impression qu'il existe une belle complicité entre les deux clubs. En tous cas, le respect est évident. Et tout ça me va... Donc Aimé-Giral en fusion mais la tête à la demie-finale s'est régalé de cette rencontre sans enjeu. Plus tôt dans la semaine, passant à Clermont-Ferrand, j'avais fait un détour par Michelin (le stade) où je n'avais pas mis les pieds depuis des lustres. "Beau mais brumeux" avait dit la météo locale. Bien vu... au point qu'on devinait à peine la silhouette du "Puy Anquetil-Poulidor" coiffé de son bonnet bigouden incongru en terre auvergnate, qui paraît-il permet de voir la télévision. Tout ça pour dire que, pour moi, Clermont ne sera jamais Clermont mais toujours Montferrand.
Vive l'ASM, donc !
Revenons au match ! A une première mi-temps insipide dominée tactiquement et techniquement par les "jaunards" allait suivre une seconde qui en dit long sur le potentiel des Catalans. Alors qu'on les croyait KO, la tête au fond du saut, menés 16-6 après un essai assomoire de Russell, ils refirent surface. Et de quel manière ! A la façon de Carlos Monzon lors du fameux match de Monaco contre Valdès, ils encaissèrent d'abord puis assénèrent une série de crochets à la face qui acculèrent l'ASM dans les cordes. Samedi, Montferrand a terminé aux taquets, sur les rotules, lessivée. La victoire (20-16) des Catalans ne fait peut-être pas plaisir à tout le monde, mais elle en dit long sur leur force moral, j'allais dire Gaullienne. Cette équipe sait ce qu'elle veut. Gare à elle...

"Paris est magique" disent les supporters du PSG. Ah l'heureuse époque où j'amenais mon fils de 5 ans au Parc, tranquille comme Baptiste... Mais nous ne sommes pas là pour parler foot et, d'ailleurs, depuis il soutient le "Barça". Oui, Paris est magique quand joue Hernandez. D'un grigri il a envoyé le C.O. se faire cuire un oeuf. Castres, trop gros, trop lourd, trop con... Tout est dit. Avec deux poils de jugeotes les Tarnais l'auraient emporté. Sauf que le vent d'Autan, celui qui rend fou, leur a fait perdre la tête. Avec "el mago" en face, c'était rédhibitoire. Résultat : 21-16 pour la "pink family" qui peut d'ores et déjà préparer sa demi... Quant au C.O., le voilà est condamné à serrer les fesses jusqu'à la fin même si je ne suis pas terriblement inquiet pour lui. Au programme un déplacement "terrific" à Bourgoin et la réception de l'USAP. Sympa non, avant de partir en vacances ?

A Toulouse, où l'on se prépare à renvoyer le Bouclier à la FFR, on a fait des adieux mitigés à   Fabien Pelous. Le voilà  le héros du jour, 300.000 fois sélectionnés avec les bleus et qui va désormais partir en retraite. Des Berjaliens sans complexe ont bien failli gâcher la fête ne s'inclinant que 6 à 13 dans les dernières minutes. Tant mieux pour l'ancien joueur de Graulhet qui n'aurait pas mérité de quitter les Sept-Deniers sur une note triste ! Mais le Stade n'est pas dans son assiette, c'est le moins qu'on puisse dire. La faute à quoi ? A qui ? Au calendrier comme le rabache Novès? Si ça peut lui faire plaisir... Juste une question perfide, comme ça en passant : Pelous vous en pensez quoi ??? Etait-ce un "grand" ou a-t-il tout simplement profité de l'absence flagrante de bons secondes lattes en France depuis dix ou quinze ans ?

Biarritz européen ! Je vous le disais depuis des semaines, le B.O. va sa qualifier. Vainqueurs de Toulon (19-12), les "Basques chics" sont désormais cinquièmes. Face aux Varois, ils ont obtenu leur quatrième victoire consécutive ce qui n'est pas rien car je considère les Toulonnais comme une des cinq ou six meilleurs équipes françaises du moment, devant, dans l'ordre, Brive et Bayonne notamment.

Brive a échoué à Montauban (15-10) où Dax s'était imposé la semaine dernière.

Bayonne a perdu à Montpellier (20-11) face à une équipe qui n'avait rien à perdre ni à gagner. Pour terminer le Club des Anglais de Brive reçoit Montpellier et va à Bourgoin. Les "Basques piperades" eux, reçoivent Toulouse et le Stade français. Le B.0. ? Il va à Paris et reçoit Montauban. Qui sera européens ?

Le derby landais, enfin, fut nul, nul et nul. Les Montois ont prix un dernier coup de pelle dans la gueule (12-8). Les Dacquois peuvent rêver, ce qui ne coûte rien. Ils ont trois points de retard sur Bourgoin, cinq sur Toulon, six sur Castres. Ils reçoivent Toulon puis vont à  Clermont (déjà  qualifié). Ont-ils raison de rêver???

 

 

Analyse de la 23ème journée du TOP 14

Encore trois journées et on en aura fini de la phase dite régulière du top 14 2008/2009. Autant le dire, ça commence à traîner en longueur, mais faut s'y faire. Il n'y a que le rugby pour affirmer cette incroyable vérité : match perdu = leader au classement. C'est d'un ridicule consommé. Car en perdant à Biarritz tout en prenant un point de bonus défensif, les Catalans sont désormais leaders du Championnat de France.
Je peste sans cesse sur ce fameux bonus ! Depuis qu'il a été instauré, il n'a strictement rien changé au destin du top 14. Je m'amuse chaque année à retrancher ces points glanés au fil des mois par les uns ou les autres et à recomposer ainsi une hiérarchie. Croyez moi, aucune équipe n'a eu à souffrir ou à se réjouir de ces cadeaux démagogiques offerts en leur temps par des dirigeants qui croyaient innover, mais qui ne faisaient que reprendre une idée, vite abandonnée d'ailleurs, par le football dans les années 70. Vous allez dire que je râle pour peu de chose. Je vous l'accorde. Mais je suis râleur de nature.
Venons-en aux faits.
TOU-LON ! Les « pilou boys » ont renvoyé les Toulousains à leurs études (14-6) devant les 60.000 spectateurs du Stade vélodrome. Et c'est mérité. Les ex-champions de France, malgré quelques fulgurances, ont été battus par un commando parfaitement préparé, pas vraiment génial certes, mais très volontaire. Et puis quand dans un stade habitué aux niaiseries footeuses des supporters de l’OM retentit la « Coupo santo», l’hymne provençal qui contrairement à un autre n’est pas un chant religieux importé du Portugal et mis en musique par une fanfare bavaroise. Bref quand retentit la « Coupo santo », j’ai le cœur qui baigne d’allégresse. Écoutez comme c’est beau : « Coupo Santo / E versanto, vuejo à plen bord, / Vuejo abord lis estrambord / E l'enavans di fort ! » (pour la traduction, allez voir sur Google !). Et Jerrie Colins, dont on dit qu’il a découvert le Pastis sur la Rade, s’est soudain pris pour Mistral ou Giono.
Avez-vous vu, encore, la passe magique de Sonny Bill Williams libérant l’espace à Luke Rooney ? Il n’y a qu’un treiziste de sa classe pour réussir ce tour de magie. Bref, ces Toulonnais m’ont emballé. Quant aux Toulousains, hum, hum. Comme dirait l’autre, ça pourrait sentir le paté...
USSSSSSAP!!! Et vlan, voilà les Catalans en tête sans avoir rien fait pour y être. Biarritz, qui finira européen, l’a gentiment emporté (12-10) face à une USAP qui n’a pas vraiment tout donné pour l’en empêcher. Les Catalans se préparent pour des rendez-vous autrement plus importants (ils n’ont, par exemple, pratiquement pas travaillé la mêlée depuis janvier), tandis que les Basques sauvent leur saison en revenant à tombeau ouvert sur des équipes qui se voyaient grandes alors qu’elles ne sont que moyennes. Le B.O. terminera donc probablement cinquième, ce qui est logique.
Et Bayonne ? Et bien, l’Aviron n’a fait qu’une bouchée de Bourgoin (61-10). Visiblement les Isérois étaient venus en camping-car plus soucieux de passer un bon moment dans la douceur du Pays Basque qu’à disputer une rencontre de rugby. En un mot, le CSBJ sauvé des eaux n’en avait strictement rien à foutre. Du coup Bayonne se retrouve cinquième au classement avant d’aller à Montpellier et de recevoir successivement Toulouse et Paris. (Son principal rival, le B.O. reçoit Toulon, va à Paris et accueille Montauban). J’ai déjà dit que l’Aviron terminerait derrière le B.O., je persiste et signe...
Le Club des Anglais de Brive (CAB) a pris, comme prévu, une pâtée auvergnate. L’ASM, sur un cylindre et en regardant passer les pigeons, a passé 52 points à son vieux rival. Rien à dire ! Si Montferrand se marre bien, le CAB fait la gueule alors qu’il est à sa place. Il va devoir maintenant aller se coltiner Montauban à Sapiac, recevoir Montpellier et se rendre le dernier jour à Bourgoin. Et vous dites quoi ? Qu’il va se qualifier pour l’Europe ? Les paris sont ouverts. 1er prix : un voyage en bateau-mouche sur l’Arros, cette merveilleuse rivière qui traverse Plaisance-du-Gers, perle gasconne dont
l’équipe (elle organise son prochain loto le 5 juin) joue en jaune et noir... Comme Mont-de-Marsan.
Ah ces Montois ! Figurez-vous qu’un pied dans la tombe ils viennent de couvrir de ridicule les Castrais de mon pote Alain Gaillard (21-15). Je disais il n’y a pas longtemps que le C.O. était l’équipe la plus bizarre du “top14”. Moi qui ai rarement tort je n’avais jamais eu autant raison. J’en suis malade pour mes copains de Castres qui ne comprennent plus rien à rien. Mais à force d’embaucher des gens des iles, le C.O. a perdu son âme. Vous vous souvenez de José Diaz, deux sélections en équipe d’Espagne, redouté comme la peste sur tous les terrains de Navarre et de France ? C’était ça le C.O. : Diaz, Urios, le « Boulon», Swiadek, Bourdet, Toussaint, Pagès, Carminatti et un ilien, un seul, Gary Whetton. Là, c’est la Scala sans la Callas, Hollywood sans Marylin, Liverpool sans les Beatles ou Bruxelles sans les frites. Aujourd’hui c’est le grand circus sans magie et Jean-Philippe Swiadek, le président, parle de « faute professionnelle.»
Justement, la magie on la cherche à Paris depuis que le mage Hernandez a perdu son tour de main et, surtout, quand il n’est pas là. Le Stade français en a vue des roses et des pas mûres pour battre Montpellier le futur (?) club de son ex-entraineur, Fabien Galthié (24-15) Et oui, le speaker de la deuxième chaîne pourrait poser ses pénates du coté du Lez, pas loin de Palavas. Ce n’est pas fait, certes ! Mais vous admettrez que j’ai été le premier à annoncer que Galthié pourrait atterrir en Languedoc, ce qui, entre nous, ne me fait ni chaud, ni froid. Cela dit, j'ai le pressentiment que la « pink familiy» nous prépare un printemps d'enfer. Pas vous ?
Enfin l'U.S.Dax a décroché le pompon en l'emportant à Montauban (20-15). A force de flirter avec la victoire, les Landais ont fini par l'embrasser, faisant honneur à leur maillot et à leur entraîneur Thomas Lièvremont. Le week end prochain, ils vont jouer la finale du Bouclier des Landes contre Mont-de-Marsan. Le match de l'année pour toute une région, un bon moment de rugby à l'ancienne avec repas d'avant-match (salade landaise, foie gras, chapon, fromage ET dessert, vin de Madiran ou, plutôt, de Saint-Mont, café, Armagnac). Alabaladejo fera la bise à Dédé Boniface avant de monter dans la tribune. Tous les deux se souriront, penseront émus à leurs frangins démantibulés dans une carcasse de voiture, il y a si longtemps.
Antoine Blondin viendra, s'il le peut, boire un demi après le match. On parlera ensuite de Luis Ocana, des frasques de Berilhe ou d'Hillcock... C'est si beau de rêver...

 

 

Les résultats de la 23e journée

 

RC Toulon-Stade toulousain : 14-6
Montferrand - CA Brive : 52-7
Stade Montois -  Castres Olympique : 21-15
Stade Français - Montpellier : 24-15
Aviron Bayonnais - CS Bourgoin-Jallieu : 61-10
Biarritz Olympique - USA Perpignan : 12-10

Classement
1 - USA Perpignan : 79 pts
2 - Stade Toulousain : 79 pts
3 - Clermont Auvergne : 72 pts
4 - Stade Français : 72 pts
5 - Aviron Bayonnais : 61 pts
6 - CA Brive-Corrèze : 59 pts
7 - Biarritz Olympique : 58 pts
8- Montauban : 48 pts
9- Montpellier HRC : 46 pts
10 - Castres Olympique: 42 pts
11 - RC Toulon : 41 pts
12 - CS Bourgoin-Jallieu : 39 pts
13- US Dax 29 pts
14 - Stade Montois 28 pts

Prochaine journée
USA Perpignan - Clermont Auvergne
Castres Olympique - Stade Français
Montpellier HRC - Aviron Bayonnais
US Dax - Stade Montois
Biarritz Olympique - RC Toulon
Stade Toulousain - CS Bourgoin-Jallieu
Montauban - CA Brive

Analyse de la 22ème journée du TOP 14


Stade Français- Montferrand: 19-21
USAP- Mont-de-Marsan : 44-3
Montpellier-Castres : 21-23
Toulon- Montauban : 33-20
Brive-Toulouse:10-42
Bourgoin-Dax: 43-6
Bayonne-Biarritz : 15-19



Voilà, les jeux sont faits ou quasiment : Toulouse, Perpignan, Paris et Montferrand joueront les demi-finales, Dax et Mont-de-Marsan retourneront en Pro D2. Pour revoir des Landais en Top 14, il faudra attendre que les deux clubs fassent leur mue et l'union. Le rugby d'antan est définitivement mort le week-end dernier, qu'on se le dise. Ce 4 avril 2009 est une date historique. Vous me direz qu'il reste l' incongruité basco-basque. Mais elle ne tient qu'avec le fric du mécénat. Tôt ou tard, le B.O. et l'Aviron passeront à leur tour à la casserole.
Mais revenons à nos moutons, à savoir la 22e journée de championnat.
Passons rapidement sur l'USAP qui a lessivé les Montois (44-3), se livrant ainsi à un bon entraînement. Les Catalans ont déjà la tête ailleurs. On aura largement l'occasion de parler d'eux au cours des prochaines semaines. Sachez qu'il leur suffit de glaner 1 point lors des quatre dernières journées pour assurer la demi-finale.
Le Stade toulousain a remis Brive à sa place et de quelle (belle) manière ! En passant un 42-10 au Club des Anglais de Brive (CAB), les champions de France n'ont fait que confirmer ce que l'on savait déjà : ils sont bons. Les Brivistes, eux, ne le sont pas. Point final et plus dure est la chute pour les « Coujoux ». Un match à sens unique avec des Toulousains qui retrouvent la forme au bon moment, juste avant leur quart de finale contre Cardiff... à Cardiff. Pour la petite histoire, vous aurez noté que je vous avais annoncé la victoire du Stade en Corrèze la semaine dernière. Je ne m'en réjouis pas spécialement, mais la dominante anglo-saxonne du CAB m'exaspère, me gonfle et m'énerve. Je le dis comme je le pense. Comme je pense également que le gentil Palisson de Brive-la-Gaillarde est vraiment génial. Pas vous ? Hélas, la petite merveille est actuellement blessée.
Ceux qui rigolent, ce sont leurs copains « jaunards » qui après avoir mis le Stade de France en berne, s'apprêtent, la semaine prochaine à leur démontrer qu'ils sont encore loin, loin, loin du compte. Montferrand a battu Paris de justesse (21-19), certes, mais battu quand même. Je n'ai jamais caché l'estime que je portais au jeu pratiqué par l'ASM depuis deux saisons et cette victoire vient récompenser à la fois le travail fantastique accompli en Auvergne et (aussi) le grand argentier du club le plus riche de France avec Toulouse. Certes, l'ASM ne sera pas championne de France cette année (on parie ?) mais n'en sera pas loin. Comme d'hab' direz-vous. Comme d'hab' effectivement ! Quelque chose me dit aussi que les Parisiens n'ont pas
dit leur dernier mot. J'ai lu récemment une déclaration de Laurent Sempéré, le jeune talonneur du Stade français assurant avoir été surpris à son arrivée dans le club de Max Guazzini de s'entendre dire, lorsqu'il faisait une boulette à l'entraînement, « ça, mon vieux, faudra pas le faire en finale ! ». Preuve de l'incroyable culture de la gagne que possède ce club et des certitudes qui l'habitent.
Je vous avais encore invité à parier avec moi sur la victoire (19-15) de Biarritz à Bayonne. Celle-là , je la sentais venir de loin, tant il y a à mon avis de différence de talents entre les deux clubs. D'accord, les « Basques chics » ont sué sang et eau pour mettre à mal les « Basques piperade » et faire taire le chant portugais de la Pena Baiona, mais franchement, je n'ai pas pensé un instant qu'ils pouvaient perdre, sauf à se tirer eux-mêmes une balle dans
le pied. Super Imanol et un immense Barcela (quel pilier gauche !), Peyrelongue retrouvé, Dimitri sur la bonne voie, Gobelet bon comme jamais, c'était trop pour les fiers Bayonnais de l'exemplaire Rémi Martin qui sont encore loin d'être européens.
Ceux qui rigolent aujourd'hui, ce sont mes potes du Creusot. D'abord, le vieux COC se promène en fédéral 3 après deux ans de galère. Ensuite le CSBJ, qu'ils apprécient tout particulièrement, a sauvé sa peau en Top 14. Et de quelle manière ! Les Dacquois ont littéralement explosé à Pierre-Rajon (43-6) face à des Isérois qui, s'ils avaient joué comme ça toute la saison, n'auraient pas donné tant de sueurs froides à leurs sympathiques supporters. Les voilà  sauvés ! Tant mieux pour cette formidable terre de rugby. Et dire que la saison prochaine ils vont perdre Parra, Nicolas et David, trois titulaires en puissance du XV de France. Si l'argent n'arrive pas, je crains fort que l'expérience berjallienne finisse par tourner court.
Autres équipes qui respirent, Toulon et Castres. En battant Montauban, les Varois ont sauvé leur place. En faisant de même face à Montpellier, les Castrais aussi. Pour ces quatre équipes, la saison s'achève en roue libre, chacun s'attachant à préparer la suivante. Toulonnais et Castrais envisagent, nous dit-on un recrutement d'enfer. Les temps sont plus difficiles pour les Montalbanais. Quant aux Montpelliérains, ils ne sont qu'à  demi rassurés par l'arrivée d'un sponsor qui a la réputation de faire descendre en deuxième division les équipes dont il prend la direction. C'est du moins ce qu'on dit à Béziers... Au fait, en parlant de Montpellier, savez-vous de qui on cause pour entraîner la saison prochaine ? Fa.... Fa.... Fabien Galthié... Paroles,
paroles ? Peut-être, mais comme dirait l'autre, il n'y a pas de fumée sans feu.
Allez, on se revoit dans quinze jours.

J'allais oublier : avec 79 points au classement, Toulouse est d'ores et déjà  qualifié pour les demi-finales. Quelle histoire !


Analyse de la 21ème journée du Top 14


Faute avouée est à demi pardonnée.
J'avais fait mon choix : Castres-Toulon et Brive-Bayonne plutôt que la guerre des Stades. Faux partout. Entre Castrais et Toulonnais, on attendait un vrai combat, on eut droit à un triste match même pas digne du ventre mou de la Pro D2. Roboratif au possible. La victoire des Tarnais (25-9) avec un essai que dans des temps anciens on eut qualifié d'anonyme ne souffre d'aucune contestation. Disons que les moins nuls ont gagné... Le RCT qui compte un peu trop sur Joe Van Niekerk pour sauver la patrie ferait bien de se méfier. A commencer dés le week-end prochain avec la réception de quinze Montalbanais ambitieux. Ce ne sera pas une sinécure.
Un peu moins idem pour Brive-Bayonne. Franchement, on me dira ce qu'on veut, mais les deux équipes n'ont strictement rien démontré. Brive l'emporte (13-6) en marquant un bel ”mais facile” essai. Cela suffit à son bonheur avant de recevoir Toulouse et d'aller chercher à titiller son voisin « jaunard » qui, qu'on se le dise, lui filera une rouste, manière de remettre les choses à leur place tant il y a d'écart entre les deux clubs. Quant aux Bayonnais ils ont été comme je pense qu'ils sont : courageux, mais limités. Bien beau s'ils réussissent à attraper l'Europe cette saison ce qui, entre nous, m'étonnerait puisque je parie sans grand risque sur une victoire du revanchard B.O. à Jean-Dauger à la fin de la semaine.
Biarritz, voilà  sans doute l'équipe en forme du moment ! Les Biarrots ont fait une belle petite promenade face à Mont-de-Marsan en gagnant aisément gagné (37-6) avec bonus contre une formation qui n'a plus qu'une ambition dans la compétition : tomber avec les honneurs.
Bourgoin sourit. Tant mieux. Les Isérois ont infligé un camouflet à Montpellier (22-3) et sans doute sauvé ce qui pouvait l'être: le maintient en top 14.
Que dire de Montpellier ? Cette équipe laisse la France du rugby perplexe. Du matos y en a, mais les résultats sont pour le moins en dents de scie.
L'USAP, enfin s'impose à Dax... Encore une victoire à l'extérieur. Encore une critique ravageuse de l'arbitre de la part de leurs adversaires ! Mais il n'y est pour rien, le pauvre homme. Comme les Toulonnais la semaine dernière, les Landais ont été incapables de préserver un résultat. Perpignan n'a certes pas fait un grand match, mais l'emporte (16-13) grâce aux magnifiques cadeaux offerts par son adversaire du jour. Grâce aussi au talent de Maxime Mermoz, Nicolas Durand ou Jérémie Porical. Le prochain déplacement des Landais à Bourgoin s'annonce donc capital. Et un conseil à leur intention : mieux vaut se révolter sur le terrain et pas en dehors. Et qu'ils n'oublient également pas qu'ils doivent leur place en top 14 à une décision prise sur tapis vert au détriment d'Albi. Qu'on me pardonne à ce propos de citer ce cher Romain Gary : « Il est moins grave de perdre que de se perdre.»
Encore une fois le match le plus agréable fut celui de Montferrand. On va finir par croire que je suis supporter de l'ASM, ce qui est faux. Mais je le dis, je le répète, cette équipe joue bien au rugby, point final. Elle a eu certes très chaud à Montauban (19-19) opposée à une formation qui montre match après match qu'elle n'est pas là par hasard. Certes, la chance de Montferrand a encore été Broke James auteur du drop égalisateur de la dernière seconde (j'avais pensé qu'il ne jouerait pas). Hélas pour le magnifique public de Sapiac, il a tenu sa place de manière magistrale. Mais la mélée auvergnate a aussi montré de grandes qualités et Elvis Vermeulen est un numéro 8 immense. Coté Montalbanais on déplore la blessure jusqu'à  la fin de la saison du troisième ligne Yannick Caballero (annoncé à Castres la saison prochaine), qui souffre d'une fracture du péroné. Je ne sais pas, mais malgré l'absence de ce superbe combattant, je vois bien l'USM faire un coup sur la Rade. Pas vous ?
Bon, et la grand messe Stade-Stade de dimanche soir ?
« Le plus grand péril se trouve au moment de la victoire » disait mon pote Napoléon qui contrairement à ce que l'on croit ne joue pas à Montferrand.
Alors, qui a gagné ? Toulouse ? Paris ? Sur le terrain, c'est Toulouse, 15-11. Moralement c'est peut-être Paris qui réussit une jolie perf au niveau du jeu sur le terrain du futur ex champion de France. J'ai trouvé les Parigots plus costaux, leurs adversaires moins affûtés. Mais sans doute le seront-ils d'avantage à Cardiff, dans quinze jours en quart de H cup. J'ai toutefois aimé ce match même s'il ne fut pas toujours très franc notamment de la part des rouge-et-noir. Alors entre nous Je dirai que Paris - qui a marqué un essai- a un peu moins perdu que Toulouse a gagné... Vous me suivez ?

 

21ème journée du Top 14

 

Les frères de la Côte rendent visite aux Granitiers du Sidobre. En clair, Le Castres olympique reçoit le Rugby club toulonnais. Match terrible, redoutable tant les Varois ont claironné qu'il n'allaient pas prendre le car pour enfiler des perles. Terriblement déçus par leur défaite face à l'USAP il y a quinze jours (mais à qui s'en prendre sinon à eux-mêmes et surtout pas à l'arbitre ?), les Toulonnais veulent réussir un coup à Pierre-Antoine pour se sauver   une bonne fois pour toutes. Ils ont dans les jambes toute la dynamite   nécessaire pour mener à bien cette entreprise et en plus devraient pouvoir compter sur Tana Umaga et Jerrie Collins. Leur problème, c'est la tête, tant la manière dont les entraîneurs « rouge et-noir » ont géré la fin de match contre Perpignan relève de la faute professionnelle. Ne comptez pas sur l'ami Alain Gaillard pour commettre le même genre d'erreur. Trop malin, le bougre, et tellement compétent, ais le problème du C.O., ce ne sont pas les qualités de l'entraîneur, mais bien la fragilité invraisemblable d'un groupe pourtant énorme sur le papier. Pour moi, voilà le match du week-end.

Je risque d'y être et pour le bon déroulement de la troisième mi-temps, je ne serais pas gêné si le C.O. l'emportait. L'après-match à   la « Cocina » pourrait être un peu triste dans le cas contraire. Tout cela en se souvenant de Léon Loppy, Toulonnais de La Seyne qui endossa le maillot de Castres, ville dans laquelle il n'a que des amis. Léon Loppy qui jusqu'à une date récente portait les couleurs du RCT, le Rugby Club Tannanarive.
À 60 km du stade Pierre-Antoine, Sapiac, la cuvette montalbanaise, et  son public bon enfant, mais bruyant qui n'en revient pas d'avoir une équipe à ce niveau ! L'USM, c'est du beau, du bon, du solide. D'autant que le club est à deux doigts de se qualifier pour une coupe  
d'Europe. À condition, bien évidemment, de battre Montferrand. Rien  que ça ! À mes yeux, les « jaunards » constituent la meilleure équipe française. Celle, en tout cas, qui pratique le meilleur rugby, fait de prises de risques, jouant sans cesse les intervalles. Autour d'Elvis « le grand » Vermeulen, voilà un groupe de fer qui sait où il veut aller même si tout le monde sait qu'il n'ira pas. Montauban, c'est du pénible de chez pénible avec quelques jolis talents comme Audrain, Audy, Lespinas, Diarra et autre Delasau. Bref, l'ASM n'a pas encore gagné même si elle se présente quasiment au complet. Au complet ? Ah, au fait, j'allais oublier : Broke James, le métronome auvergnat ne sera pas là... Hum, hum ! ça sentirait pas la potée chez  
les « jaune-et-bleu » ?
De Montauban, remontons la RN 20. Deux heures de route et nous voilà à Brive, « porte du Midi » donc du « Nord ». Là mes enfants ça va grenouiller dur entre le CAB et l'Aviron. Défaite sans bonus de Clermont à Montauban, victoire « avec » de Brive, et voilà les Corréziens pouvant rêver de demi-finale tout en confortant une qualification en H Cup face à un adversaire direct. Pour rêver de demi-finale, ce sera dur : au cours des prochaines semaines, le CAB reçoit Toulouse, va à Montferrand (oh yeah !) et Montauban, reçoit Montpellier et termine à Bourgoin. L'ASM, elle, va à Paris, reçoit Brive (RE oh yeah), va à Perpignan, reçoit Mont-de-Marsan et Dax (fastoche). A priori, l'ASM devrait s'en sortir. En revanche, l'ERC   (English Rugby Corrèze) de Patrick Sébastien a la possibilité d'envoyer Bayonne se faire voir ailleurs avant le derby basque de la semaine suivante à Jean-Dauger, (Biarritz gagnera, on parie ?).
Bourgoin qui reçoit Montpellier, c'est « aie, aie, as ! ouille, ouille ouille ! » Les Isérois n'ont pas le droit de perdre après avoir laissé filer à Paris et Montferrand. Montpellier, en partie retrouvé avec un Ouedraogo au top vise encore l'Europe. Si le CSBJ chutait à nouveau, c'est qu'il n'aurait rien à faire en top 14. À partir de là, je redoute que le groupe finisse par s'effondrer.  
J'espère de tout cœur que non, mais... Morgan, tu ne peux pas quitter ce club en le laissant en Pro D2, il y a des choses qui ne se font pas ! Haute tension à Pierre-Rajon, donc.
L'USAP s'en va à Dax tranquillou. Tout va bien chez les Catalans et ne victoire dans les Landes leur assurerait une qualification quasi définitive. Chez les Dacquois, en revanche, c'est l'angoisse : une défaite et, hop, direction les derbies contre Pau, Tarbes, Bordeaux ou Mont-de-Marsan et les longues heures de car vers Oyonnax. Thomas Lièvremont, l'entraineur dacquois connaît bien les Catalans dont il fut plusieurs années le capitaine avant de les quitter brouillé, remonté comme une horloge contre le président de l'époque.  
Aujourd'hui, il n'a même plus de revanche à rendre sur son ancien club qui vient en visite avec, pour la première fois depuis longtemps, un effectif quasiment au complet.
Le B.O. reçoit le Stade montois. Qui ? Le Stade montois ! Vous savez l'équipe dont on ne sait pas si elle est dernière du top 14 ou première de la Pro D2. Tout est dit. Seule inconnue : quel sera l'écart entre les deux clubs ? Allons, parions pour un bonus offensif des Basques.
Reste, pour la bonne bouche Toulouse-Paris. Le résultat importe peu pour l'un comme pour l'autre. Ce match m'agace comme m'agace une curieuse rivalité entretenue par quelques joueurs de tambours toulousains qui chaque fois qu'ils apparaissent sur un stade cassent  
véritablement les bonbons à tout le public. Ça un derby ? Un classico ? Mort de rire. De la joyeuse broutille à côté d'un Narbonne (ou USAP)-Béziers, d'un Brive-Montferrand, d'un Toulon-Nice ou pire encore, d'un Brive-Tulle. Et je ne vous parle pas d'un Montchanin-Le   Creusot. Toulouse-Paris c'est une affiche aimable avec sur le pré trente des meilleurs joueurs du championnat. Moi, c'est tout vu : plutôt un C.O.-Toulon ou un Brive-Bayonne que dix Stade-Stade. Chacun ses goûts, non ?

 

 

20ème journée du Top 14


Pendant le Tournoi, les affaires continuent. Voilà  encore une journée de Top 14 couplée à  une rencontre internationale. Et pas n'importe laquelle :
Angleterre-France. Faut-il que les temps aient changé pour qu'on joue un match du Tournoi un dimanche après-midi à 16 h. Sunday, bloody
sunday...
Mais revenons à nos moutons, à savoir une journée de championnat bien ordinaire. Très ordinaire. Trop ordinaire. A vrai dire je me serais bien passé d'en parler pour vous donner plutôt des nouvelles du Barça (le seul club de foot digne d'intérêt) et de Lionel Messi. Mais franchement, on ne va pas parler de foot ici. J'aurai pu également vous parler de la proposition totalement naze d'un certain Pierre Camou qu'on soupçonne être président de la
FFR. Ce type, arrivé là  on ne sait pas trop comment (en fait, on ne le sait que trop), propose qu'on remplace le championnat actuel par une coupe des Provinces sous prétexte que les joueurs français ne seraient pas au niveau. Allez expliquer aux Néo-Zélandais que les Français, qui les éliminent régulièrement en coupe du monde, ne sont pas au niveau. Camou, vous avez dit Camou ? Camou comme chou, genou, caillou, hibou et roudoudou...

Tout cela pour dire que ça commence avec un Montauban-Stade français dont l'enjeu est beaucoup plus important pour les Tarn-et-Garonnais que pour une « pink family » qui, en pleine saison se paie le luxe d'annoncer qu'elle va virer son entraineur des avants, Fabrice Landreau, serviteur historique.
Les Montalbanais soufflent le chaud et le froid. Après avoir raté de peu l'exploit à Toulouse (défaite 9-6), ils ont plongé samedi dernier à Pierre-Antoine face à un Castres olympique, bon mais sans plus (31-19). Seuls Toulouse et l'USAP ont gagné à Sapiac où l'on annonce le retour du « boss », Marc Raynaud.
Les Parisiens enregistrent la rentrée du demi de mélée argentin Agustin Pichot. Le plus grand « casse bonbons » du rugby mondial (34 ans) a été engagé jusqu'à  la fin de la saison par le club parisien dont il avait porté les couleurs entre 2003 et 2007. A Montauban, il devrait prendre place sur le banc. Ce type est incroyable et j'attends avec une immense impatience son prochain duel avec Kelleher. On verra alors si le Néo-zélandais qui se promène en général devant les ersatz de demi de mélée que sont ses homologues français ramènera autant sa grande gueule.
Le lendemain, à moins de 70 km , le Stade toulousain reçoit Castres. Quel Toulouse ? A priori, y a pas photo. Y a jamais photo, d'ailleurs, chaque fois qu'on affronte le Stade. Sauf qu'il arrive aux « rouges et noirs », de boire la tasse. Les costaux Toulousains du moment seront à Londres. Reste quand même une bande de sacrés loustics quasiment tous internationaux. Sans Tillous-Bordes et Nallet, je crois pourtant les Tarnais (qui ont retrouvé un certain appétit de victoire) capables cette fois du meilleur. Avouez qu'une victoire du C.O. à Ernest-Wallon aurait un côté désopilant. Alain Gaillard, l'entraîneur, clame à qui veut l'entendre que son équipe va prendre une branlée. Je le connais, le bougre ! On en parle donc lundi...
« Pilou pilou » à Mayol en l'honneur des Catalans. Le RCT s'est refait la cerise, l'USAP vient expédier les affaires courantes consacrant l'essentiel de son temps, désormais, à préparer sa probable demi-finale. Une victoire des Varois (avec Umaga) les sauverait définitivement ou presque, une défaite ne ferait ni chaud ni froid aux Perpignanais. L'USAP arrive sur la Rade avec un pack de réservistes, sans demi de mélée titulaire et sans demi d'ouverture de métier. Mais gare, cette année, même avec une équipe de benjamins les Catalans seraient capables de gagner partout tant il y a de cohésion et d'amitié dans ce groupe sur lequel veille fraternellement un Dan Carter qui prend goût au club et à la Tramontane. Montferrand va expédier les affaires courantes en recevant Bourgoin. Avec une innovation : Aurélien Rougerie jouera au centre pour la première fois.
Quant à Bourgoin, aie aie ! Après Paris, l'ASM, le calendrier ne gâte pas les gars de l'Isère. Ca devient très dur pour eux. Heureusement, la route devient un peu plus carrossable par la suite avec les réceptions de Montpellier et de Dax. Des Dacquois bien mal lotis qui vont à Bayonne quasiment en victimes résignées après sept défaites consécutives. Vraiment, cette journée a des allures de jeu de massacre pour les petits. Mont-de-Marsan reçoit ainsi un CA Brive privé de sa « fermeture éclair », Goode, de son ouvreur Orquera et, surtout, de la petite merveille du rugby français, j'ai nommé mon chouchou talentueux Palisson. Les Corréziens ne devraient pas avoir trop de difficultés à franchir ce nouvel obstacle landais.
Enfin, on va savoir vraiment si le B.O. est vraiment ressuscité. Les Basques vont visiter un Montpellier très revanchard. Privés de Trinh-Duc et Picamoles, les Héraultais présenteront une autre petite merveille, venue d'Auch, le demi d'ouverture Benoît Paillaugues, un extraterrestre comme on n'en avait pas vu depuis Alain Penaud (je pèse mes mots). Tout cela demande confirmation, évidemment, mais j'ai vu jouer ce garçon et il m'a émerveillé. Bon d'accord il mesure 1m12 et pèse 20 kg , mais Dieu qu'il sent bon le rugby. Sans Harinordoquy, Biarritz tiendra-t-il aussi bien la route que ces dernières semaines ? Le troisième ligne est tellement phénoménal en ce moment que son absence me paraît être un handicap terrible. Voilà bien l'affiche de la semaine : Montpellier-Biarritz. Avouez qu'on a déjà fait mieux.



18ème journée du TOP 14 2009

Il y a une journée de Top 14 cette fin de semaine. Pendant le Tournoi, les affaires continuent. Stupide, nul, ravageur pour le rugby. Le public n'y comprend rien. Antenne 2 (je dis bien Antenne 2) impose un horaire “tournoitesque”, montrant sa nullité tragique dès qu'il s'agit d'aborder le sport. Ce que nous savions depuis des années, donc qui ne nous étonne pas. Et comme en plus il faut subir les commentaires affligeants d'un journaliste dont le nom m'échappe et qui en plus se permet de donner des leçons... Mais bon. Revenons à notre sujet, ce bon vieux top 14 dont on nous annonce une prochaine réforme.

Bourgoin-Toulon à Bourgoin, on imagine le spectacle. Deux équipes pour lesquelles jai, je l'avoue une certaine tendresse, parce ce que l'une (devinez laquelle) incarne les valeurs éternelles du rugby et que l'autre a un vrai grain de folie, y compris de mauvaise folie. C'est l'eau et le feu. En général, l'eau l'emporte toujours, sauf en rugby... Ce qui me turlupine : trop de joueurs étrangers à Toulon dont Umaga pour la deuxième fois titulaire.

Pour affronter Montpellier, l'USAP renforce son équipe réserve qui avait failli l'emporter à Bayonne la semaine dernière. Ses poutres sont toujours absentes : Mas, Freshwater, Hines, Olibeau, Tonita, Meyer (ou Laharrague), Mermoz, Humes, Grandclaude. Et je ne vous parle pas de Dan Carter. Montpellier n'est pas mieux loti et vient en Catalogne sans ses « babys bleus » et quelques autres éléments majeurs. Bref, une belle rencontre de championnat de France Espoir ce qui n'empêchera pas Aimé-Giral d'être plein.

Brive-Stade français en Corrèze, c'est encore la quasi-certitude de se morfondre dans les tribunes. Ces deux équipes ont pourtant un immense potentiel, mais elles ne le mettent que rarement en pratique. Le CAB possède avec le petit Palisson un des plus beaux joueurs de  
ces vingt dernières années. J'adore ce gamin : des jambes de feu, une vraie « tronche », une gestuelle dignes des plus grands Français. Il y a du Gachassin mais aussi une façon de porter le ballon qui rappelle Denis Charvet. Palisson mérite à lui seul qu'on débourse 15€ pour assister à la rencontre. Et puis amis Correziens, profitez-en : Le Stade joue sans Matthieu Bastareaud contre qui je n'ai rien, mais qui représente tout ce que je déteste dans le rugby actuel. Vous, ce week-end, vous devriez voir côté Parisien un duo d'attaque Glas-Gasnier. C'est quand même mieux.

L'ASM va-t-elle faire payer chèrement au Castres Olympique l'humiliation que ce dernier lui avait infligée l'an dernier en s'imposant à Michelin ? Les Tarnais arrivent en Auvergne sans les tricolores Nallet et Tillous Bordes . Ils sont également privés de Romain Teulet dont le passage à l'ouverture coïncide avec leur renouveau. Côté Auvergnat on doit faire avec l'absence des  
internationaux (Malzieu, Baby, Domingo), mais on enregistre le retour de Napolioni Nalaga  Les autres seront sur le pont. Castres arrive sans complexe, tranquille, rassuré. Alain Gaillard, le très très malin coach castrais a, j'en suis certain, une petite idée derrière la tête. Une victoire castraise me ferait donc mourir de rire (que les Montferrandais me pardonnent, je n'ai rien contre eux).

Toulouse-Montauban. A priori, y' a pas photo même si une bonne performance des Montalbanais n'est pas à exclure. À Toulouse Médard, Poitrenaud, Clerc, Haymans, Jauzion,  Kelleher, Dussautoir sont avec le XV de France. Fritz est suspendu. Mais on connaît les autres. En plus le Stade a la haine, en ce moment... Novès fait tout pour se faire plaindre. Les Montalbanais n'ont rien à perdre surtout contre ce Stade toulousain que la culture locale a appris à ne pas aimer.

Biarritz qui accueille Dax, c'est un convalescent qui reçoit un malade. Le B.O. ne peut se permettre un faux pas. Dax non plus. Le voisin bayonnais, lui,  va à Mont-de-Marsan pour tenter de rester au contact au classement. À mon avis, les jeux sont en train de se faire. L'US Dax et le Stade Montois ne sont plus très loin du groupe B... Dommage, mais c'est comme ça...
Cette double confrontation entre clubs basques et landais qui évoluent tous les quatre dans des agglomérations de taille comparable, mais qui n'ont pas les mêmes moyens financiers (des mécènes au Pays Basque, « nada » dans les Landes), montre que le rugby de haut niveau est dans ces contrées en danger de mort. Partout l'on entend “Quand les Landais comprendront-ils qu'ils ne s'en sortiront qu'unis ? Et les Basques seraient également bien inspirés d'y réfléchir.”  Il n'y a plus d'équipe en Bigorre, le Saint des Saints du rugby de France. Béziers est en pleine décrépitude et Narbonne ne va guère mieux. J'en passe et des meilleurs. Et seulement deux clubs de top 14 semblent viables si l'on se fie aux seuls critères économiques qui régissent normalement la vie d'une entreprise : Toulouse et l'USAP. Le reste dépend du fait du prince. Il faudra y revenir.


 

17ème journée du TOP 14 2009

Brive-Biarritz : le "vrai" sommet du jour


Le top « catastrophe » reprend donc provisoirement ses droits ce week-end avec, comme point d'orgue (selon la presse), un Toulouse-Montferrand qui ne sera pas du tout décisif. Ce sommet de pacotille sera, en effet, sans conséquence sur la suite d'un championnat, quel  
qu'en soit le vainqueur. L'année dernière, l'ASM l'avait emporté au Stadium avec pas mal de chance pour mieux se faire ratatiner quelques semaines plus tard en finale par un Stade « kelleherisé ». Cette année, on joue à guichet fermé (dimanche 16 h 30 Canal +). Les Toulousains, par la voix de Guy Novès, jouent comme d'habitude les pleureuses (« On nous prend trop de joueurs en équipe de France ! ») et les Montferrandais n'en pensent pas moins. À voir quand même pour les grands joueurs qui seront sur la pelouse. Et pour vérifier s'il est exact que chaque fois que les Toulousains jouent face à une équipe... joueuse, ils perdent... Nous y reviendrons prochainement.

Deuxième affiche : Brive-Biarritz. Là, on va savoir si les Brivistes constituent autre chose qu'un alignement de noms, si les Biarrots ont retrouvé un peu de sérénité. Le CAB est en train de devenir un « Dominion » et bientôt sa très gracieuse Majesté pourra ramasser des cèpes en Corrèze sans interprète. N'annonce-t-on pas la venue prochaine (et en nombre) de « rosbifs » prestigieux à Brive. Là encore, nous y reviendrons. Plus intéressant nous semble le pari biarrot. L'équipe (le club) sort d'une crise terrible. A-t-elle été surmontée ? À voir. Les derniers résultats semblent dire que oui. En tout cas, un brin de chance paraît pousser du côté du B.O. Mais le CAB n'a plus droit au moindre faux pas à « Amédée-Domenech ». Je trouve ce match bien plus intéressant que le précédent.

Puisque nous sommes avec les Basques, restons-y. L'Aviron reçoit l'USAP. Dans les années 30 on parlait de « derby basco-catalan». La   complicité est grande, c'est vrai, entre supporters des deux bouts des Pyrénées. L'Aviron doit gagner pour se rassurer après la « rouste  
» prise en Auvergne juste avant les congés payés (10-44). L'USAP, en panne de « carter », semble une victime d'autant plus désignée qu'elle se présente à « Jean-Dauger » avec une mêlée en manque de flanc droit (absence de Mas et  Hines). Mais les Catalans ont deux  
énormes qualités cette année : du pot et la certitude absolue qu'ils doivent aller au bout. Gare à eux pour la suite s'ils l'emportent à Bayonne (samedi 16 h 30 Canal +).

Montauban qui reçoit Montpellier, ça ne fait frémir personne sinon le public de Sapiac. On sait que la moitié de l'équipe Tarn-et-garonnaise ne sera plus là l'année prochaine. On présume que la moitié de celle de l'Hérault quittera le club en juin, notamment ses petits bijoux (Ouedraogo, Tran Duc, Piquamoles) dont on se demande s'ils ne sont pas en fer blanc. Bref, un match de ventre mou.

Le club le plus bizarre d'Europe, voire du monde, le Castres olympique, s'en va prendre les eaux à Dax.... Bizarre parce que ce sacré C.O. est relégable avec dans ses rangs le capitaine et le demi de mêlée de l'équipe de France, trois All blacks et une tripotée d'internationaux exotiques. Très mauvais temps en perspective sur les bords de l'Agout en cas de défaite d'autant que se profile un horrible déplacement à Montferrand. Côté Dacquois une victoire  
apporterait un très grand bol d'air avant une randonnée de fin d'hiver à Biarritz.

En l'emportant à Mont-de-Marsan, les Berjaliens se sauveraient définitivement. Le club "bleu et grenat" (ça ne vous rappelle rien) attend comme un... messie (et oui, j'ai osé) son nouveau président René Flamand qui remplace le déjà légendaire Pierre Martinet. Le  
Stade montois démontre, hélas, qu'il n'avait pas grand-chose à faire   dans le top 14 2008 2009.  La dure réalité du super fric...

Terminons par l'affiche qui fait saliver tous les « bling-bling » que compte le rugby hexagonal : Stade français-Toulon. Il y a quinze jours au stade de France, dans la dernière demi-heure face à Perpignan, l'équipe parisienne quasiment au complet avait pris une véritable leçon de rugby. Le même jour, Toulon avait battu Mont-de-Marsan (le dernier), ce qui avait entraîné des titres dithyrambiques de la part de tous les médias. « Le grand retour de Toulon ! » On  
verra bien. Ce qui est certain, en revanche, c'est que si Marconnet est aussi pathétique face aux Varois qu'il le fut devant l'USAP, le RCT a des chances (vendredi 20 h 35 Canal + Sport).

Un mot pour terminer : avec tous les étrangers qui déboulent ou vont débouler dans notre championnat, le rugby français a du souci à se faire. Le XV de France recherche des « secondes » lignes, des demis et un arrière de niveau international. Et il n'est pas prêt de les  
trouver...

 

Analyse de la 17ème journée du TOP 14 2009

Le drame avec le Top 14, c'est qu'il ne nous montre pas grand chose. Comme d'habitude, me direz-vous.

Stade-français-Toulon ? Nul sinon deux beaux essais dont un, celui du RCT, fut à   mes yeux une pure merveille. J'ai adoré le travail du centre fidjien, sa façon de décaler l'ailier Jagr et le coup de pied à suivre parfait de ce dernier. Pour moi, le plus essai du week-end. A part ça pas grand chose sinon que les Varois qui auraient pu prétendre l'emporter s'ils ne s'étaient pris au jeu de la bourrique toulonnaise façon bande à Herrero des années 60. Mais le RCT retrouve peu à peu des couleurs et nul ne s'en plaindra. C'est au moins le côté positif de ce match.

Biarritz a échoué de peu. Dans sa longue marche pour tenter d'obtenir un accessit lors de la distribution des prix du mois de mai, les Basques sont tombés sur des Corréziens qui peuvent remercier leur demi d'ouverture argentin. Par bonheur, pour eux, leur ouvreur habituel Andy Goode, dont la seule qualité à ce niveau, est de bien connaître la langue anglaise, a été contraint de laisser sa place à ce lutin extraordinaire venu d'une autre planète.
C'est lui, sans contestation, qui a fait la différence. Le B.O. A raté une bonne opportunité de se refaire un peu la cerise, le CAB avance lui, à  pas lents, vers son objectif : une qualification européenne.

Nous disions du Castres Olympique qu'il s'agissait de l'équipe la plus bizarre du monde. Dans le match dit de la peur qui l'opposait à Dax, le C.O. n'a pas fait de détail : victoire avec bonus. Prétendre que l'on s'y attendait serait mentir. Assurer que l'on est surpris, non! Alain Gaillard me le disait récemment : "Je ne comprends rien à cette équipe". Qu'il se rassure, nous non plus. Une saison gâchée ou quasiment gâchée pour les Tarnais? Et si ce groupe fantasque allait faire un coup à Montferrand la semaine prochaine (le lecteur attentif aura noté que je me refuse à  parler de Clermont...) ?
Quant à  Dax ? Dur dur sera la suite...

Toujours dans les Landes. Bourgoin s'en est allé prendre les points du match nul face à  Mont-de-Marsan. Allez, les jeux sont faits les Montois ont un pied et demi en groupe B. Le CSBJ lui restera en Top 14, et c'est tant mieux, à  moins d'une catastrophe. Cela devrait faire plaisir à mes copains du Creusot qui préfèrent aller voir du rugby de haut niveau dans l'Isère plutôt qu'à  Paris. Ah, quelle belle invention que le TGV !

Montpellier et ses envies de Bouclier a failli jeter Montauban au fond du Tarn (la rivière qui passe là  et non pas à Castres). Ce match de ventre mou a permis de constater que les Héraultais sont joueurs et que les Tarn-et-garonnais le sont aussi. Finalement ce fut peut-être le match le plus agréable de la journée. Parce qu'il n'y avait que peu d'enjeu ?

Bayonne a eu les pires difficultés à se débarrasser des l'équipe réserve (renforcée) de Perpignan. Les Catalans étaient privés de treize titulaires dont, nous le soulignions vendredi, les deux premières lignes, la paire de demi, la paire de centre. Les Basques, au complet, n'ont pas montré grand chose sinon une grosse malade. Le match fut donc sans aucun intérêt à l'exception du cantique portugais repris en chœur par le public local avant le match.
Ce ne fut pas pire qu'une rencontre de championnat de France de foot, mais presque.
Reste pour la bonne bouche, l'affiche du dimanche.

 


 


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