TOUS LES EDITOS DE JEAN LAPOUJADE
SAISON 2009/2010

Le 10/03/2010

Analyse de la 23ème journée de Pro D2 par Jean Lapoujade

 

Coup de froid

Aucune éclaircie sur la Pro D2 après cette 23 e journée : C'est toujours le brouillard en tête du classement avec pas moins de 9 clubs qui peuvent encore prétendre à la montée dans l'élite ! Etrange aspiration d'ailleurs, car beaucoup d'etre eux ne possèdent pas les structures nécessaires pour le top 14 et sont promis à une croisade comme celle des Albigeois cette année.

Parmi ces prétendants Rastignac de l'élite, Agen semble le mieux armé. Mais, depuis la reprise les Lot et garonnais restent fébriles, tétannisés par le petit poucet oyonnaxien qui joue les terreurs et ne lache rien chaque weekend. Ainsi, après sa défaite à Armandie, les joueurs de Christophe Urios sont allés s'imposer à Colomiers, revenant à quatre petits points d'Agen qui n'a pu faire que match nul sur le terrain de Pau.

Le gros match de la semaine avait lieu à Lyon entre deux des plus sérieux outsiders. Le LOU se devait de l'emporter pour rester dans la course : match difficile contre des Rochelais en pleine bourre en ce moment. Pourtant les marîtimes, déjà secoués par la tempête la semaine dernière, coulèrent dans le Rhône (20 à 14) en se consolant tout de même avec le point du bonus défensif.

Toujours dans la course, les Grenoblois de Fabrice Landreau pensaient passer un après-midi tranquille en recevant leurs homologues montagnards de Tarbes. Les Pyrénéens n'espèrent plus rien de ce championnat, étant trop loin des premiers et ont suffisamment distancés les derniers pour risquer une descente en Fédérale. Mais quand on joue sous le maillot rouge et blanc du feu stadoceste Tarbais, l'âme des grands anciens vous interdit de lacher le moindre match. La partie fut donc engagée jusqu'au bout et Grenoble ne l'emporta que 22 à 20.

Dans l'Aude, les Narbonnais, peu habitués à des hivers rigoureux, semblaient tomber en léthargie depuis plusieurs mois. Profitant d'un cetain redoux, ces joueurs, dont j'avais fait un temps mes favoris, ont explosé des Aurillacois jamais faciles à manier.

Dans les autres rencontres, signalons la belle victoire d'Aix en Provence face à Bordeaux. Les Provençaux se battront jusqu'au bout même si le maintien est très compromis.Quant aux Girondins, ils voient leur espoir de qualification s'éloigner dans la marée de leurs illusions.

De son côté, Auch a perdu à domicile contre Dax. Il est temps que la saison se termine pour des Gascons qui semblent avoir perdu leur rugby. Quant aux Lannemezannais, ils continuent leur chemin de croix et ont encaissé une vingtième défaite à Mont de Marsan

 

Le 22/02/2010

Analyse de la 21ème journée de Pro D2 par Jean Lapoujade

 

L'hiver aux crampons

Loin de l'hétéroclite nébuleuse qui gère le calendrier hivernal de l'élite, la Pro D2 continue de dérouler, dimanche après dimanche, son championnat palpitant.

Après 21 journée, 10 clubs sur 16 peuvent encore aspirer à la montée (ou remontée) à l'étage supérieur.

En tête de classement, Agen a vu fondre son avance dans le givre de ce début d'année. Ce weekend encore les Lot et Garonnais ont eu quelques difficultés à venir à bout de Bègles Bordeaux. Les Girondins, en pleine crise institutionnelle, jouaient cranement leur dernière carte à Armandie pour espèrer se qualifier dans le carré final. Après avoir mené 9 à 3, ils se sont vu remonter et dépasser par des Agenais un brin trop fébriles à mon goût.

De son côté, le dauphin Oyonnax, toujours efficace sur ses bases, signait sa 30 e victoire consécutive à domicile face à de Lannemezannais, déjà résignés à redescendre en Fédérale 1 l'année prochaine. En empochant le point de bonus défensif, les joueurs du Jura reviennent à deux petits points du leader. Le match Agen-Oyonnax de la semaine prochaine vaudra son pesant de cacahuètes !

Parmi les poursuivants, La Rochelle a réussi un grand coup en atomisant Pau, qui réussit généralement bien à l'extérieur. Les rafales Marîtîmes devraient nous offrir une fin de championnat retentissante.

Ce n'est pas le cas de Narbonne. Après un bel automne, les premiers frimas semblent avoir givré les promesses de l'Aude. Ce weekend, les joueurs de Ferrero n'ont pu venir à bout du rocher montois et se sont inclinés 17 à 6 sans ramener le moindre petit point des Landes.

Lyon, facile vainqueur de Dax, l'autre club landais, en a profité pour remonter à la 4 e place.

Parmi les autres poursuivants, Grenoble venait défier Aurillac. Un match de montagnards qui n'atteint pas les sommets escomptés. Les Cantalous l'emportèrent mais, en empochant le point du bonus défensif, les Grenoblois de Fabrice Landreau, restent devant au classement et talonnent Narbonne, d'un tout petit point, pour la 5 e place qualificative.

Enfin, chez les mal classés, deux matchs étaient très attendus ce weekend. Tarbes-Auch tout d'abord, derby éternel d'Armagnac-Bigorre, un match d'antan qui sent bon le poulet frites du dimanche et les marrons chauds sur le terrain. Au grand dam de mon ami Eric Lagaillarde, ardent supporter du club gersois, les Tarbais prirent le dessus sans vraiment prouver grand-chose. Ils se donnent un peu d'air au classement. Ce n'est pas la fin des haricots pour Tarbes !

Enfin, Aix en Provence recevait Colomiers dans ce qui était certainement, le match de la peur. Plus expérimentés, portant en eux tous les espoirs des grands anciens, les joueurs garonnais gagnèrent avec brio, promettant aux Provençaux les affres d'une relègation en fin de saison.

 

Le 27/12/2009

Analyse de la 15ème journée de Pro D2 par Jean Lapoujade

Oyonnax City !

Le froid et la neige furent les invités indésirables de cette dernière journée de Pro D2. Et l'on sait que, désormais, nos joueurs professionnels, se refusent à jouer sur des terrains qui n'auraient pas tout le confort requis. A Aurillac et Lannemezan on annula donc les rencontres prévues pour éviter que joueurs Montois et Lyonnais se caillent les gambettes.

Dans les autres matchs du jour, nous eûmes droit à quelques jolis affrontements et des résultats atypiqus.

La première surprise nous est venue de la banlieue toulousaine. Narbonne, l'un des cadors de l'année, est allé se faire découper à Colomiers, une équipe du bas de tableau. En récoltant le bonus offensif, les joueurs de Haute Garonne s'éloignent de la zone de relégable.

A Pau, la section recevait Auch. Dans cet affrontement millénaire entre Béarnais et Gascons, il n'y eut pas de vainqueur. Même le rugby ne montra pas le bout de son nez. Le score antique de 3 à 3 illustre à lui seul l'âpreté d'un spectacle, interdit au moins de cinquante ans, non initiés à la mêlée ouverte d'antan.

Si la logique avait été respecté, Bègles-Grenoble aurait du être l'un des gros chocs de la journée entre postulants au top 14. Mais les deux clubs ont connu une première partie de parcours hésitante et se retrouvent dans le ventre mou du championnat. Leur affrontement fut néanmoins serré : Girondins et Alpins se quittèrent dos à dos (14 à 14).

Dax aussi patauge loin de son rang. On attend mieux de cette équipe qui a passé deux ans en top 14 et n'a connu que peu de départs après sa relégation. Ce weekend, les Landais n'ont pas tremblé et se sont imposés à Aix 15 à 6. Le maintien des Provençaux en Pro D2 sera certainement très compliqué.

Agen recevait Tarbes à Armandie. Le leader a bien failli se laisser surprendre en prenant ce match à la légère. Accroché 14 à 14 à la mi temps, il a fallu lacher les freins de l'autobus fidjien, Caucaunibuca, pour débloquer la situation. Le SUA décroche un chanceux bonus offensif. Noël avant l'heure à Armandie !

Mais la sensation nous est venue de La Rochelle où le club local recevait Oyonnax. Depuis quelques semaines, les Marîtimes apparaissaient mieux dans leur rugby. La semaine dernière, ils avaient bousculé Narbonne sur son terrain, rapportant de l'Aude un très probant point de bonus. On attendait confirmation face à Oyonnax. D'autant que les joueurs de l'Ain semblaient marquer le pas après leur défaite grenobloise. Mais le rugby n'est pas une science exacte. Ultra solides sur toutes leurs lignes, les joueurs de l'Ain ont balayé les Rochelais et se replacent à la seconde place du championnat.

Depuis 3 ans, on savait qu'Oyonnax était une équipe quasiment invincible à domicile. Cette année elle gagne aussi à l'extérieur. Et pas n'importe où ! Avant La Rochelle, Lyon avait déjà payé comptant une certaine désinvolture dans la réception de leur voisin rhône alpins.

Aujourd'hui, malgré ses résultats impressionnants, pas un observateur n'envisage sérieusement la montée en top 14 de l'USO ! Pourquoi ce mépris ? Certes, à l'heure où les prestigieux clubs de villes moyennes dégringolent, les uns après les autres, dans les profondeurs abyssales des divisions inférieures du rugby de l'oubli (Béziers, Lourdes, Bagnères, Tulle, La Voulte…), l'avènement d'Oyonnax, une sous préfecture inconnue loin des grands axes de communication et sans passé rugbystique glorieux, semblerait paradoxal. Pourtant, sous la férule de Christophe Urios, cette équipe n'a que peu de failles et semble armée pour durer ! Dans une région qui possède une belle culture ovale, son arrivée en top 14 provoquerait un enthousiasme qui n'aurait rien à envier à un club du Sud-Ouest !

Verra t-on, l'année prochaine, Toulouse, Perpignan ou le Stade-Français venir se faire cryogéniser dans le Haut Bugey ? Le rugby professionnel y gagnerait certainement en modestie !

 

 

Le 15/12/2009

Analyse de la 14ème journée de Pro D2 par Jean Lapoujade

 

Lyon et Agen, mes deux grands favoris pour la montée en top 14, s'affrontaient ce weekend dans la capitale des Gaules. Combat de titans sous une pluie battante qui obligea ces deux équipes habituées à pratiquer un jeu complet, à restreindre leurs ambitions. On eut droit à une collection de cocottes éclairée par quelques chandelles que n'auraient pas renié quelques grands anciens. Pour une fois réaliste, Agen l'emporta de justesse. Mais ce petit point d'écart au score à de grands effets au classement : le SUA compte désormais sept longueurs d'avance sur le 2e et huit sur son adversaire du jour. Il peut donc envisager sereinement l'arrivée des premiers frimas.

Toujours en Rhône-Alpes mais côté Isère, Grenoble a mis fin à une incroyable série de victoires oyonnaxiennes et se relance, par là même, dans la course à la qualification. Les joueurs de l'Ain rétrograde à la 4e place mais restent en embuscade. Connaissant leur pugnacité, ils resteront dangereux jusqu'au bout.

Dans les autres rencontres nous eûmes droit à quelques joutes serrées entre les outsiders du championnat.

Dans le duel entre la Méditerranée et l'Atlantique, Narbonne, tout auréolé de sa victoire  contre Agen, a failli se faire surprendre sur ses bases par des Rochelais très entreprenants.

A Bordeaux, US Dax s'incline que de justesse, d'un tout petit point : miracle crieront les uns, injustice clameront les autres. Ainsi va le sport.


Enfin, Mont de Marsan a du s'employer pour venir à bout de Palois, décidément bien malchanceux.

Enfin, dans les autres rencontres, Tarbes s'est bien ressaisi face à Colomiers après sa défaite à domicile contre son voisin pyrénéen, Aix n'a pas fait illusion en terre gasconne, les Auscitains évoluant une classe au dessus. Enfin Aurillac confirme ses ambitions à Lannemezan qui reste lanterne rouge de ce championnat.

La semaine prochaine on bouchera la première phase de ce championnat. Nous en profiterons pour faire un point, équipe par équipe avant la trêve des confiseurs.

 

Le 07/12/2009

Analyse de la 13ème journée de Pro D2 par Jean Lapoujade

 

Lannemezan sur un plateau !

Probablement affecté par la défaite, incontestée et incontestable, d'Agen à Narbonne, j'ai un peu tardé à rédiger le bilan de cette 13 e journée de Pro D2. J'espère que les lecteurs de « demidouverture.com » ne m'en tiendront pas rigueur.

Hormis donc ce résultat dans le match phare, les autres rencontres furent également passionnantes. A La Rochelle, le club local a remporté de haute volée le derby des outsiders contre Bègles-Bordeaux. Les Girondins continuent leur parcours en dent de scie, intraitables à domicile mais souvent inexistants à l'extérieur.

Balade de santé, en revanche, pour les deux voisins Lyon et Oyonnax, qui ne se quittent plus à la deuxième place de la poule. Le LOU, facile vainqueur d'Aurillac, attend de pied ferme les Agenais en fin de semaine. Les joueurs de l'Ain ont, le leur coté, fait plier de méritants Gascons auscitains.

Belle série également pour les clubs landais qui redorent un peu leur blason, Dax en venant à bout des redoutables Grenoblois et Mont de Marsan en allant chercher une victoire probante à Colomiers.

Cette défaite à domicile redonne espoir à Aix dans la course au maintien qui s'annonce tragique. Toujours opiniâtres, les provençaux ont emporté une victoire probante face aux Palois de Conrad Stolz, jamais faciles à bouger. Ils sont désormais à égalité de point avec les Columérins.

Mais la grosse surprise est venue de Tarbes où se déroulait un derby pyrénéen haut en couleur. Et, contre toute attente, Lannemezan, la lanterne rouge du championnat, s'imposa chez son glorieux voisin. Première victoire cette année des joueurs du plateau mais surtout première victoire de tous les temps face aux joueurs tarbais. Une revanche pour ce petit club qui s'était fait un brin « enflé » lors de la fusion Tarbes Pyrénées Rugby, il y a quelques années, avaient de reprendre sa liberté. Aujourd'hui symbole du rugby de clocher, Lannemezan joue avec son âme, ses tripes et ses joueurs du cru, comme le faisaient avant lui Tyrosse, Gaillac, Baïgorry, Aubenas et bien d'autres…. A l'heure où ce débat anime la France, ne sont ce pas eux les dépositaires de l'identité du rugby français ? Et gageons, qu'avant de redescendre en fédérale 1, le CAL fera caler d'autres équipes.

 

 

Le 01/12/2009

Analyse de la 12ème journée de Pro D2 par Jean Lapoujade

Pendant que les Blacks, exceptionnellement white, transformaient nos coqs en chapons, le championnat de Pro D2 continuait son petit train train.

L'exploit de cette 12 e journée nous est venu de Auch, où les Narbonnais l'ont emporté de fort belle façon, confirmant un excellent début de saison. Désormais solidement installé dans le quatuor de tête, ils attendent fermement le leader agenais pour ce qui sera le gros choc de la 13 e journée.
Pendant ce temps, Lyon et Oyonnax, refuse de se laisser décrocher et se partage, en bon voisin, la 2 e place, Lyon ayant arraché le match nul à Grenoble pendant que les hommes de l'Ain atomisait des Montois assez peu combatifs.

Si, à Pau, le match contre Colomiers était annulé pour cause, je vous le donne en mille, de grippe A, sur les autres terrains on a évacué les affaires courantes. Chez la lanterne rouge, Lannemezan, Bègles confirmait son joli redressement à la mode Narbonnaise de son coach nommé Delpoux ; Pendant ce temps, Aurillac l'emportait, difficilement, face à La Rochelle et, de son côté Agen engrangeait les points face à Aix, en prévision d'un mois de décembre difficile.

Le dernier match opposait Dax à Tarbes. Les Dacquois l'ont emporté péniblement 19-16 devant un parterre de grands anciens pour qui cette affiche reste attachée à la finale la plus surprenante ses années 70.

A l'époque, les Cadors s'appelaient Béziers, Brive, Agen, Narbonne ou Montferrand. Et c'est pourtant ces deux outsiders qui se disputèrent le Brennus. On ne peut que louer ces phases éliminatoires, qui débutaient en seizième de finale et qui donnait au rugby un petit vent d'épopée. J'ai retrouvé un article de l'époque, écrit par Robert Barran dans feu « Le Miroir du rugby ». Inutile d'en rajouter (cela tombe bien, je n'ai pas vraiment le temps.

« On donnait Dax favori, en raison de ses performances antérieures. Aussi parce que l USD comptait dans ses rangs des personnalités auxquelles on accordait un crédit supérieur : Bastiat et Dutin, en avants, Lux en lignes arrières. Or les individualités si douées soient-elles ne peuvent s'exprimer que dans, par et pour l'équipe. Et cette équipe de Dax était curieusement désorganisée, pire même sans enthousiasme: le physique et le moral, le psychique, tout cela aboutissant à l'insuffisance technique. Bastiat paraissait survoler la masse des avants vêtus de rouge et de blanc. II la survolait en effet par quelques balles raflées au plus haut sommet de la touche, par une course solitaire de cinquante mètres, par un coup de pied gigantesque tel celui qui lui permit d'ouvrir le score de but en blanc. Le grave précisément c'est qu'il survolait, qu'on ne se regroupait pas autour de lui. Et l'on découvrait à l'inverse un Sénac, révélation de la saison dans cette spécialité, constamment épaulé et soutenu par Biescas et Paul, par Abadie et Verdier. Dutin mena quelques charges impressionnantes, en coup de boutoir suivant son style, mais en face on plaquait sec et bas, voir Leblanc, Paul et Cabar entre autres. Alors, du point de chute, la balte repartait le plus souvent de l'autre côté. Lux n'eut guère loisir de placer ses accélérations. Francois Marin et Joël Pécune étaient plus vifs que lui.

Trois hommes dans un quinze frappés d'impuissance en dépit de leurs velléités plus ou moins convaincantes. En face, tout un quinze. Cela se sentit dès l'engagement. Le tir au but initial de Bastiat en aurait peut être accablé d'autres. Les dispositions d'esprit des Tarbais n'étaient pas à la soumission, à la prudence, mais à la volonté de réplique. Et donc, l'ailier droit Montagné, une autre découverte de cette fin de saison, quitta audacieusement sa place classique, opéra comme un ouvreur ou un centre et Pécune, remarquable finisseur s'en alla au milieu des poteaux. C'était net, c'était tranchant, c'était un premier aperçu du ressort tarbais.

9-3 pour Tarbes à la mi-temps alors que les avants dacquois continuaient d'opérer en ordre dispersé et alors que leur ouvreur Freicha tapait aussi systématiquement qu'inopportunément. L'erreur stratégique apparaissait évidente et lorsqu'on libéra Freicha de consignes à contre-sens, il ouvrit de façon souvent irrationnelle, ne trouva pas le bon placement, ni le bon soutien de ses centres. Les Tarbais en profitèrent généralement. Ainsi arrive-til avec des jeunes joueurs qui n'ont pas encore maîtrise et maturité suffisantes, que l'on freine contre leur nature et puis qu'on lâche à contre courant.

Mais le vent dira-t-on. Ce Fameux vent d'autan défavorable en cette première mi-temps. Certes. Nous repensions à la devise de ce mensuel languedocien qui portait en en exergue : "L'Aüta que bufo un cop at més". Traduisez avec moi : "l'Autan qui souffle une fois par mois" En fait, il souffle plus souvent sur les plaines et les coteaux toulousains, mais sur le stade, il va de l'un à l'autre, d'une mi-temps à I'autre. Non, ce n'est pas la faute du vent pour reprendre une rengaine qui faisait voler les jupons. C'était la faute en cette deuxième moitié de match à la mêlée dacquoise qui perdit au total quatre balles sur introduction favorable. La perte la plus grave de conséquences fut celle qui bénéficia alors au demi de mêlée Save manœuvrant avec un culot et un à propos remarquables, mystifiant la troisième ligne landaise, perçant droit pour lancer le seconde ligne Biescas à l'essai. La cause était entendue. Il ne se trouvait plus personne pour plaider le dossier dacquois tellement il était démuni d'arguments. Et Save encore partit derrière sa mêlée amorça le mouvement sus la droite: c'était bouché. Un demi tour et voilà Michel, l'arrière, arrivé en Position d'ouvreur de l'autre côté ; un drop goal comme à la parade et le score montait à 18 -3. Un drop goal de Freicha puis l'essai conclu après un déboulé rageur d'Arrieumerlou continuant une jolie échappée de Capdepuy sur le côté fermé ne pouvaient servir aux Dacquois que de consolation. L'honneur était sauf, mais demeurait grande la déception.

Vraiment, l'on s'interroge. La première ligne dacquoise n'est pas seule en cause, mais l'ensemble ! Les attaquants dacquois, peut-on estimer qu'ils ont attaqué ? A vrai dire, l'USD n'arrive pas à bâtir sa doctrine, prise entre la liberté qu'on laisse à Dutin et Bastiat parmi les super-doués et la latitude que l'on n'accorde pas à ces jeunes que l' on appelle "les fils de Lasaosa". On regrette sincèrement qu'il n'en sorte que les éclairs d'un jour lorsque aux accents d'une banda explose la fiesta brava. Et puis, l'on retombe dans la somnolence des lendemains de liesse lorsqu'on va sur les bords de l'Adour, non pour y puiser le souffle vivifiant, mais pour disperser la migraine. Pourtant, les Freicha, les Cazenave et autres ont du rugby plein les doigts. Sans doute, court-il un peu trop d'araignées dans leurs jeunes têtes. Des araignées délivrez-les ! »

Merci à la Pro D2 de nous offrir ces belles séquences « Nostalgie » d'un rugby de toujours !

 

Le 23/11/2009

Analyse de la 11ème journée de Pro D2 par Jean Lapoujade

Pins bénis !

Ce championnat de Pro D2 reste décidément, très enlevé avec encore 3 victoires à l'extérieur au cours de cette 11 e journée. Logiquement, Agen et Grenoble se sont imposés à Colomiers et Aix, même si les Alpins ont connu quelques difficultés face à un promu très accrocheur. Plus surprenant, la victoire d'Aurillac à Tarbes : les hommes de Pierre-Henry Broncan ont, manifestement, passé la vitesse supérieure et entame une remontée au classement qui pourrait s'avérer surprenante.

Dans les autres rencontres, Bègles a stoppé la belle série de victoires oyonnaxiennes, La Rochelle a relevé la tête au dépend des Auscitains et Pau a enfoncé un peu plus Lannemezan. Quant au LOU, auteur d'une très probante victoire sur Narbonne, il confirme ses prétentions de favori de ce championnat.

Le dernier match opposait Mont de Marsan à Dax : derby landais éternel qui met toujours en émoi les amateurs du ballon ovale.

Mont de Marsan, la populaire, donna au rugby les frères Boniface mais aussi Benoît Dauga et, plus récemment, Thomas Castaignede. Son jeu enlevé ne s'est jamais démenti. De génération en génération, de mains en mains, le ballon virevolte là où on l'attend le moins, porté par le vent des Landes qui souffle en rafale dans les grands pins.

Dax, la bourgeoise, c'est ville maudite du Brennus. Bien avant Montferrand, les Dacquois perdirent 5 finales dont celle de 1963 face aux Montois. C'est aussi une pléiade d'internationaux dont les noms résonnent encore sur tous les terrains du monde  Albaladejo, Dourthe père et fils, Bérot, Bastiat, Lescarboura, Raphaël Ibanez…

Ce week-end, c'est Mont de Marsan qui l'emporta. Cela n'a aucune incidence sur la tête du classement, ces deux clubs ne semblant pas armés cette année pour jouer les premiers rôles. Mais cela valait bien un hommage à leur légende et, à travers eux, à tout le rugby landais qui, de Tyrosse à Hagetmau, en passant par Peyehorade, Souston, Mimizan ou Aire sur Adour, forme toujours des générations de joueurs. Du pin béni pour les grands clubs français.

 

Le 09/11/2009

Analyse de la 10ème journée de Pro D2 par Jean Lapoujade

Remember «le  rugueby con » …

Savez vous que ce sont des marins anglais qui importèrent le rugby en France ? Ils y jouaient lors de leurs escales dans les ports français.

C'est donc tout naturellement au Havre que le premier club français vit le jour. Parmi ces premiers amateurs du ballon ovale on trouvait le futur musicien Arthur Honegger. Il composa plus tard, en 1928, un mouvement appelé rugby dans sa célèbre symphonie Pacific 231.

Depuis la funeste Aliénor d'Aquitaine, Bordeaux a gardé quelques miasmes britanniques fort tenaces. Au début du XXe siècle, les jeunes Girondins appréciaient ce sport iconoclaste cher à leurs cousins d'Outre Manche. Ils le souhaitaient élitiste, réservé à une certaine caste, comme le voulait l'adage : « un sport de voyous pratiqué par des gentlemen ».

Mais, à l'image du rebond imprévisible du ballon, le rugby échappa à ces sphères papillonnantes et remonta le lit bouillonnant de la Garonne pour essaimer ses étranges poteaux dans tout le Sud-Ouest. De la Gascogne au Lauragais, du Périgord en Bigorre, du Béarn au Quercy, du Pays Basque au Comté de Foix, c'est tout un peuple qui allait s'emparer de ce jeu et lui inculquer ses valeurs de la terre, du combat, à l'image de la Soule d'autrefois. Le rugby devint « le rugueby con» un sport quasi régionaliste qui trusta pendant des lustres Brennus et Internationaux.

Pourquoi ce petit préambule historique qui arrachera quelques baillements aux nouveaux aficionados de ce sport, venus à l'ovale dans le sillage des paillettes du Stade-Français. Tout simplement parce que cette dixième journée de championnat de Pro D2 illustre la disparition progressive du « le rugueby con » au niveau de l'élite.

Les Gascons auscitains défaits chez eux à domicile, Tarbes et Pau chutant à Narbonne et Oyonnax, Dax et Colomiers étrillés à La Rochelle et Bordeaux, Mont de Marsan concédant le nul à domicile face à Lyon…. C'est toute la géographie du rugby de demain qui semble se redessiner. Seul Agen, avec sa légion étrangère, résiste encore pour l'instant au mouvement de l'histoire.

Aucune nostalgie, rassurez vous, juste un hommage : la reconnaissance d'une culture qui imprègnera à jamais l'histoire de ce sport.

Il faut savoir franchir « le rugueby con ». Comme l'aurait dit Cicéron, l'un des maîtres absolus du cadrage-débordement verbal : Ô tempora ô mores !

Tous les résultats de la 10e journée :

Lannemezan-Agen 11-41

Union Bordeaux-Bègles-Colomiers 31-9

RC Narbonne-Tarbes : 27-20

Oyonnax-Pau 16-9

 

Le 02/11/2009

Analyse de la 9ème journée de Pro D2 par Jean Lapoujade

 

Réalisme latent

A l'heure d'aller défier le LOU sur ses terres gauloises, l'Ours tarbais s'est fait porté pâle, succombant à son tour à l'affection tendance du H1N1. L'annulation de ce duel au sommet de la Pro D 2 a quelque peu grippé le classement de cette compétition.

Agen et Narbonne en ont profité pour marquer les esprits (et des points) grâce à la complicité involontaires des clubs landais. Le SUA a étrillé Mont de Marsan à domicile, 37 à 8, renforçant sa première place, pendant que les Audois signaient le gros coup de la journée en allant s'imposer à Dax 3 à 17. Décidément, la réaccoutumance de la Pro D 2 est difficile pour les deux anciens sociétaires de l'étage supérieur. Surtout quand on a la prétention, comme il est de tradition dans les Landes, de pratiquer un jeu complet et spectaculaire. Foin de fioritures dans ce championnat : on joue plus étriqué cherchant avant tout l'efficacité avec de gros packs et des buteurs qui assurent.

Agen l'a bien compris cette année. Après deux saisons à jouer culturellement, en ouvrant à tout va, comme on le fait depuis plus d'un siècle au Stade Armandie, les Lot et Garonnais se montrent cette année plus réalistes. Fini la rigolade : les cinq essais plantés aux Montois sont l'œuvre de leurs avants. Jaloux, Caucaunibuca en aurait même un début de jaunisse.

En matière de réalisme, les Oyonnaxiens sont des maîtres ! Sans tambour ni trompette, les joueurs de l'Ain ont signé à Aix leur sixième victoire consécutive et s'installe résolument dans le trio de tête.

Parmi les autres résultats de cette journée, Pau se donne un peu d'air en l'emportant à domicile contre Bègles (qui empoche le point de bonus défensif). Courte victoire de Colomiers face à la lanterne rouge, Lannemezan dont l'obstination pyrénéenne devrait finir par payer. A Auch, les Aurillacois, menés par l'ancien coach local, Pierre Henry Broncan, n'ont pas pesé très lourds. On notera enfin le match nul arraché par La Rochelle à Grenoble. Deux points qui redonnent un peu le sourire à cette sympathique équipe, défaite à domicile le week-end dernier par Lyon.

 

 

Le 26/10/2009

Analyse de la 8ème journée de Pro D2 par Jean Lapoujade

 

La griffe de Lyon

Avec le diktat des droits TV, même les journées de Pro D2 sont saucissonnées entre le samedi et le dimanche. En examinant les résultats de la première fournée, je pensais qu'on s'acheminait vers une journée plan-plan, à l'ancienne, avec que des victoires logiques à domicile. Le leader Narbonne cédait à Aurillac où, les premiers frimas arrivant, il va devenir de plus en plus difficile de gagner. Pendant ce temps Agen reprenait la première place en remportant une victoire sur Pau sans forcer son talent. Les autres résultats s'inscrivaient dans la même confondante banalité et je m'apprêtais à rédiger un commentaire laconique, aussi palpitant qu'une compétition de curling.

Et puis les deux matchs dominicaux me sortirent de mon expectative.

A Lannemezan, Mont de Marsan, au bout du suspens, privait l'équipe locale de son premier succès de l'année. Gageons qu'avec leurs vertus et leur culture les Pyrénéens vont finir par ouvrir leur planchot de victoire.

Mais le gros coup de tonnerre nous est venu des bords de l'Atlantique ! Souvenez- vous la semaine dernière, je faisais des Lyonnais les grands favoris masqués de ce championnat. Cette semaine le LOU est sorti du bois en l'emportant à La Rochelle , un autre postulant à la montée.

Mais, au-delà de cette victoire, c'est tout le leadership rugbystique de la région Rhône Alpes qui est en jeu. En Pro D1, Bourgoin connaît de sérieuses difficultés financières qui hypothèquent son avenir. A l'étage inférieur, Grenoble marque le pas (nouvelle défaite à Tarbes 18-28) et Oyonnax ne semble pas bénéficier d'un tissu économique suffisant pour monter un projet pérenne. Un peu plus bas, Bourg en Bresse n'en finit plus de faire l'ascenseur. Quant au glorieux La Voulte , il a rejoint les Carmaux, Lourdes, Bagnère et autres Quillan dans les grands disparus du rugby français. Lyon peut donc aspirer légitimement à un avènement régional, entraînant derrière lui toute une population adepte du ballon ovale.

J'entends déjà, ici ou là, quelques ronchons à la petite semaine mettre en avant l'absence de culture rugbystique de ce club et craignant l'émergence d'un avatar superficiel à l'image de certains clubs de football. Je répondrais à ces pisses vinaigre que le LOU a été fondé en 1896, ce qui en fait certainement l'un des plus anciens clubs de l'hexagone, et qu'il compte 3 Brennus à son actif : 1931-1932-1933 ! Je connais quelques clubs de Pro D1 qui ne peuvent pas en dire autant.

Alors cessons de crier au LOU et observons attentivement la progression de cette équipe.

 

Le 19/10/2009

Analyse de la 7ème journée de Pro D2 par Jean Lapoujade

Décidément ce championnat de Pro D2 se complait dans l'art de déjouer tous les pronostics.
La semaine dernière je mettais en exergue la bonne tenue de Tarbes et les difficultés de Pau qui traînait sa peine en fin de classement. Patatras ! Au cours de cette 7e journée, la Section paloise  l'a emportée en terre tarbaise grâce, notamment, à son ouvreur André Hough auteur de trois drops !
Il s'agit de la seule victoire à l'extérieur. Pendant ce temps le leader Agen, qui, à l'image de son 3e ligne centre Fonua, faisait figure de bulldozer dans cette compétition, subissait un coup d'arrêt à Oyonnax. Les joueurs de l'Ain sont, décidément, la bête noire du SUA qui rétrograde à la 2e place après cette défaite.
Narbonne en profite pour reprendre le leadership  après avoir balayé une équipe de Grenoble atone. Pour ce déplacement en terre audoise, Fabrice Landreau avait remanié profondément son équipe. Cette déroute semble démontrer qu'il ne dispose pas d'une réserve suffisante pour prétendre à la montée en top 14 cette année.

Dans la tribune narbonnaise, on notait la présence de Marc Delpoux,  ancien joueur et entraîneur emblématique du club, au chômage  depuis la fin de son contrat avec  Calvisano. Surprise, nous apprenions, ce lundi, qu'il avait signé un contrat pour devenir manager de… Bègles Bordeaux. Rien de scandaleux à cela. Juste la confirmation que le rugby professionnel, même en Pro D2, se standardise de plus en plus au dépend des cultures de clubs.
Pour en finir avec cette 7e journée, nous noterons la défaite des cadors Dax et La Rochelle à Aurillac et Colomiers et la nouvelle victoire du LOU face à Auch. Les Lyonnais pointent désormais à la 3e place du championnat. Sans faire de bruit ils construisent une équipe redoutable qui pourrait bien mettre tout le monde d'accord dans les prochaines semaines !


 

Le 15/10/2009

Analyse de la 6ème journée de Pro D2 par Jean Lapoujade

Après cette 6e journée de championnat de Pro D2,  l'Agenais que je suis aurait beau jeu de se gargariser de l'irrésistible prise de pouvoir du SUA.
Ce serait facile et certainement prématuré tant cette compétition se révèle serrée. A chaque journée, son lot de surprises.

Cette semaine pas moins de trois victoires à l'extérieur (dont celle bonifiée d'Agen à Bordeaux) et deux matchs nuls sont venus bousculer les pronostics du café des sports.

Ainsi, Aix en Provence, après un départ poussif, est allé accrocher Colomiers sur son terrain.   Pujo, l'entraîneur Columérin, victime
collatérale de cet accrochage, quitte le club garonnais.

Pau, après sa victoire en terre Auvergnate, n'a pu concrétiser face de redoutables Rochelais et continue de se traîner au fond du classement.

Un peu plus loin, sur la chaîne des Pyrénées, Tarbes regagne les sommets après l'avoir emporté à Auch.  Une belle revanche pour le club Haut Pyrénéen qui n'a pas été avare, ces dernières années, de crises financières et sportives. Mais, si un marchandising ambiant à baptiser « Tarbes Pyrénées Rugby »les sociétaires du Stade Maurice Trélut, sous la casaque rouge et
blanche bat toujours le cœur du  glorieux Stadoceste Tarbais si cher à mon ami Benoît Campistrous.  C'est lui qui m'expliqua un jour l'origine de ce nom étrange : Dans l'antiquité, les cestes désignaient des gants de cuirs, armés de plaques de fers que portaient les lutteurs. Au début du XXe siècle, La Ceste Tarbaise était un club de boxe et d'escrime. Elle fusionna avec le
Stade Tarbais pour donner un club omnisport, le Stade-Ceste Tarbais qui devint Stadoceste par la magie de l'erreur d'un typographe. Un nom original entre tous qui s'illustra en 1920 et 1973 en remportant le bouclier de Brennus et en donnant à l'équipe de France des joueurs de la classe de Cassayet, Borde, Soro, Hondagné et, bien sûr, Philippe Dintrans.


Le 29/09/2009

Analyse de la 5ème journée de Pro D2 par Jean Lapoujade

Numéro Ain

Au-delà d'un nouveau changement de leader, le championnat de Pro D2 continue d'exacerber nos papilles rugbystiques en cultivant l'illogisme du terrain, face à la dictature budgétaire ambiante.

Auch, en plein marasme financier, défait la semaine dernière à domicile, est allé s'imposer à Mont de Marsan, l'un des cadors de ce championnat. Aix en Provence, le jeune promu, a remporté sa première victoire face à Narbonne.
Les clubs pyrénéens, Pau et Tarbes se sont offert deux postulants à la montée, Dax et Bègles. Mais la plus grosse surprise nous est venu de la capitale des Gaules avec la victoire sans appel d'Oyonnax sur le terrain du Lou.

Oyonnax !!! Depuis une dizaine d'années les rugbymen ont appris a situé géographiquement cette petite ville de l'Ain au nom barbare. Qu'ils viennent du Sud-Est ou du Sud-Ouest, d'Auvergne ou de la région parisienne, tous appréhendent ce déplacement interminable aux confins des montagnes jurassiennes. Très peu s'y sont imposés et le stade Charles Mathon est en passe de devenir une citadelle rugbystique aussi connue qu'Armandie, Musard, Maurice Trélut ou Jean Alric.

Oyonnax perpétue cette culture du rugby qui imprègne le Centre Est de la France. Le club reprend le flambeau des Montchanin, Le Creusot, Saint Claude ou Bourg en Bresse qui ont laissé à jamais, l'empreinte de leurs crampons, dans  l'histoire du ballon ovale.

 

Le 22/09/2009

Analyse de la 4ème journée de Pro D2 par Jean Lapoujade

Bastons sous la pluie

Rien ne vaut une bonne pluie pour décanter un championnat opaque. C'est le principal constat météorologique que nous tirerons de cette 4e journée de Pro D2.

Côté promus, c'est l'embourbement général dans les profondeurs du classement. Toujours aucune victoire au planchot, même si Aix a bien résisté sur le terrain de Mont de Marsan.

Petit patinage également en tête du classement. Le leader Narbonne a subi la loi inexorable des Oyonnaxiens toujours inoxydables à domicile. Grenoble, quant à lui, a du s'arracher les tripes pour venir à bout de la Section paloise qui mérite mieux que le fond du classement.

Et pendant ce temps, Agen et Dax sont passés entre les gouttes. Les deux grands favoris de ce championnat ont gagné à l'extérieur, respectivement à Auch et Lannemezan, et se rapprochent  doucement de la tête du championnat.

Les Auscitains avaient pourtant bien préparé ce derby gascon. Dans un stade Jacques Fouroux , plein jusqu'à la gueule, qui retrouvait pour l'occasion le charme désuet des matchs du dimanche après-midi, nous assistâmes à une partie âpre avec des plaquages bien appuyés, des mêlées chahutées et des chicaneries à foison sur les multiples touches.

Dupuy, le demi de mêlée d'Agen, nous gratifia même d'un geste technique comme on les aime dans le Sud-Ouest : le troisième ligne adverse l'ayant attrapé par le maillot alors qu'il n'avait pas le ballon, il lui décocha un superbe coup de poing, spectaculaire mais pas méchant. Ce que le grand Walter qualifiait jadis de « viril mais correct ». S'en suivit une petite générale, bien dans le ton de cet évènement « derbystique ». Hélas, le board, toujours rabat joie, a banni cette gestuelle de son règlement et l'arbitre sortit un funeste carton rouge digne d'un match de football.


Agen finit la partie à 14 contre 15, sans encaisser de point. Pas de doute, le glorieux SUA semble être au rendez-vous de cette nouvelle saison de Pro D2 pour la plus grande joie du père Ferrasse  qui, a 92 ans, continue de porter les yeux de Chimène sur son club de toujours.

 

Le 15/09/2009

Analyse de la Pro D2 par Jean Lapoujade

Ode à Narbonne

Pour ma génération, qui s’est éveillée au rugby dans les années 70, quelques clubs gardent un goût suave de légende mâtiné d’épopée et de joutes épiques.

Béziers, bien sûr, avec tous ses titres glanés par son pack de mammouths avec, à la baguette, un Astre du ballon ovale ; Brive et ses guerriers parés de trognes terribles à géométries variables et souvent affublés de patronymes de bande dessinée (Fite, Rossignol, Boulpiquante, Puidebois) ; Agen avec ses chevaux sauvages qui furent les seuls à faire plier l’ogre biterrois en 1976 ; et puis surtout Narbonne…

Le club audois était certainement le chouchou du grand public. Complet dans toutes ses lignes, pratiquant un rugby étonnement moderne, il possédait des joueurs qui ont accroché à jamais leurs noms au panthéon du rugby français.

Devant, le pack était estampillé Spanghero, du nom de la tribu mythique du grand Walter. Elle imposa, pendant plus d’une décennie, sa dureté mais aussi un certain code de l’honneur sur tous les terrains de France et de Navarre. A ses côtés, les Salette, Canaguier, Hortoland, Colomine ou autre Barthez (le père de Fabien) n’avaient pas leur pareil pour épousseter les regroupements avec leurs grosses paluches calleuses, souvent forgées aux
travaux de la terre.

Derrière, Jo Maso n’était pas encore ce barbon insipide de la FFR, mais un joueur génial, anticonformiste, capable de tous les exploits balle en main. A côté de lui, François Sangali, créateur élégant, valorisait le jeu de son partenaire comme il le ferait plus tard pour un certain Didier Codorniou. Les Bénacloï, Sutra et le regretté Lucien Pariès complétait ce feu d’artifice languedocien qui s’allumait chaque semaine en plein jour, après le poulet frite dominical.

Rassurez-vous, nulle mélancolie dans cette évocation. Juste une façon de dire que, retrouver Narbonne en tête du championnat, ne serait ce que de Pro D2, cela fait fichtrement plaisir !

 

Le 08/09/2009

Analyse de la Pro D2 par Jean Lapoujade

Dés la deuxième journée, le championnat de Pro D2 a révélé les grandes tendances qui devraient marquer  l'automne-hiver.
Pendant que certains cadors (Agen, La Rochelle, Lyon) mettent tranquillement leur jeu en place, laissant entrevoir quelques belles promesses rugbystiques, Grenoble caracole vers les sommets. Le club alpin se rappelle de façon magistrale à tous les acteurs, un brin autiste, du rugby de Rhône-Alpes, qui avaient un peu oublié le FCG dans les différentes divagations hors sportives de cette fin d'été.
Avec la patte de Christophe Landreau, l'équipe grenobloise, retrouve un rugby plus structuré et, par là même, quelques ambitions dans ce championnat. Une bonne nouvelle pour un public traditionnellement acquis au rugby, mais qui aurait pu se laisser séduire par les pousseurs de citrouilles voisins, désormais en ligue 1 de football.

De l'autre côté de la France, les clubs landais (Dax et Mont de Marsan) subissent le jet lag de la descente en Pro D2. Fini les froufrous virevoltants du top 14 devant les caméras de canal plus : place aux luttes anonymes et austères autour du sacro saint groupé pénétrant juste éclairées par quelques chandelles. La réadaptation s'annonce compliquée !

En revanche, de bonnes surprises nous viennent de certains historiques du rugby français. Pau, Narbonne et Bègles (je ne m'habituerai jamais à « Bordeaux-Bègles ») végétaient, ces dernières années, dans ce que l'on pourrait qualifier de  « ventre mou de pilier à l'ancienne du championnat ».
En cette fin d'été, ils semblent retrouver quelques vertus conquérantes, plus en rapport avec  leur lustre passé.

De leur côté, les deux promus, Aix et Lannemezan doivent encore faire leur preuve. Ne les enterrons pas trop vite avec l'épitaphe de la relégation.

Un mot enfin sur Aurillac, qui connait un début délicat. Mais les Auvergnats, élevés aux vertus de l'aligot, restent compacts et peuvent s'avérer dur à digérer pour certains clubs qui les prendraient à la légère.
Agen, leur prochain adversaire, est prévenu.

Jean Lapoujade

Le 03/09/2009

Première journée de la Pro D2

Moins soumis que son grand frère du Top 14 au diktat des horaires télévisuels ou aux surcharges pondérales d'un calendrier ésotérique, le championnat de Pro D2 a repris le chemin des Stades le week-end dernier.

Pour cette première journée, on se l'est joué « à l'ancienne » avec que des victoires à domicile. Nous ne relevons également aucun gros score, ce qui laisse présager d'une compétition particulièrement, équilibrée cette année.

Si des équipes comme La Rochelle , Agen, Dax ou Mont de Marsan peuvent se voir apposer (contre leur gré) une étiquette de favori. Grenoble avec à sa tête un Fabrice Landreau revanchard qui revient au Pays après sa stupide éviction du Stade Français, et Bordeaux Bègles ne seront pas non plus des faire-valoir.

Mais d'autres équipes risquent de jouer les troubles fêtes. C'est tout le charme de la pro D2 où l'on retrouve des clubs historiques de notre rugby qui composent encore avec des joueurs du cru. Ils savent se surpasser pour le seul amour du maillot et mettre encore la tête dans des regroupements, là où d'autres ne glisseraient pas un orteil. Auch, Aurillac et Oyonnax sont certainement des parangons en la matière.

On suivra attentivement les nouveaux venus, Aix en Provence et Lannemezan, qui se sont renforcés intelligemment et qui ne devraient pas se présenter en victime expiatoire de l'ascenseur.

Enfin, nous garderons un œil sur Lyon, valeur sûre de ce championnat, avec, en filigrane, ce projet de grand club rhodanien qui manque au rugby français.

Jean Lapoujade

 

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