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TOUS LES EDITOS DE MARINE GALLEGO
sur le Tournoi des 6 Nations
SAISON 2009/2010
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Le 27/02/2010
Pourquoi ne pas poireauter une mi-temps?
Il n'y pas grand chose à dire de ce match qui peut se résumer par la seule maxime d'Alfred de Musset : qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse. Le scénario semblait déjà écrit du côté gallois : leur victoire à l'arrachée face à l' Écosse les ont inspirés, enthousiasmés, durant la seconde mi-temps. |

Alexis Palisson
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Qui a déjà eu le privilège de rencontrer un coq schizophrène? Et bien nous! Après une première mi-temps sans fausse note, les tricolores se sont enivrés de ce doux parfum de victoire, pervers contrecoup de points, trop facilement accumulés. Des charmes qui ont plongé l'équipe dans une sorte d'état comateux. “Un calvaire”, “une grosse frayeur”, “un bordel”. Les joueurs sont réalistes quant à cette seconde mi-temps où ils ont offert aux joueurs du poireau, sur un plateau d'argent, une piquante vinaigrette en guise de remontant.
Un rideau bleu
Une première mi-temps où les Bleus portent leur surnom avec honneur et se concentrent sur les fondamentaux, ce qui fait leur succès depuis ce début de tournoi : c'est à dire la mêlée, la puissance des gros. La méfiance est cependant de mise, surtout aux ailes, où la défense est impeccable quand il s'agit de s'attaquer au diable de Shane Williams. Nos Bleus sont sages, simples et au final efficaces. Par deux fois, des approximations galloises permettront à une défense qui n'hésite pas à monter très haut, d'intercepter des ballons avec opportunisme. Par deux fois, les chapardeurs Alexis Palisson et François Trinh-Duc s'échapperont au-delà de la ligne d'essai et Morgan Parra concrétisera toutes ses tentatives. Le score est sans appel : 0-20 pour les tricolores.
Jeunes, fous...
Au retour des vestiaires, les deux équipes ne le savent pas encore mais le vent a changé de direction. Était -ce le spectre écossais? Nous ne le saurons pas mais ce que nous avons vu durant les quarante dernières minutes laisse pantois... Les gallois ont décidé de réciter leur leçon, par coeur, et avec coeur, à la différence des français. Les diables rougeoyants ne cachent pas leurs résolutions et mettent immédiatement sous pression leurs adversaires. Les effluves euphorisantes s'évaporent vite des têtes de nos chers petits qui semblent-ils, dépassés par les événements, agissent nerveusement et se mettent à la faute trop souvent. Des pénalités joliment emballées pour Stephen Jones qui ne se prive pas pour réduire l'écart au score, en moins de dix minutes.
...et fiévreux
La bête est réveillée et se révèlera difficile à asso m mer. Dès la soixantième minute, le navire est en feu, les français marchent sur des braises : graduellement, ils fondent dans l'antre du Millénium. Appelons ça d'une manière ou d'une autre mais les gallois, en terribles pyromanes, ont décidé de se délecter du spectacle des français en perdition. Notre défense n'est plus si haute aux yeux des locaux qui malgré nos vilains chatouillements trouvent la ligne d'essai avec l'arrière Leigh Hal f penny. Des chatouilles qui font rire les gallois et pleurer les français... à force d'en abuser. Des actes d'anti-jeu qui poussent un Morgan Parra très agité à se repentir 10 minutes au frigo. Ses gestes obligent François Trinh-Duc à sortir pour positionner Fred Michalak en position de demi de mêlée buteur : un choix qui apparaît judicieux puisque les français, malgré un rythme toujours aussi apathique, ne laissent rien filtrer au delà de leur ligne d'essai. Le toulousain se permettra même de passer une pénalité avant de manquer un drop peu évident.
Soupirs et angoisses
Parra entre à nouveau et les gallois calment le jeu, ce qui permet au clermontois de concrétiser une nouvelle pénalité qui, à deux minutes de la fin, semble libérer les Bleus. Une victoire à l'horizon qui incite Marc Lièvremont à rentrer Marc Andreu pour sa première sélection.
Le calme avant la tempête : une expression qui va comme un gant au XV du poireau. Ces gallois sont définitivement enragés quand Shane Williams glisse sur la défense pour marquer un second essai. Michalak tape finalement en touche pour terminer cette pénible rencontre qui aura vu les dragons tenir une épée de Damoclès au-dessus des têtes françaises jusqu'à la toute fin.
Une épée qui ne s'est pas retrouvée là par hasard . Car si les Gallois ont su se remobiliser, comme à chacun de leur match durant ce tournoi, nous ne les en avons pas réellement dissuadé. Cette France ne leur a pas fait peur, malgré la défaite, répète Warren Gatland. Nous avons su prendre les points quand il le fallait. Nous avons confirmé nos points forts. Et comme toujours, la marge de progression est grande. Mais que de souffrances pour une victoire 20 à 26. Marc Lièvremont reste persuadé que ce calvaire aura soudé les joueurs un peu plus encore.
Un futur compliqué mais excitant
Faisons l'effort de retenir le positif : trois victoires d'affilées qui nous rapprochent toujours plus d'un Grand Chelem. Oui, mais. Ils ont eu peur. Ils le savent qu'ils ont du rester costaud pour éviter de se brûler les ailes un peu plus. Les cendres galloises, témoin d'un géant toujours vivant, ont failli nous étouffer et ont révélé un jeu plutôt terne, malgré des joueurs solidaires. Un choix de la part des entraîneurs.
Après un coq aux poireaux, à l'arrière goût cendreux, les joueurs vont pouvoir bénéficier d'une semaine de repos av ant de recevoir les Italiens. L'air frais de leur région leur rendra, nous l'espérons, quelques couleurs qu'il faudra arborer contre les méditerranéens, généreux, qui n' hésiteront pas à utiliser leur cuillère de bois, seul trophée du Tournoi 2009, pour cuisiner avec hardiesse nos petits bleus.
Marine GALLEGO
Angleterre - Irlande
Une rose flétrie
Une pluie battante. Une timide rose au milieu d'un champ de trèfles. C'est l'histoire d'une noyade. C'est l'histoire d'une marche funèbre. Ce n'est pas être fataliste que de penser ainsi car l'Angleterre ne convainc plus personne. Twickenham a pourtant répondu présent. Martin Johnson s'est même efforcé de défendre Wilkinson tout au long de la semaine, alors que les journalistes faisaient de lui un Roger Rabbit que l'on aurait souhaité dépecer. Mais cette combinaison n'est pas faite pour durer. Courir après le score, quand les Irlandais marquent deux essais. Les dépasser et croire un instant à la victoire finale. Oublier donc les chimères d'une nouvelle déception, pour finalement se faire poignarder, sur la toute fin, par un nouvel essai. Car malgré une belle remontée, les anglais n'ont pas été inspirés. Sexton, préféré à O'Gara du côté irlandais, aurait pu assombrir ce constat, s'il n'avait pas laissé passer quatre pénalités. Wilkinson en laissera trois. Manque d'efficacité, de maîtrise : l'Angleterre est meurtrie par sa défaite 16 à 20. Les orgueilleux feront-ils payer leur amertume aux écossais et aux français? |

Angleterre-Irlande
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Italie - Ecosse

Italie-Ecosse |
Ciao bella!
Enfin! Voilà le seul mot qui vient à l'esprit. Depuis mars 2008, l'Italie cherchait sa victoire et elle l'a trouvé face à l'Écosse. Frustrés par leur précédents match face aux anglais, les Azzurri affichaient beaucoup d'ambition à domicile. Après une première mi-temps très approximative où chacun des deux camps se perdait dans un rugby brouillon, l'entrée de Pablo Canavosio secouait le chardon, entre ses poteaux, pour le seul essai du match. Mirco Bergamasco, en réussite au pied, poursuivait l'effort pour une victoire 16 à 12. Qui aurait cru que les écossais relâcheraient ainsi la pression? Malgré leurs deux premières journées conclues par d'étriquées défaites, il était légitime de penser qu'ils feraient tout sauf passer de la pommade aux joueurs de Nick Mallet. Douce illusion. L'envie était plus forte au sud. La honteuse cuillère de bois est rendue, pour le moment, aux écossais de Parks qui pourront regretter d'avoir laissé filer leur sang-froid et leur réalisme.
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Le 23/02/2010
Pour le meilleur et pour le pire
L'enfer rouge : joueurs et entraîneurs français n'hésitent pas à parler du Millenium Stadium de Cardiff dans des termes similaires. Parce que le beau temps ne sera pas forcément de la partie, les Gallois et leurs diables de joueurs auront tout intérêt à enflammer le décor pour déstabiliser leurs visiteurs. Car comme nous, ils sont capables du meilleur, comme du pire.
Warren Gatland ne tergiverse pas et parle des Bleus en ces termes. Car si d'après lui nous sommes performants à tous niveaux, il faut croire que la claque de Twickenham l'an passé est restée dans toutes les têtes, et pas seulement dans celles des français. |
Warren Gatland
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Le XV du poireau est déjà passé par toutes les couleurs après deux journées de Tournoi. Trop peu combatifs en Angleterre, attentistes face à l' Écosse puis revenant en grâce en moins de cinq minutes...leur jeu est décidément capricieux et nous rappelle certains autres (et ce ne sont pas les sélectionneurs français qui nous contrediront). Aussi, les gallois auront-ils à coeur, en ouverture de cette troisième journée, de remettre les Bleus à leur place et de faire briller, devant leur public, leur titre pas si poussiéreux de Champion du Tournoi 2008.
Warren Gatland doit toutefois faire face à une pénurie de joueurs à l'avant : Gethin Jenkins ou Gareth Williams pour ne citer qu'eux, ne sont pas revenus de blessure. “Bad luck”, quand le pack français dévore son vis-à-vis à chaque match. A l'arrière, Gatland peut compter sur ses poids lourds comme James Hook et Shane Williams, associés à des plus jeunes comme L ei gh Halfpenny, annoncé comme successeur du second. La France, ayant quelques problèmes au niveau des ailes, devra rester très méfiante face à une telle combinaison. Mais, pénurie galloise néanmoins, que les médias du pays n'hésitent pas en tout cas à mettre sur le compte de certaines décisions du sélectionneur ; comme celle, par exemple,de ne pas rappeler en équipe nationale des joueurs évoluant hors du Pays de Galles. Peut-on vraiment lui en vouloir? Son groupe est finalement homogène, au risque pourtant de se priver de certains talents. La charnière est elle en période d'apprentissage : associé au grand demi d'ouverture Stephen Jones, Richie Rees des Blues sera à surveiller, désireux de faire ses preuves après sa bonne entrée face aux écossais . Le public l'aura compris : chaque décision compte pour chaque match et le groupe gallois doit se reconstruire autour de cette victoire à l'arrachée en Écosse .
Côté tricolore, les blessures nous ont aussi posé quelques soucis avec les forfaits de Clerc, Ouedraogo et Marconnet. Mais la pépinière semble encore abriter quelques belles plantes, en la personne de Benjamin Fall, à qui les sélectionneurs redonnent une chance après le match en demi-teinte face à l' Écosse , Alexandre Lapandry, et Clément Baïocco. Oui, Clément Baïocco, pilier au Racing-Métro qui surprend son monde en passant 23e homme. Marc Lièvremont confie qu'il le suivait déjà depuis Montpellier (décidément!) avant sa grave blessure au genou l'éloignant des terrains durant plusieurs mois. Les sélectionneurs ont donc le don pour poursuivre le travail dans une continuité qui leur est chère, tout en intégrant, par petites touches, les élèves méritant du Top 14.
Pour le reste, rien ne change vraiment. Bonnaire passe titulaire à la place de Ouedraogo, Poux pilier remplaçant, le tout associé à une paire d'ailier plutôt jeunette, avec Benjamin Fall et Alexis Palisson tous deux titulaires. Mais si les entraîneurs leur font confiance, gageons qu'ils ne se feront pas piéger par les diables rouges à l'arrière : au hasard Shane Williams et ses assommantes surprises. Car le sélectionneur gallois a prévenu : ses joueurs seront physiques et réalistes, pour éviter de tomber dans les mêmes erreurs que les irlandais.
Le dragon inspire l'action. Telle est la devise des Gallois. Si cela signifie que le coq passe à la broche pour le souper vendredi soir alors non merci, on s'abstiendra de rôtir quelques plumes. La victoire, la passe de trois, la perspective d'un Grand Chelem : voilà ce qui nous fait saliver. Les Gallois doivent donc s'attendre à un féroce retour de flamme.
L'équipe pour la France : 15.Clément Poitrenaud, 14.Benjamin Fall, 13.Mathieu Bastareaud, 12.Yannick Jauzion, 11.AlexisPalisson, 10. François Trinh-Duc, 9.Morgan Parra, 8.Imanol Harinordoquy, 7. Julien Bonnaire, 6. Thierry Dusautoir (cap), 5.Pascal Papé, 4.Lionel Nallet, 3. Thomas Domingo, 2. William Servat, 1.Nicolas Mas
Remplaçants : Poux, Szarzewski, Pierre, Lapandry, Michalak, Marty, Malzieu
L'équipe pour le pays de Galles : 15.Lee Byrne, 14.Leigh Halfpenny, 13.James Hook, 12.Jamie Roberts, 11.Shane Williams, 10.Stephen Jones, 9.Richie Rees, 8.Ryan Jones (cap), 7.Martyn Williams, 6.Jonathan Thomas, 5.Deiniol Jones, 4.Bradley Davies, 3.Adam Jones, 2.Huw Bennett, 1.Paul James
Remplaçants : Owens, Gill, Charteris, Warburton, Phillips, Bishop, Shanklin
Marine GALLEGO

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Le 15/02/2010
6 Nations - 2ème journée
France - Irlande
Nos Bleus, Héros d'un soir
“ Ne dites pas bonjour au diable quand vous êtes à sa rencontre.” Proverbe Irlandais. Les Français, en ce samedi 13 février 2010, n'ont pas seulement salué les diables irlandais : ils ont répondu présent, joué à leur jeu, les ont dépassés pour finalement les quitter, au bout de 80 minutes, sur un cinglant “Bonsoir”. Ce soir-là, les Bleus sont les rois du Tournoi avec leur victoire 33 à 10.
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A la manière d'icônes grandissantes, nos Bleus ont assumé ce match dans son intégralité. En anéantissant les espoirs irlandais de réaliser un second grand Chelem, les Français s'offrent la part du lion et pourraient presque prendre leurs rêves pour des réalités : trois victoires d'affilée et un grand Chelem? Nous aussi, on veut y croire.
Vainqueurs de l' Écosse à Murrayfield dimanche dernier, les Bleus recevaient les Verts au Stade de France pour leur premier match à domicile en ce Tournoi 2010. Un adversaire de choix pour effacer la timide prestation de la semaine passée et les commentaires peu fair-play de l'ailier Keith Earls, prêt à tricher pour venger les footballeurs nationaux de la main d'Henry. Des propos qui n'ont pas réussi à déstabiliser nos joueurs, à l'image de Morgan Parra : le berger effronté répondait même à la bergère, dans la semaine, que les Irlandais, eux, trichaient tous les week-ends. Le combat était déjà bien engagé.
Par un temps bien hivernal...
...le jeu s'est engagé sur une domination irlandaise durant le premier quart d'heure. Nous chipant nos touches, occupant notre moitié de terrain, mettant sous pression les français, les irlandais débutaient le match sur une cadence attendue d'eux. Nos Bleus nécéssitaient eux, plus de temps, pour trouver les moyens d'échapper aux joueurs du trèfle, montant haut pour contrer les attaques et se rapprochant de plus en plus vite de la sainte ligne. Quelques cafouillages au pied et à la main plus tard, notamment Dusautoir infligeant involontairement une fourchette au basque Imanol Harinordoquy, la première frayeur est signée Gordon d'Arcy narguant Clément Poitrenaud sur un ingénieux coup de pied qui se fera finalement contrer par Vincent Clerc. Un toulousain pour en sauver un autre. Après cela, les Français prennent les choses en main avec Harinordoquy relançant une attaque, coupée net, comme Parra par Cian Healy. Malheureusement pour les joueurs du trèfle, le petit numéro 9 était sans ballon et le pilier irlandais écope logiquement d'un carton jaune. L'occasion pour notre demi de mêlée/buteur d'ouvrir le score. 3-0. Le XV du trèfle ne le sait pas encore, mais il a d'hors et déjà laissé passer sa chance dans ce match.
Après quelques tâtonnements mais toujours une bonne défense, Alexis Palisson se fait faucher par Flannery et se voit contraint de sortir malgré un début de match dynamique. Il laisse sa place à Julien Malzieu. Les mêlées s'enchaînent et les avants se chatouillent. Leurs regards de combattants ne laissent aucun doute : ils ont la fièvre ce soir, la fièvre de la victoire! William Servat nous le prouve en aplatissant le ballon pour le premier essai, à défaut d'avoir précédemment obtenu un essai de pénalité malgré la correction de la mêlée française et la mêlée irlandaise. Mais quelle satisfaction!
Les actions s'enchaînent, en dépit d'O'Gara ouvrant (enfin!) le score. Les Bleus gardent sous pression l'adversaire ce qui permet à Jauzion d' aplatir à nouveau après une percée de Mathieu Bastareaud . Quelques frayeurs viennent encore bousculer le XV de France : Lionel Nallet, toujours aussi énergique, parvient à endiguer les débordements du trèfle. Les irlandais ne trouvent aucune solution et brisent leurs espoirs sur la défense française. A la mi-temps, l'écart est étonnant. 17-3.
Les tricolores ont quelques points d'avance...
...et doivent les conserver. Prudence mais insolence sont de rigueur. Il faut se faire plaisir et les joueurs l'ont bien compris. Les trois quarts tentent, les avants punissent la mêlée adversaire, la charnière se cherche et se trouve, sans pour autant concrétiser, comme l'essai de Vincent Clerc refusé. Ce dernier blessé doit laisser sa place d'ailier au centre David Marty : une petite inquiétude à ce niveau-là qui finira par se dissiper avec l'essai de Clément Poitrenaud, à nouveau très bien servi par Bastareaud, toujours au contact! Cette fois-ci, tout le monde est servi, à l'avant comme à l'arrière. La fougue des français s'illustre avec l'audace de la charnière et Morgan Parra tentant et réussissant un drop. Un réalisme fou. Les Bleus prennent les points...
...et les irlandais aussi qui refroidissent nos ardeurs et sauvent l'honneur en marquant leur premier essai de la partie à l'aide du troisième ligne Wallace. Alors que Michalak rentre à l'ouverture et Trinh-Duc passe au centre à la place de Jauzion, que Parra reste à terre et qu'O'Gara sort discrètement pour laisser sa place à Sexton, Marconnet se blesse et Nicolas Mas revient fouler le terrain. Cette fin de match réserve cepenant encore de jolies surprises avec des irlandais très indisciplinés et des français toujours aussi surprenants : Parra malgré son petit gabarit se jette dans les pieds des gros et Michalak passe un nouveau drop. Et, enfin, la victoire est acquise. La Libération : une joie communicative se lit sur le visage rougeoyant des joueurs, les yeux brillants, qui s'observent, s'embrassent et sourient à leur public.
Nos Bleus ont incontestablement grandi ce soir.
Le match est complet, à l'avant, comme à l'arrière, malgré les pépins physiques. Cette fois-ci, contrairement à l' Écosse , chacun a pu faire valoir son talent et le mettre au service de l'équipe, grâce aussi à l'étonnante indiscipline irlandaise. Malgré le match exceptionnel du collectif, il est impossible de ne pas distinguer des individualités, et notamment celles de notre charnière. Bien sûr , rien n'aurait été possible sans le travail acharné et les ballons propres du 8 de devant, avec Nicolas Mas et Thomas Domingo, magistraux, William Servat qui concrétise, malgré les problèmes en touche, Papé et Nallet, complémentaires et actifs jusqu'au bout, Ouedraogo, Harinordoquy et Dusautoir, plaqueurs invétérés, dynamiseurs. Oui, ce sont eux qui, en partie, ont permis à la charnière de ce soir, Morgan Parra/François Trinh-Duc, de s'exprimer avec brio, avec toute l'audace dont on sait qu'elle est capable. Parra maître de son pack et de son pied, Trinh-Duc fougueux et tranchant, peut-être trop parfois : les garçons doivent s'installer. Les arrières n'ont qu'à terminer le travail : la tâche était plus qu'ardue, face à des D'Arcy ou O'Driscoll, mais chacun a relevé le défi, a travaillé et le réalisme a finalement payé. Malgré des lacunes en touche ou au pied, Lièvremont, N'Tamack et Retière peuvent être fiers de leurs joueurs . Nous, nous le sommes en tout cas. Nos petits ne se sont pas noyés dans un champ de trèfles. Oui, pour un soir, ces Bleus-là sont les rois du tournoi.
Marine Gallego |
Pays de Galles - Ecosse
Les opportunistes
"Il y en a qui contestent, qui revendiquent et qui protestent. Moi je ne fais qu'un seul geste"... avec sang-froid, maîtrise et opportunisme, je gagne et assomme l'adversaire. Voilà ce qu'aurait pu déclarer un Gallois à l'issue du match phénoménal contre l'Écosse, aidé de la plume de Dutronc. Digne d'un scénario hollywoodien, ces 80 minutes nous ont retournés et stupéfiés, du début à la fin. |
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La victoire écossaise semblait acquise, alors que Parks, demi d'ouverture du XV du chardon était désigné homme du match. Mais la magie du rugby permet des retournements de situation comme nous les ont offerts les Gallois, terminant sur un final explosif. A trois minutes de la fin, les écossais menaient 24-14 au Millénium Stadium. Tout paraissait leur sourire, malgré les sorties de Patterson et surtout de Thom Evans, opéré du cou plus tard dans la soirée, après un violent choc avec le gallois Lee Byrne. Les essais de John Barclay et Max Evans n'auront finalement pas suffit à éteindre l'incendie des dragons Gallois déclenché dans les dernières minutes. Lawson et Godman se faisant sortir, les écossais se retrouvent à 13. L'adversaire applique donc la méthode du « Gagner un match dans les dernières minutes, pour les Nuls » (bientôt en vente!). Leigh Halfpenny aplatit le ballon dans l'embut des visiteurs, puis pénalité de Stephen Jones et enfin, nouveau coup de massue avec l'essai de l'incroyable Shane Williams. Victoire donc, 31 à 24 pour les locaux. Justice est faite?
Marine GALLEGO.
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Italie - Angleterre
Week-end à Rom
La virée romaine des anglais ne fut en rien romantique pour ce 14 février .
Car face à une Italie obstinée qui pouvait y croire jusqu'au bout, les hommes de Martin Johnson ont été à la peine, sur tout le match. Le stade Flaminio a su pousser ses joueurs aux bons moments mais la malédiction continue pour les Italiens dans ce tournoi des Six Nations. |
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Pourtant, ils auraient pu (plus) profiter d'un Jonny Wilkinson quelque peu décevant au pied, sur la majeure partie du match et d'un Mirco Bergamasco qui a soutenu la comparaison avec honneur. Aussi pâle que leur maillot, le jeu des anglais sombrait dans une relative passivité, quelques minutes après le coup d'envoi, malgré le coup de génie du trio Monye, Armitage, Tait, concrétisé par un essai.
Mais rien n'y fait, rien n'est plié. Le carton de Castrogiovanni aurait du les aider à se mettre à l'abri, mais leur indiscipline permet à Bergamasco et l'Italie de revenir à trois points. Les méditerranéens gèrent le jeu à 14 avec force. La botte meurtrière du numéro 10 anglais conclu ra le match par un drop...qu'il serait facile de transformer en flop. Car l'Angleterre est toujours en course pour le Grand Chelem, sans convaincre toutefois, ramenant un maigre 17-12 . E t les Italiens, quoique inspirés et toujours en progression, n'ont pu venir à bout d'un bien terne XV de la rose.
Marine GALLEGO

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Le 03/02/2010
6 Nations - 1ère journée
Angleterre - Pays de Galles
15 - 1
C'est l'histoire de deux peuples outre-manche... Le premier s'appuie sur un ange blond, revenu des bas-fond, tout de blanc vêtu et transcendant dès que son pied touche un ballon : Wilkinson, of course, pour l'Angleterre.
Le second flamboie en rouge mais, damné par le démon, ne peut brider sa tendance au péché, comme tout diable qui se respecte, à l'image d' Alun Wyn Jones, pour le Pays de Galles, parti se “rafraîchir” les idées dès la 34e minute après un croche-pied. Geste qualifié de “stupide” par ses entraîneurs. Geste qui fait surtout basculer le match, à l'avantage du XV de la rose. |
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Tout n'est qu'une question de chiffres. Jouer 10 minutes à 14 + offrir 17 points à l'adversaire (pris gracieusement par Haskell et Care) = défaite à l'horizon.
Les gallois souhaitent néanmoins faire mentir les statistiques et inscrivent deux essais (Jones, Hook) pour ne revenir qu'à trois points des anglais. Mais ces derniers se découvrent enfin et nous prouvent que cette année aussi, ils souhaiteraient faire un grand chelem : essai d'Haskell (75e) et pénalité pour Wilko (79e).
Total final : 30-17. En voilà certains pour qui le centenaire de Twickenham aura été jour de fête.
Irlande - Italie Un géant verdâtre
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Le jeu de mot est facile, tout autant que le constat : où est passé le jeu? (et non Mirza!). J'entends encore sonner l'excuse du “c'est seulement notre premier match” des deux côtés. L'Irlande fait le nécessaire en première mi-temps pour “ clore ” la partie et se mettre à l'abri, profitant des fautes et du manque d'organisation des Italiens. Mais coup d'éclat en contre pour les Azzurri qui marquent un essai d'honneur avant la mi-temps. Les quarante dernières minutes seront passablement pénibles avec seulement six points inscrits par les grands O'Gara et Wallace. 29-11. |
Mais on y pense : l'Irlande aurait-elle fait exprès de cacher son jeu pour brouiller les pistes avant son match contre la France? Une stratégie qu'écarte volontiers le staff irlandais, conscient d'une performance moyenne et de la nécessité de bien préparer son prochain combat.
Côté méditerranéen, il n'est pas facile d'être supporter italien dans cette compétition et l'on ne demande qu'à voir la Squadra ramener autre chose qu'une cuillère en bois.
Une rencontre sans éclat qui amène tout supporter à crier : j e vous en prie! Cessez de vous contente r du minimum syndical et donnez tout, à chaque rencontre les garçons! N'attendez pas les grandes occasions pour parader sur un terrain!
Ecosse - France
| Couronne d'épines à Murrayfield
Sur une copie d'écolier, la maîtresse aurait écrit : "Insuffisant mais poursuivez les efforts." Lièvremont semble être d'accord sur ce dernier point puisque l'effectif victorieux face à l'Écosse est reconduit contre l'Irlande la semaine prochaine. Les "petits" ont certes gagné 18 à 9 mais l'on reste sur notre faim après toutes les belles promesses du sélectionneur avant ce début de tournoi.
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Nous arrivions avec toute la bonne volonté du monde. Le collectif se voulait ambitieux, peut-être trop, à l'image du Clermontois Aurélien Rougerie, se prenant deux tampons successifs durant les cinq premières minutes. Sorti illico presto, tout penaud et quelque peu sonné, il aura eu le mérite, en ce début de partie, de bien faire rire les Écossais (dans le pub où je me trouvais en tout cas!). La suite fut laborieuse malgré un essai d'avance pour les français durant la majeure partie du match.
Ne me dites pas que l'air des Highlands nous a refroidit. Ne me dites pas que cette impatience, palpable tout au long de la semaine est retombée comme un soufflé ce dimanche 16h. Ne me dites pas que c'est parce que l'on entame à peine le tournoi que l'on a le droit d'être si engourdis. Des excuses, il y en aura toujours. Des promesses aussi. Face à une Écosse moyenne mais cependant joueuse, les tricolores n'auraient pas du ramer de la sorte et se faire quelques petites frayeurs : l'exemple en est de Max Evans, diable récupérateur d'une passe de Jauzion à Trinh-Duc. L'envie y est, mais le jeu ne s‘est jamais vraiment installé. On s'impose, opportunistes, grâce à la puissance de Bastareaud, à une mêlée dévastatrice et la botte du jeune Parra. La marge de progression est donc (encore!) grande chez ces Bleus, comme nous le prouve cette seconde mi-temps, porteuse d'espoir, où nos “gamins”, archi-dominateurs, se buttent sur la défense des joueurs au chardon, restent dix minutes chez l'adversaire et ne récoltent de cette mission que trois maigres points. La faute à quelques imprécisions, venant alourdir le jeu. La faute aussi à cette magie, ce flair, qui nous manque parfois. Pourtant, l'Ecosse, royaume de légendes, nous promettait tant malgré ses épines en travers du chemin.
Les grosses satisfactions se trouvent encore et toujours du côté des avants, dominateurs, destructeurs qui font plier la mêlée écossaise sur chaque prestation. Ensuite viennent les coups de génie individuels, Bastareaud en tête ; la rencontre lui aura permis de réintégrer symboliquement le collectif France, lui, le repenti aux deux tonitruants essais (15 et 35 e min). Harinordoquy le biarrot, comme à son habitude, élu homme du match, fut présent sur nombre de ballons. Morgan Parra, quasi parfait au pied et dynamique à la mêlée remplit son contrat. Clerc et Poitrenaud complètent ce cercle fermé : le premier, excellent dans son rôle d'ailier (malgré un essai refusé grâce au sauvetage de Thom Evans), le second fin récupérateur.
Les déceptions? La non-concrétisation des actions menées par nos joueurs mais surtout le jeune Benjamin Fall, dépassé par son équivalent écossais, Rory Lamont (et 19 sélections en plus), sur à peu près tous les duels. Sous pression le bayonnais? Cela reste à voir.
“L'important c'est la victoire" répètent-ils tous. Oui, et le reste alors? Ce ne sont pas de simples victoires qui nous sacreront champions d'Europe cette année. Les « petits » ont intérêt à le comprendre et à se montrer plus coriaces dès le corps à corps annoncé face aux Irlandais samedi. Quoiqu'il en soit, cueillir des trèfles au pays des lutins ne semble pas être la solution la plus judicieuse pour gagner la semaine prochaine.
Marine Gallego
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Le 03/02/2010
Pernicieux chardon, ou l'art de désherber à la française
Le XV de France devra faire plus qu'écraser du chardon, en évitant les épines, pour entamer ce tournoi des Six Nations 2010. Arracher, faucher, pulvériser, recouvrir de gros sel? Marc Lièvremont, Emile N'Tamack et Didier Retière auront perfectionné leurs recettes de "grands-mères" avant un dimanche annoncé frais et pluvieux à Édimbourg . |
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La composition française révèle peu de surprises mais quelques retours, attendus toutefois. L'objectif ne change pas pour Lièvremont : "'installer du jeu” tout en récompensant les bonnes performances de chaque joueur. L e bon exemple en est la titularisation de Benjamin Fall et Mathieu Bastareaud, que les sélectionneurs ont décidément hâte de revoir en action. Ils relèguent sur le banc David Marty et Vincent Clerc, des choix de luxe expérimentés. Au rang des arrières, Clément Poitrenaud et Aurélien Rougerie retrouvent leur place à bord du bateau "Bleu". On vous avait prévenu s : le staff mise aussi sur l'expérience et la complémentarité.
La charnière ne nous déçoit pas et continue à faire des siennes : Morgan Parra est logiquement installé en demi de mêlé e -buteur, provisoirement associé à François Trinh-Duc, dont la douleur à l'épaule pourrait permettre au berjallien Benjamin Boyet de réintégrer le XV de départ. Jean-Baptiste Elis s alde assurera les arrières au poste de 9 et 10.
A l'avant, la seule surprise vient du castrais Luc Ducalcon, remplaçant , et poussant Marconnet au statut de 23ème homme.
Les laissés-pour-compte que sont Louis Picamoles, Yoann Maestri, Julien Malzieu, Stéphane Estebanez, Alexis P alisson et peut-être Benjamin Boyet, n'auront pas le plaisir de jardiner dans les Highlands écossais mais les sélectionneurs gardent un oeil sur eux pour la suite.
Face aux “pragmatiques” celtes, les coqs arrivent, ballons en main, pour se tailler la part du lion! Un conseil : évitez à tout prix une rapide indigestion au haggis, la panse de brebis farcie typiquement écossaise! On a dit Grand Chelem cette année les garçons ...
LE XV COMPLET :
Titulaires : 15.Clément Poitrenaud - 14.Aurélien Rougerie - 13.Mathieu Bastareaud - 12.Yannick Jauzion - 11.Benjamin Fall - 10.François Trinh-Duc - 9.Morgan Parra - 8.Imanol Harinordoquy - 7.Fulgence Ouedraogo - 6.Thierry Dusautoir (cap) - 5.Lionel Nallet - 4.Pascal Papé - 3.Nicolas Mas - 2.William Servat - 1.Thomas Domingo
Remplaçants : Szarzewski, Ducalcon, Pierre, Bonnaire, Elissalde, Marty, Clerc, Marconnet (23 e h.) |
Le 22/01/2010
LIÈVREMONT A TIRÉ SES ROIS!
Mais sera-t-il pour autant couronné le 20 mars, à l'issue du Tournoi des Six Nations 2010? Entre demi surprises et retours mérités, notamment du côté des clermontois, la dynamique prometteuse générée par les clubs français en H-Cup nous a plu, tout comme aux sélectionneurs, qui attendent à présent que cet entrain rejaillisse durant le tournoi.
Marine Gallego |
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Il y a quelques heures, les entraîneurs du XV de France se sont réunis à Marcoussis, non pas pour découper des galettes, mais bien pour attribuer un précieux sésame aux plus preux chevaliers de France et de Navarre, tous évoluant en Top 14.
Lièvremont et ses compères se sont, semble-t-il, abstenus de rester sous une table, comme le veut “la tradition”, pour attribuer leur part du gâteau à chacun des trente joueurs, afin de prévenir un quelconque coup du sort ou toute mauvaise surprise, à un an et demi du Mondial 2011. Le sélectionneur des bleus le répète depuis plusieurs semaines : depuis sa prise de fonction, il a “avancé dans la construction de l'équipe, après avoir testé beaucoup de joueurs”, mais le groupe n'est pas encore parfait.
Pourtant, les surprises sont toujours d'actualité, précipitées par l'épidémie de blessures en Top 14 : les biarrots Barcella, Yachvili et Traille ainsi que le Perpignanais Mermoz ne dévoreront pas le début du tournoi à pleines dents. Quand à Dupuy, inutile de s'étendre sur le fait qu'il est au régime forcé pour quelques mois encore.
A l'avant, on prend les mêmes et on recommence. Classiques mais inusables, les piliers habituels, Marconnet , Mas et Domingo forment une robuste première ligne, associés aux talonneurs Servat et Szarzewski . Après un premier appel avorté, le castrais Luc Dulcalcon intègre enfin le clan du devant. En second ligne restent les hommes de la situation devant l'éternel, Nallet , Chabal , Millo-Chluski et Papé . En troisième ligne, les sélectionneurs conservent leurs problèmes de "riche", quand Bonnaire , Dusautoir, Picamoles , Ouedraogo , Lapandry et Harinordoquy se battent pour une place. Convaincants à chacune de leurs sorties, les colosses ont tout intérêt à ne pas se découvrir des pieds d'argile quand on sait qu'à l'arrière, le groupe est toujours hésitant.
Depuis quelques mois déjà, l'ossature d'ensemble de l'équipe se dégage et gagne en régularité. Mais à la charnière, on commence à s'y faire, le ballet continue. Certes, François Trinh-Duc revient à l'ouverture : il est une pièce maîtresse dans la tactique des Bleus, un visage à présent familier au sein de la génération Lièvremont. Certes Morgan Parra retrouve son statut de demi de mêlée numéro un, après une fin d'année 2009 et un début d'année 2010 solides, qui ont aidé l'ASM à se jucher sur la plus haute marche du podium de Top 14. Certes, ces deux là conservent leur place, mais deux retours sont à constater, qui n'en sont pas moins démérités. Après plus d'un an de mise à l'écart, Jean-Baptiste Ellissalde profite des forfaits de numéros 9 plus jeunes que lui pour revenir en beauté. Buteur quand il le faut, il arrange les comptes de Toulouse et fait les affaires de Marc Lièvremont. Côté ouverture, le berjallien Benjamin Boyet est rappelé pour suppléer Trinh-Duc. Déjà connaisseur du maillot bleu, sa complémentarité avec l'ancien du CSBJ Morgan Parra et son courage en club ont attisé la curiosité des sélectionneurs qui souhaitent le revoir.
Mais c'est chez les trois-quarts que tous n'ont pas réussi à obtenir une fève dans leur part. Certains joueurs ayant participé à la tournée d'automne 2009 n'ont pas réussi à regagner la confiance des sélectionneurs depuis, comme Maxime Médard, Cédric Heymans et Yann David. D'autres sont blessés, comme Damien Traille et Maxime Mermoz. Les sélectionneurs sont donc allés chercher d'anciens bleus, étonnamment en forme, dont le retour en équipe de France semble aujourd'hui naturel. Les Clermontois Julien Malzieu et Aurélien Rougerie en sont un bon exemple. Patiemment, ils ont attendu le clairon des Bleus, tout en se démenant en club. Tout près de là, deux brivistes ont reçu les faveurs des entraîneurs : le jeune Alexis Palisson retrouve Marcoussis tandis que Fabrice Estabanez va découvrir. Lièvremont n'a pas caché que sa polyvalence à l'arrière est un indéniable atout mais que toutefois, il ne lui couperait pas ses ailes en l'installant à l'ouverture, bien qu'en club, il double Goode et Orquera avec brio. Enfin, les Toulousains ne sont cependant pas complètement oubliés puisque le duo Vincent Clerc – Clément Poitrenaud va à nouveau pouvoir briller en bleu, accompagné de leur compère Yannick Jauzion. Seuls rescapés de leurs clubs, David Marty et Benjamin Fall sont reconduits, l'un dans un souci de continuité, l'autre dans une visée formative. La non-suprise reste évidemment le rappel de Mathieu Bastareaud . Toujours combattant en club, sa présence dans la liste des trente risque de provoquer des remous chez certains supporters , malgré le “pardon” de Lièvremont.
A présent qu'une ossature d'ensemble s'est dessinée, le nombre de parts attribuées se verra réduit la semaine prochaine, en vue du match contre le XV du Chardon à Edimbourg le 7 février. Dans ce laps de temps imparti, les chevaliers auront le plaisir d'exprimer tout leur talent pour conquérir le coeur de la belle demoiselle – pardon! – de Marc Lièvremont, qui non sans peine, annulera le court adoubement de sept des siens, eux même retournant sans détour possible dans leur club de Top 14.
Peu, alors, sera pardonné au groupe retenu qui, espérons le, trouvera l'inspiration nécessaire pour combattre ses adversaires : entre autres, des Gallois revanchards et des Irlandais désireux de confirmer leur statut de numéro un européen.
Il est temps que le XV du Coq atteigne cet idéal tant rêvé, cette régularité tant souhaitée pour qu'enfin se concrétisent de grandes ambitions et que les claques des années passées ne se répètent plus. Il serait dangereux de s' aplatir comme des crêpes, devant les grandes nations du tournoi, quand la chandeleur approche à grands pas.
Le groupe complet :
– Avants: Thomas Domingo (Clermont), Luc Ducalcon (Castres), Sylvain Marconnet (Stade Français), Nicolas Mas (Perpignan), William Servat (Toulouse), Dimitri Szarzewski (Stade Français), Sébastien Chabal (Racing-Metro), Romain Millo-Chlusky (Toulouse), Lionel Nallet (Racing-Metro), Pascal Papé (Stade Français), Julien Bonnaire (Clermont), Thierry Dusautoir (cap./Toulouse), Imanol Harinordoquy (Biarritz), Alexandre Lapandry (Clermont), Fulgence Ouedraogo (Montpellier), Louis Picamoles (Toulouse).
– Arrières: Jean-Baptiste Ellisalde (Toulouse), Morgan Parra (Clermont), François Trinh-Duc (Montpellier), Benjamin Boyet (Bourgoin), Mathieu Bastareaud (Stade Français), Fabrice Estebanez (Brive), Yannick Jauzion (Toulouse), David Marty (Perpignan), Vincent Clerc (Toulouse), Benjamin Fall (Bayonne), Julien Malzieu (Clermont), Aurélien Rougerie (Clermont), Alexis Palisson (Brive), Clément Poitrenaud (Toulouse)
Marine Gallego
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Le 31/12/2009
LE MANOIR RESTE BIEN GARDÉ
Sur le champ de bataille montpelliérain s'affrontaient hier la ciste et le lys. L'effectif héraultais, poussé par la marée de drapeaux bleus offerts aux supporters, aura eu raison des parisiens, trop attentistes en seconde mi-temps.
Pour différentes raisons, ce match était bien particulier. Le club montpelliérain rendait hommage à l'un de ses jeunes joueurs, décédé il y a quelques jours : Maxime Michel. 200 enfants de l'école de rugby se sont rassemblés cinq minutes avant le coup d'envoi pour former le prénom de l‘adolescent. Les joueurs, quant à eux, arboraient fièrement le nom du jeune disparu sur leur maillot. A l'image de Julien Tomas, en début et fin de match, ils ont rappelé au public que ce nom sur leur maillot n'était pas anodin…
…tout comme la rencontre à venir! Paris devait retrouver confiance en championnat après la suspension provisoire de leur demi de mêlée Julien Dupuy comme le MHR s'interdisait une défaite sous peine de dégringolade dans les bas-fonds du classement.
Les montpelliérains ont confirmé que leur bastion languedocien est plus que coriace à prendre, même si l'adversaire est un gros du TOP 14. Après l'USAP, l'ASM et Biarritz, voici venue l'heure pour le Stade Français de passer à la casserole.
Alors, s'incliner à Yves du Manoir : est-ce une fatalité pour les anciens champions de France? Ou bien, de peur de froisser les auteurs de Ovalie News, magazine du MHR, les lys parisiens ont-ils fait preuve d'un excès de politesse en ne contredisant pas la formule « Impossible n'est pas montpelliérain », employée dans l'édition de ce mois-ci?
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Le rideau bleu s'est levé sur les sudistes vêtus de blancs. De valse en valse, les premières lignes parisiennes ont bien prouvé que le rugby est un jeu de mains, mais aussi un jeu de vilains. Des mimines qui enverront 10 minutes sur le banc Pascal Papé pour les bleus et Mamuka Gorgodze pour les blancs. Passées les fastes embrassades, la trêve met fin à l'efficacité parisienne qui sans être incisive, suffit pour dominer l'effectif montpelliérain. Le score est alors de 6-6 grâce aux bottes de Lionel Beauxis et Federico Todeschini, le berger ayant à chaque fois froidement répondu à la bergère.
Le second acte débute sur les chapeaux de roues en moins d'un quart d'heure. L'effet vestiaire? Le spectacle semble bien terminé pour les héraultais poignardés par Geoffroy Messina, dévorant la ligne d'essai deux fois en moins de 10 minutes. 9-23.
Mais à un quart d'heure de la fin, poussés par un public de Yves du Manoir exceptionnel qui n'a en aucun cas perdu l'espoir d'un exploit pour cette dernière journée de TOP 14 de la décennie, les montpelliérains se montrent opportunistes et joueurs, profitent d'un dégagement raté de l'arrière parisien Hugo Southwell pour se révolter, grâce à l'essai du talonneur Joan Caudullo. 19-23.
Une fureur enthousiaste emporte joueurs et supporteurs languedociens. Les blancs se croient capables d'accrocher plus qu'un bonus défensif face aux « lys » parisiens. Todeschini entérinera les efforts montpelliérains quand Paris fera preuve d'une indiscipline-cadeau, qui relancera les sudistes. 25-23.
Finalement, les franciliens sont privés des honneurs royaux que leur impose leur lys, la couronne revenant justement au ciste montpelliérain. L'envie a primé. Encore faudra-t-il la conserver face à Biarritz dimanche.
Paris se contente du bonus défensif quand Montpellier remonte à une 10ème place partagée avec les brivistes. Les parisiens peuvent être amers après avoir dominé durant une heure. Mais les éclairs de leurs maillots n'ont vraisemblablement pas brillé en ce 30 décembre et devront impérativement retrouver des couleurs pour électriser les montalbanais.
Il faudra plutôt passer par Lourdes que par Narbonne (cf. l'endroit où l'effectif parisien passera son réveillon) pour trouver la réussite, confiait Jacques Delmas aux équipes de Canal Plus après le match. Voyons, trop fataliste Jacques?
MARINE GALLEGO |
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